Strum GS‐2

gui­tares acous­tiques pour cla­vié­riste

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AAS fait évo­luer sa gui­tare acous­tique vir­tuelle. Ba­sé sur le prin­cipe de la mo­dé­li­sa­tion phy­sique, le pro­gramme re­voit à la fois la qua­li­té et le nombre des ins­tru­ments ému­lés, mais aus­si les tech­niques de jeu et de pro­gram­ma­tion. Ain­si, les mu­si­ciens cla­vié­ristes sau­ront le jouer en di­rect ou en ti­rer le meilleur par­ti dans leurs ar­ran­ge­ments, mais pour­ront aus­si le faire son­ner à par­tir de boucles MI­DI pré‐ins­tal­lées et pui­sées dans tous les styles de jeu usi­tés par les six‐cor­distes.

Dès lors que l’on parle d’un ins­tru­ment vir­tuel si­gné AAS, dif­fi­cile de ne pas évo­quer le mo­teur de son fonc­tion­ne­ment, avec la mo­dé­li­sa­tion phy­sique tou­jours au coeur du pro­duit. Ce qu’il faut sa­voir dans un pre­mier temps, c’est qu’au­cun sample ou table d’onde n’in­ter­vient dans le pro­ces­sus de gé­né­ra­tion du son. Dans le cas d’une gui­tare, c’est un sys­tème d’équa­tions ma­thé­ma­tiques re­pré­sen­tant/ mo­dé­li­sant le com­por­te­ment de ses dif­fé­rents élé­ments qui est ré­so­lu en temps réel, à la de­mande du mu­si­cien, lors­qu’il joue. Strum GS-2 est donc une re­pré­sen­ta­tion

ins­tan­ta­née d’un mo­dèle de gui­tare pré­cis dont on a mo­dé­li­sé la vi­bra­tion des cordes, l’uti­li­sa­tion d’un mé­dia­tor ou l’ac­tion des doigts, ain­si que le corps de la caisse. En­suite, les dé­ve­lop­peurs se sont éga­le­ment in­té­res­sés à la re­pro­duc­tion spé­ci­fique du jeu d’un gui­ta­riste à par­tir d’un cla­vier. Un mo­dule de dé­tec­tion d’ac­cord a été mis en place de ma­nière à ce que, lorsque le pia­niste joue un ac­cord ty­pique de cla­vier, Strum GS-2 le mappe, le res­ti­tue et le ren­verse à la ma­nière d’un gui­ta­riste. Plu­sieurs fa­çons de jouer sont à prendre en compte, ar­pèges, strum­mings (bat­te­ments) ou mutes, entre autres. Le cla­vier choi­si­ra/al­ter­ne­ra entre ces tech­niques en jouant une note d’une oc­tave spé­ci­fique de son cla­vier pour les dé­clen­cher. Autre pos­si­bi­li­té de sé­lec­tion, l’en­voi d’une boucle MI­DI sur une piste d’ins­tru­ment don­née d’un sé­quen­ceur. Nous y re­vien­drons.

Cô­té in­ter­face

La vo­lon­té d’AAS est d’al­ler au plus simple, tout en of­frant les contrôles né­ces­saires à l’ex­pres­sion du son fi­nal. Il convient d’abord d’in­di­quer quelle confi­gu­ra­tion au­dio et MI­DI l’on uti­lise, si l’uti­li­sa­teur dé­cide de jouer avec la ver­sion stan­da­lone. Carte son et cla­vier de com­mande doivent être ren­sei­gnés, cette étape étant in­utile si l’on ap­pelle Strum GS-2 à par­tir d’une DAW, les as­si­gna­tions étant nor­ma­le­ment en place ! L’in­ter­face

