Mélanie Jack­son le bien‐être de l’ar­tiste

Mélanie Jack­son est pro­fes­seur di­plô­mé de la FEQGAE qui or­ga­nise les Jour­nées Na­tio­nales du Qi Gong en juin. Chan­teuse ly­rique, elle met son sa­voir et ses ex­pé­riences au ser­vice du bien-être des ar­tistes : une belle le­çon d’op­ti­mi­sa­tion des res­sources de

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KR:Un mot sur votre par­cours d’études et ses ap­pli­ca­tions pro­fes­sion­nelles… Mélanie Jack­son : Chan­teuse ly­rique d’ori­gine amé­ri­caine, mes prin­ci­paux pro­fes­seurs furent Oren Brown, pro­fes­seur à la Juilliard School de New York, et Richard Miller, pro­fes­seur à l’Ober­lin Col­lege of Mu­sic. Très jeune, j’ai com­pris que la pra­tique du chant concerne le corps en­tier et non seule­ment la gorge et les cordes vo­cales. J’ai fait beau­coup de re­cherches en as­so­ciant le tra­vail vo­cal au tra­vail cor­po­rel, d’abord avec la pra­tique du yo­ga, puis celle du qi gong, de­puis plus de vingt ans. Ayant eu d’ex­cel­lents ré­sul­tats dans mon propre tra­vail vo­cal, j’ai na­tu­rel­le­ment vou­lu par­ta­ger mes dé­cou­vertes avec mes élèves de chant. Quel est l’es­prit du qi gong ?

Le qi gong consi­dère l’être hu­main dans sa glo­ba­li­té, en union avec la nature et ses éner­gies puis­santes. La pra­tique du qi gong per­met d’har­mo­ni­ser le corps, le souffle et l’es­prit et d’éprou­ver leur uni­té pro­fonde afin de réa­li­ser son po­ten­tiel hu­main. Quels en sont les fon­de­ments ?

Is­su des di­vers cou­rants fon­da­teurs de la culture chi­noise tels la pen­sée taoïste, le boud­dhisme, le confu­cia­nisme et la mé­de­cine tra­di­tion­nelle chi­noise, le qi gong per­met de res­sen­tir et de tra­vailler l’éner­gie vi­tale à tra­vers des exer­cices phy­siques et res­pi­ra­toires. L’in­ten­tion joue éga­le­ment un rôle im­por­tant ; un dicton chi­nois dit : « Là où est l’es­prit, là est l’éner­gie. » Com­ment la mu­sique y a-t-elle trou­vé sa place ?

Je per­çois beau­coup de pa­ral­lèles entre le qi gong et la mu­sique. Le qi gong tra­vaille avec des mou­ve­ments as­cen­dants et des­cen­dants du yang et du yin, du ciel et de la terre ; la ma­tière so­nore mu­si­cale se construit et se nour­rit éga­le­ment des op­po­sés : ai­gus-graves, forte-pia­no, ten­sion-ré­so­lu­tion. Tous deux har­mo­nisent le haut et le bas dans un mou­ve­ment in­ces­sant qui se sert des contraires sans se po­ser, sans re­gar­der en ar­rière, tou­jours neuf à chaque ins­tant. Pour moi, les mou­ve­ments fluides du qi gong évoquent la phrase mu­si­cale et j’ai consta­té que la pra­tique peut ai­der le chan­teur à développer le le­ga­to et le sens du phra­sé. Le son et l’émis­sion vo­cale font-ils par­tie de la pra­tique du qi gong ?

Bien que cer­tains qi gong, telle la pra­tique des 6 Sons, uti­lisent des sons chi­nois, ils sont es­sen­tiel­le­ment souf­flés, voire si­len­cieux, dans la tra­di­tion chi­noise et ne concernent pas un tra­vail sur la voix pro­pre­ment dite. Je pense être l’une des pre­mières per­sonnes à avoir fait des liens entre la tech­nique du chant clas­sique et la pra­tique du qi gong. J’ai ou­vert mes pre­miers cours de « Voix et Qi Gong » à l’école pa­ri­sienne « Les Temps du Corps » en 1997. Il ne fait au­cun doute qu’ils sont liés à la maî­trise de la res­pi­ra­tion et du souffle…

Les grands pé­da­gogues de chant d’an­tan, tels Ma­nuel Gar­cia, Pau­line Viar­dot ou Lilli Leh­mann, ont tous af­fir­mé que l’art du chant re­pose es­sen­tiel­le­ment sur le tra­vail du souffle. La pra­tique ré­gu­lière du qi gong cultive la res­pi­ra­tion ; peu à peu, le souffle de­vient fin et pro­fond, lent, fluide

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