C

KR Home-Studio - - TENDANCE -

omme nous l’avons vu pré­cé­dem­ment, les cap­teurs consti­tuent le pre­mier maillon de la chaîne tech­no­lo­gique qui nous per­met­tra de réa­li­ser une ins­tal­la­tion ar­tis­tique in­ter­ac­tive, un ins­tru­ment de mu­sique aug­men­té, une sur­face de contrôle MI­DI ou OSC, ou tout sim­ple­ment une ins­tal­la­tion do­mo­tique ou un sys­tème de sur­veillance. C’est aus­si une étape cru­ciale. Il faut en ef­fet être cer­tain que les don­nées à cap­ter le se­ront dans une zone où elles su­bi­ront le moins de pa­ra­si­tages (on cap­te­ra plus ef­fi­ca­ce­ment le mou­ve­ment d’une per­sonne dans une pièce vide que dans le mé­tro bon­dé aux heures de pointe) et que l’échelle des valeurs à ré­cu­pé­rer cor­res­pon­dra aux ca­rac­té­ris­tiques tech­niques du cap­teur uti­li­sé (ne pas es­pé­rer pe­ser avec pré­ci­sion une fleur sur un pèse-per­sonne). Mais ce n’est pas tout. Les don­nées brutes né­ces­sitent sou­vent une mise en forme, un lis­sage pour évi­ter les valeurs aber­rantes, une mise à l’échelle avant de pou­voir être ex­ploi­tables par un Ar­dui­no, Max/MSP ou Pure Da­ta. L’ana­lo­gie avec une bonne prise de son s’im­pose, le mi­cro étant lui-même un cap­teur : les condi­tions d’en­re­gis­tre­ment, le bruit am­biant, l’acous­tique du lieu, la nature des sources (leurs puis­sance, dy­na­mique, plage de fré­quences), leur dis­tance par rap­port au mi­cro, le type de mi­cro, les élé­ments après le mi­cro (pré­am­plis, com­pres­seurs, li­mi­teurs)… tout concourt à réa­li­ser un bon en­re­gis­tre­ment. Donc, quel que soit le cap­teur, ces pre­mières étapes doivent être par­ti­cu­liè­re­ment soi­gnées car elles condi­tionnent for­te­ment la réus­site de notre projet.

Dé­fi­nir son projet

Avoir une vi­sion claire du projet dans sa glo­ba­li­té est in­dis­pen­sable. Ne pas hé­si­ter à faire des sché­mas de prin­cipe, ou même un sto­ry-board en cas de scé­na­rios d’in­ter­ac­tions com­plexes. Si­mu­ler les gestes de l’uti­li­sa­teur en re­gard des ré­sul­tats es­comp­tés pro­duits par les ac­tion­neurs (son, mu­sique, lu­mière, mo­teurs, vi­déo, 3D…). An­ti­ci­per les forces en pré­sence, les di­men­sions des ob­jets, l’am­pli­tude des mou­ve­ments, le nombre simultané d’in­ter-ac­teurs. Car c’est gé­né­ra­le­ment en fonc­tion d’un ob­jec­tif fi­nal que l’on choi­si­ra tel ou tel cap­teur, et ra­re­ment le contraire. Évi­ter les termes trop flous. Par exemple « cap­teur de mou­ve­ment » ne veut pas dire grand-chose. Veut-on dé­tec­ter le mou­ve­ment d’une per­sonne ou d’un ani­mal dans une pièce ? Un cap­teur à in­fra­rouge ou PIR (pour Pas­sive In­fra­Red sen­sor) aus­si nom­mé « py­ro­élec­trique » ou « IR mo­tion sen­sor » convien­dra peut-être si l’on sou­haite sa­voir si une per­sonne est en­trée ou sor­tie de la zone de cap­ta­tion, ca­rac­té­ri­sée par un angle (par exemple 110° x 70°) et une dis­tance maxi­male (par exemple 6 m) (fi­gure 1). Par contre, le PIR ne nous di­ra rien sur le nombre de per­sonnes dans la zone. On pour­rait aus­si uti­li­ser un cap­teur à ul­tra­sons (fi­gure 2) qui don­ne­ra la dis­tance, sou­vent mo­deste, avec une as­sez bonne pré­ci­sion de 5 cm à 1 m. Dans cette fa­mille des té­lé­mètres (les cap­teurs de dis­tance), il y a aus­si les la­sers, plus chers. Mais peut-être que « cap­teur de mou­ve­ment » vou­lait de­si­gner un cap­teur fixé sur un ob­jet ou une per­sonne pour cap­ter ses mou­ve­ments. Veut-on re­pé­rer sa po­si­tion dans l’es­pace (co­or­don­nées x, y et z) ? Son ac­cé­lé­ra­tion dans l’es­pace (ac­cé­lé­ra­tions en x, y et z) ? Un ac­cé­lé­ro­mètre qui capte au moins ces six valeurs (fi­gure 3) se­ra idéal. À condi­tion de connaître la plage d’ac­cé­lé­ra­tion à me­su­rer. Car on trouve fa­ci­le­ment des ac­cé­lé­ro­mètres qui vont de 1,5 G à 200 G. À moins qu’on ne veuille un ma­gné­to­mètre qui me­sure le champ ma­gné­tique ou un gy­ro­scope qui nous ren­sei­gne­ra sur les chan­ge­ments de tan­gage, de cap et de rou­lis. Si la pré­ci­sion n’est pas un cri­tère ma­jeur, et que l’on veut juste dé­tec­ter un chan­ge­ment (comme un switch), on peut uti­li­ser les « ac­cé­lé­ro­mètres du pauvre » que sont les cap­teurs Tilt ou à res­sort (fi­gure 4).

Ki­nect, Wii et autres Leap Mo­tion

Il existe bien d’autres mé­thodes pour dé­tec­ter des mou­ve­ments. Les ar­tistes ama­teurs de ha­cking ont ain­si dé­tour­né très ef­fi­ca­ce­ment di­verses ma­nettes de consoles de jeux vi­déo comme celle de la Wii, la fa­meuse Wiimote et son Nun­chuck, dans leurs ins­tal­la­tions (fi­gure 5). Ça tom­bait bien, car elle em­barque entre autres des ac­cé­lé­ro­mètres (ADXL330 de Ana­log De­vices) et

PIR : la sur­veillance au ser­vice de l’Art.

Cap­ta­tion ul­tra­so­nique. L’ac­cé­lé­ro­mètre nous ren­seigne aus­si sur sa po­si­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.