est di­vi­sée en trois vues prin­ci­pales, la pre­mière, Play, pour le jeu di­rect. On com­mence par sé­lec­tion­ner l’ins­tru­ment à jouer, à par­tir d’un na­vi­ga­teur simple, ré­par­ti en deux fa­milles, Acous­tic avec 63 pre­sets et Acous­tic Ex­pe­ri­men­tal avec 40 pre­sets. Un sé­lec­teur pro­pose dans la zone in­fé­rieure trois modes de jeu (cla­vier, gui­tare et loop), un tap tem­po, un ajus­te­ment de bat­te­ments et de ré­ac­tion de la mo­lette de mo­du­la­tion, un autre dé­dié au voi­cing, le na­vi­ga­teur de loops MI­DI, une re­pré­sen­ta­tion gra­phique du cla­vier et de l’ac­cord de gui­tare ré­sul­tant lorsque joué. La zone cen­trale est consa­crée aux ef­fets ac­ti­vables ou pas. En mode Edit, tout est per­mis ou presque ! L’idée, trans­for­mer le cla­vié­riste en lu­thier vir­tuel, afin de dé­ter­mi­ner les com­por­te­ments acous­tiques de la gui­tare qu’il a choi­sie au dé­part. En pra­tique, il est pos­sible de se consti­tuer un ins­tru­ment à la carte en choi­sis­sant com­ment sonne cha­cune des cordes, quelle taille de corps l’on sou­haite uti­li­ser, quel type de mé­dia­tor est em­ployé, etc. (fi­gure 1). L’im­pact sur le son est im­mé­diat, sur­tout lors des choix de pro­fon­deur de caisse ou de mé­thode d’at­taque des cordes par le mé­dia­tor, les doigts. Un clic sur Ef­fects ren­voie dans la sec­tion des ef­fets, donc (fi­gure 2). Une fois en­core, libre au mu­si­cien de choi­sir quel type d’ef­fet se­ra mis en oeuvre, si dé­clen­ché à par­tir de

la sec­tion Play. Ce qui est très in­té­res­sant, c’est que l’on peut, en plus des tra­di­tion­nels ré­verb/de­lay/ com­pres­seur/EQ, choi­sir deux racks ca­pables d’opé­rer une sé­lec­tion par­mi dix ef­fets dont une wah-wah, un filtre, un tré­mo­lo, etc. Le tout avec un ac­cès di­rect aux prin­ci­paux pa­ra­mètres, per­met­tant un ajus­te­ment à la vo­lée lors­qu’un bout de sé­quence tourne. Se­lon l’en­vie, il est pos­sible de trans­for­mer une belle acous­tique ar­pé­gée en une gui­tare crun­chy/wah des plus réa­listes. Même si AAS an­nonce une pro­chaine mise à jour gra­tuite de Strum GS-2 avec mo­dé­li­sa­tions élec­triques et si­mu­la­teur d’am­pli (on a hâte de voir le ré­sul­tat), on y ar­rive presque avec cette ver­sion, en jouant des pa­ra­mètres FX.

