Mo­du­lars­quare, la pas­sion des syn­thés mo­du­laires

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Mo­du­lars­quare ( est le spé­cia­liste des syn­thé­ti­seurs mo­du­laires en France. Ils or­ga­nisent une fois par mois une ren­contre gra­tuite et ou­verte à tous, au­tour de cet uni­vers. Pour connaître les pro­chaines dates, consul­tez leur agen­da sur leur blog, ou re­trou­vez‐les sur YouTube, Fa­ce­book, Twit­ter. Nous avons ren­con­tré Cy­ril Co­lom de Mo­du­lars­quare, ré­fé­rence en la ma­tière sur notre ter­ri­toire, lors de cette grande messe, bien évi­dem­ment sur le stand Sch­nei­dersBue­ro, leur équi­valent al­le­mand. Pe­tit point sur cet en­goue­ment…

KR:Com­bien de marques sont au­jourd’hui pré­sentes sur le sec­teur du mo­du­laire ? Cy­ril Co­lom : Il est de plus en plus dif­fi­cile de les comp­ter, au­jourd'hui on a dé­pas­sé les 150 construc­teurs ! Et ça conti­nue de grim­per. Tout le monde veut s'y mettre, et le fait qu'une so­cié­té comme Ro­land y re­vienne prouve que le sec­teur est très dy­na­mique. Nous sommes en train de vivre l'âge d'or de la deuxième vie des syn­thé­ti­seurs mo­du­laires, mais at­ten­tion, le danger que cette bulle éclate n'est ja­mais très loin. Com­ment s’or­ga­nisent‐elles entre elles ?

Sur ces 150 construc­teurs, seule­ment une di­zaine tirent vé­ri­ta­ble­ment leur épingle du jeu. Les autres tentent tant bien que mal de sur­vivre, cer­tains n'y ar­ri­ve­ront pas. Il y a beau­coup trop de choix et beau­coup trop de dou­blons, je ne pense pas que le marché puisse as­si­mi­ler vingt sortes dif­fé­rentes d'en­ve­loppes par exemple. Faire son choix dans cet im­mense ca­ta­logue est par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile, c'est aus­si pour ce­la qu'on existe, notre rôle est d'opé­rer un pre­mier tri pour ai­der les uti­li­sa­teurs à for­ma­li­ser le sys­tème qui leur convient le mieux. Il ne faut pas non plus perdre de vue que ce sec­teur est ma­jo­ri­tai­re­ment ar­ti­sa­nal et pro­duit lo­ca­le­ment, dans 90 % des cas il n'y a qu'une per­sonne der­rière une marque, les équipes dé­passent ra­re­ment les vingt per­sonnes. À qui s’adresse ce genre d’ins­tru­ments ?

À tous ceux qui ont une re­la­tion spé­ciale avec les sons. Ça en­globe les mu­si­ciens mais pas seule­ment ! À mon sens c'est ce qui fait la vé­ri­table spé­ci­fi­ci­té des syn­thé­ti­seurs mo­du­laires. De par leur ar­chi­tec­ture ou­verte, ils n'im­posent au­cune di­rec­tion, c'est à l'uti­li­sa­teur de faire ses propres choix. Un syn­thé­ti­seur mo­du­laire peut être un syn­thé­ti­seur, une boîte à rythmes, une pé­dale d'ef­fet, une table de mixage com­plexe, un gé­né­ra­teur de drone… ou tout à la fois. C'est comme jouer aux Le­go, tout se com­bine, et plus vous avez de briques, plus vous pou­vez faire de choses. Vous pou­vez dé­ci­der de faire un mor­ceau avec une struc­ture clas­sique, ou bien sim­ple­ment de la sculp­ture so­nore. Sculp­ter des sons n'est pas une ac­ti­vi­té ré­ser­vée à une élite, on peut l'abor­der de ma­nière em­pi­rique sans connais­sance préa­lable, con­trai­re­ment aux ins­tru­ments clas­siques qui né­ces­sitent des connais­sances théo­riques et tech­niques pour com­men­cer à en faire quelque chose. Avec les syn­thé­ti­seurs mo­du­laires, à par­tir du mo­ment où vous ai­mez ma­ni­pu­ler des sons, cet ins­tru­ment est fait pour vous. Quelles sont les spé­ci­fi­ci­tés d’un tel en­goue­ment ?

De­puis plu­sieurs an­nées on as­siste à un re­jet pro­gres­sif de l'or­di­na­teur pour dif­fé­rentes rai­sons : la pre­mière c'est que si la com­bi­nai­son sou­ris/cla­vier est par­faite pour écrire une par­ti­tion, elle n'est pas du tout adap­tée pour l'im­pro­vi­sa­tion, l'in­ter­pré­ta­tion, et le jeu sur scène. Énor­mé­ment de mu­si­ciens veulent re­nouer le contact avec un ins­tru­ment phy­sique et créer un lien af­fec­tif, sans avoir à bran­cher et pa­ra­mé­trer des contrô­leurs MI­DI gé­né­riques et ob­so­lètes au bout d'un an. Les or­di­na­teurs sont des ou­tils fan­tas­tiques, mais ce ne sont pas des ins­tru­ments, il faut at­tendre qu'ils s'al­lument, il faut vé­ri­fier que l'in­ter­face au­dio soit bien confi­gu­rée, que les in­for­ma­tions MI­DI soient conve­na­ble­ment dis­tri­buées… beau­coup de mi­cro-taches qui re­tardent le mo­ment où l'on se fo­ca­lise réel­le­ment sur la mu­sique. Avec un mo­du­laire il suf­fit de mettre des câbles au­tour de son cou, d'al­lu­mer le boî­tier et de se lan­cer, on se re­trouve dans la même tem­po­ra­li­té qu'un gui­ta­riste qui va prendre sa gui­tare pour grat­touiller 5 à 10 minutes uni­que­ment pour le plai­sir. On al­lume ra­re­ment un or­di­na­teur pour 5 ou 10 minutes…

L'autre rai­son prin­ci­pale, c'est le son. Je ne compte plus le nombre d'ar­tistes qui sont pas­sés nous voir, per­sua­dés que la dif­fé­rence entre un plug-in et un ins­tru­ment ana­lo­gique n'était pas im­por­tante. Mais il suf­fit que je branche la sor­tie d'un simple os­cil­la­teur Doep­fer di­rec­te­ment sur les en­ceintes pour voir les vi­sages s'illu­mi­ner, c'est vrai­ment un autre monde. Quand ces ar­tistes se rendent compte qu'ils passent 20 minutes pour ob­te­nir un son de basse po­table avec un plug-in, alors qu'il suf­fit d'uti­li­ser le moindre os­cil­la­teur ana­lo­gique pour abou­tir au même ré­sul­tat en 3 se­condes, à quoi bon perdre du temps ? Mais sur­tout, ce qui rend tout le monde ac­cro, nous com­pris, c'est d'être constam­ment sur­pris par ces sys­tèmes qui nous poussent à ex­pé­ri­men­ter, ça de­vient une vé­ri­table drogue. Thier­ry De­mou­gin

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