Ta­hi­ti Boy & The Palm­tree Fa­mi­ly dans le la­bo­ra­toire…

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Ren­contre avec le pro­duc­teur com­po­si­teur Da­vid Sz­tanke, le jour même de la sor­tie de son deuxième al­bum, Songs Of Ver­ti­go (2 mars).

Nous avons vi­si­té son la­bo­ra­toire au coeur de Pi­galle, re­gor­geant de cla­viers et d’ef­fets vin­tage, un mois avant la pré­sen­ta­tion de ses

nou­veaux mor­ceaux à La Boule Noire.

KR:Que re­pré­sente pour toi la sor­tie de ce disque ? Da­vid Sz­tanke : Je mets en­core pas mal de foi dans le fait de faire des al­bums. Pour moi ça reste une oeuvre et pas seule­ment une carte de vi­site ou un lais­sez-pas­ser pour al­ler faire une tour­née. C’est le point A d’un groupe et le point B, c’est de le lais­ser vivre et d’al­ler le dé­fendre en concert, sans point A on ne peut pas développer la suite. J’ima­gine que quand tu es chef de projet ou di­rec­trice du mar­ke­ting dans une grosse mai­son de disques, tu peux voir l’al­bum comme un dé­ve­lop­pe­ment po­ten­tiel vers autre chose. En tant que pia­niste, chan­teur et pro­duc­teur, un disque est avant tout une belle oeuvre d’art qu’on a en­vie de por­ter aux nues parce qu’on en est fier. Au­jourd’hui, on peut dire que cet al­bum est né comme le pre­mier sor­ti le 8 mai 2008 qui a vrai­ment aus­si été une nais­sance et m’a per­mis de faire toutes ces col­la­bo­ra­tions, d’écrire des chan­sons pour les autres, des mu­siques de film, etc. Quelle est la rai­son de ce dé­lai entre tes deux al­bums ?

Je ne pen­sais pas que ça pren­drait au­tant de temps, il y avait douze titres à com­po­ser, pro­duire, ar­ran­ger, tes­ter des sons, etc. On est al­lés au fond de leurs en­trailles pour vé­ri­fier si c’était la bonne idée. En plus au mo­ment de l’al­bum, je ne bé­né­fi­ciais pas du stu­dio qui n’est opé­ra­tion­nel que de­puis juin der­nier et j’al­lais à droite à gauche comme au stu­dio Microbe à St-Cloud. Les membres du groupe étant en tour­née avec d’autres pro­jets, à un mo­ment don­né, il a fal­lu ac­cep­ter de pas­ser du temps pour fi­na­li­ser ce lieu. Qui sont les membres de la Palm­tree Fa­mi­ly ?

À la bat­te­rie il y a Jean Thé­ve­nin, co­pro­prié­taire du stu­dio qui est bat­teur pour plein de gens, en par­ti­cu­lier Fràn­çois & The At­las Moun­tain. Antoine Hi­laire du groupe Jamaica est à la gui­tare et au chant, Di­dier Per­rin à la basse a beau­coup tour­né avec Ch­ris­tophe et Ro­ver, Vincent Mar­tial est à la flûte et aux per­cus­sions, Tho­mas Kpade au vio­lon­celle et il y a Sa­my Os­ta, un grand pro­duc­teur, qui fait aus­si de la gui­tare et des ma­chines. Com­ment fonc­tion­nez-vous ?

Je ma­quette ici en tra­vaillant le son, j’en­re­gistre les cla­viers, un peu la bat­te­rie, puis je prends des ren­dez-vous avec le reste du groupe qui ajoute des élé­ments au fur et à me­sure. Gé­né­ra­le­ment j’ap­porte les titres que les autres peuvent re­tou­cher s’ils le sentent. J’avais des idées plus pré­cises sur mon pre­mier al­bum, mais au­jourd’hui ça me mo­tive plus de ba­lan­cer quatre ac­cords et de voir ce qui se passe, en in­di­quant une di­rec­tion mais en lais­sant aux mu­si­ciens l’ini­tia­tive de leur par­tie. Tu as quel type de par­cours mu­si­cal, clas­sique, jazz, au­to­di­dacte ?

Un peu tout ça, ma mère fai­sait de la mu­sique clas­sique, on écou­tait du jazz, j’ai un peu ap­pris tout seul, après j’ai fait une école mais au saxo­phone avant de me re­mettre au pia­no… Par quoi com­mences-tu un titre ?

Gé­né­ra­le­ment par le pia­no mais, là, j’ai été en­nuyé car j’avais l’im­pres­sion de faire tou­jours la même chose. Après avoir bien tour­né en rond, j’en ai eu marre et j’ai tes­té un nou­veau pro­cess en en­re­gis­trant des choses qui n’avaient rien à voir avant de choi­sir des samples à l’in­té­rieur, de les re­jouer et de ré­en­re­gis­trer des mor­ceaux à par­tir de ces échan­tillons. La mé­lo­die et les pa­roles n’ar­rivent qu’à la fin. Gé­né­ra­le­ment, un de tes titres fait com­bien de pistes ?

Énor­mé­ment, ra­re­ment moins de quinze ou vingt, un mor­ceau comme « The Park » doit en faire une cen­taine. En plus, une grande par­tie a été di­rec­te­ment en­re­gis­trée à l’an­cienne sur bande Stu­der 24 pistes sans pos­si­bi­li­té d’édi­tion, pour gar­der la com­pres­sion na­tu­relle. Tu per­çois la dif­fé­rence ?

J’ai en­vie de dire qu’à la fois on s’en fiche un peu et à la fois ça me fait plai­sir de sa­voir que ça s’est fait comme ça ! Je vois que tu es bien en­tou­ré en an­cien ma­tos ?

Je reste très vin­tage, j’ai un peu de pro­blèmes avec le ma­tos ré­cent, bien que sur scène pour tout ce qui est ému­la­tions de pia­nos élec­triques, j’uti­lise le Korg SV-1 de­puis la tour­née avec Émi­lie Simon. J’ai éga­le­ment un vieux MS-10 et, pour les nappes, le Ro­land JX-3P que je trouve as­sez sous-es­ti­mé. Fran­çois Bou­che­ry

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