Basse conti­nue et ac­com­pa­gne­ment jazz, même com­bat…

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Au dé­but du XVIIIe siècle, la no­tion d’ins­tru­men­ta­tion au sein de l’or­chestre n’est pas en­core vrai­ment dé­fi­nie : même si les com­po­si­teurs dé­ter­minent des ins­tru­ments ou pu­pitres fixes, les condi­tions d’exis­tence des or­chestres, sou­vent liées aux res­sources des mé­cènes qui les fi­nancent, ne per­mettent pas tou­jours un res­pect ab­so­lu des at­tentes des com­po­si­teurs… Sans doute est-ce une des rai­sons de l’uti­li­sa­tion, pen­dant la deuxième moi­tié du XVIIe siècle et un grand tiers du XVIIIe, de ce qu’on nomme « basse conti­nue », ou conti­nuo. Le conti­nuo est réa­li­sé par deux ins­tru­ments, une viole de gambe, un vio­lon­celle ou un théorbe (luth basse), plus un cla­ve­cin ou éven­tuel­le­ment un orgue ou, en tout cas, un ins­tru­ment po­ly­pho­nique. Sa mis­sion est de ré­soudre (au sens har­mo­nique du terme) les har­mo­nies sou­hai­tées par le com­po­si­teur en fai­sant le « rem­plis­sage » né­ces­saire à la co­hé­rence so­nore de l’en­semble ins­tru­men­tal : le vio­lon­celle joue la basse et le cla­ve­cin joue les ac­cords qui vont faire le « sup­port » de l’or­ches­tra­tion. La basse conti­nue dis­pa­raî­tra pro­gres­si­ve­ment à la fin du XVIIIe siècle, quand les or­chestres pren­dront des for­mats conven­tion­nels sys­té­ma­tiques et… que, de fait, on n’en­ten­dra plus guère le pauvre cla­ve­cin, de­ve­nu in­utile… Si, dans la basse conti­nue, la ligne de vio­lon­celle est écrite et im­po­sée, le cla­ve­cin réa­lise les ac­cords se­lon son propre choix, dans les po­si­tions et ren­ver­se­ments qu’il dé­cide. Ce qui, au bout du compte, n’est pas très éloi­gné de la ma­nière dont un mu­si­cien de jazz joue­ra une « grille » lors­qu’il ac­com­pagne un so­liste.

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