Modes de jeu

Le mode Key­board est le plus simple pour un cla­vié­riste. Les notes sont jouées de la même ma­nière que celles ac­ti­vées sur le cla­vier de com­mande. La seule li­mite est la tes­si­ture de la gui­tare, bien moins éten­due que celle d’un pia­no, par exemple (li­mite au E en des­sous du C cen­tral / MI­DI 40 au troi­sième A au-des­sus du C cen­tral / note MI­DI 93). Au­cun voi­cing n’est dé­clen­ché ici, hor­mis les ham­mers et pull-off qui se jouent lors d’en­vois de le­ga­tos (es­pa­ce­ment de 0,5 / 1 ton avec pos­si­bi­li­té de trille, soit ham­mer sui­vi d’un pull-off). Un peu d’ha­bi­tude est né­ces­saire pour trou­ver ses marques. Le mode Gui­tar per­met de faire in­ter­ve­nir les voi­cings propres aux gui­ta­ristes. Le détecteur d’ac­cord fonc­tionne à par­tir d’une en­trée MI­DI à trois ou quatre sons pour pro­po­ser un ren­ver­se­ment aus­si proche que pos­sible de la réa­li­té, mais il sait aus­si tra­vailler à la ma­nière d’un ar­ran­geur, avec 1 doigt / ac­cord Ma­jeur, 2 doigts / ac­cord mi­neur ou 7e. Les strum­ming keys sont dé­clen­chées à par­tir de la pre­mière oc­tave sous la tes­si­ture nor­male ou celle si­tuée au-des­sus, en mode mi­roir. Le pia­niste sait jouer un bat­te­ment vers le haut, vers le bas, uti­li­ser deux basses al­ter­nées, mu­ter/étouf­fer le son et ar­pé­ger les notes de l’ac­cord (fi­gure 3). Là en­core, le mu­si­cien doit s’en­traî­ner pour mé­mo­ri­ser les com­bi­nai­sons, mais rien de bien sor­cier pour un bon cla­vier qui connaît bien le jeu de gui­tare. Si tel n’est pas le cas, c’est le mode Loop qu’il faut uti­li­ser. Avec Loop, le prin­cipe glo­bal de Gui­tar est re­pris, du moins en ce qui concerne les oc­taves de dé­clen­che­ment. Sept va­ria­tions de strum­mings et ar­pèges sont as­so­ciées à la boucle choi­sie via le na­vi­ga­teur. Les loops sont or­ga­ni­sées en 58 packs (styles mu­si­caux) de 7 va­ria­tions, soit un to­tal de 406 boucles. Le mu­si­cien n’a plus qu’à s’oc­cu­per de jouer l’ac­cord puis à dé­clen­cher ou pas la va­ria­tion du groove de la loop sé­lec­tion­née (fi­gure 4). À par­tir d’un sé­quen­ceur, il est pos­sible de dé­po­ser la boucle di­rec­te­ment sur une piste d’ins­tru­ment as­so­ciée à Strum GS-2, puis d’en­re­gis­trer une part d’ac­cords sur la même piste ou sur une autre. Il faut alors re­pas­ser en mode Gui­tar pour que les pat­terns s’en­chaînent cor­rec­te­ment. Afin d’ajou­ter en­core plus d’ex­pres­si­vi­té aux boucles, Strum GS-2 per­met d’as­so­cier jus­qu’à deux dif­fé­rents contrôles MI­DI à des ac­tions spé­ci­fiques. Ain­si, la mo­lette de pitch peut être uti­li­sée pour ac­cen­tuer les bat­te­ments, les ac­cé­lé­rer, alors que la pé­dale d’ex­pres­sion / de vo­lume agit sur la zone de jeu du gui­ta­riste vir­tuel, etc. (fi­gure 5). Et si les boucles pro­po­sées par AAS ne suf­fisent pas au bon­heur de l’uti­li­sa­teur, l’édi­teur lui laisse le choix de créer les siennes, via un simple en­re­gis­tre­ment MI­DI sur une piste de son sé­quen­ceur, en res­pec­tant quelques règles, il va de soi. Ce qui amène au clas­se­ment glo­bal de tout ce que l’on peut sto­cker avec le pro­gramme. Ain­si, le Bank Ma­na­ger s’ap­pelle à par­tir du bou­ton Ma­nage si­tué dans la zone su­pé­rieure de l’in­ter­face. Il est pos­sible de faire à peu près ce que l’on veut, y com­pris tout sup­pri­mer ! AAS pré­vient du fait et, sur­tout, en­cou­rage à faire une sau­ve­garde lo­cale des don­nées sen­sibles, his­toire de pou­voir res­tau­rer le tout en un clin d’oeil, au be­soin. Pas d’in­quié­tude, l’en­semble pèse moins d’1 Mo sur le disque.

Alors ?

Lorsque l’on est fan de la mo­dé­li­sa­tion phy­sique, de sa lé­gè­re­té et de sa puis­sance, de sa qua­li­té de ren­du au­dio et des pos­si­bi­li­tés qu’offre le soft en ma­tière d’ex­pres­si­vi­té, il est bien com­pli­qué de trou­ver beau­coup de dé­fauts à Strum GS-2. En cher­chant un peu, on peut dire qu’une phase de prise en main est né­ces­saire pour ti­rer par­ti de ses sub­ti­li­tés. Mais c’est aus­si un gage de non las­si­tude et de dé­cou­verte qui fait en­suite la qua­li­té des par­ties de gui­tare réa­li­sées, lorsque mê­lées à un ar­ran­ge­ment so­phis­ti­qué. Alors, men­tion plus que très bien à Strum GS-2, que vous al­lez même pou­voir tes­ter via une dé­mo té­lé­char­geable du site AAS. Éric Chau­trand

fi­gure 4 Vue du mode Loop.

fi­gure 5 Af­fec­ta­tion de contrôles MI­DI à des fonc­tions de Strum GS‐2.

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