Duke El­ling­ton & His Or­ches­tra

The Con­ny Plank Ses­sion

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[Grön­land Re­cords]

Un jour d’avril ou de juillet 1970, Cologne. Alors sep­tua­gé­naire, Duke El­ling­ton en­re­gistre au stu­dio Rhe­nus avec tout son or­chestre. Aux ma­nettes : le jeune in­gé­nieur du son et pro­duc­teur Con­ny Plank. Ce­lui-ci s’ap­prête à ré­vo­lu­tion­ner la mu­sique avec Clus­ter ou Kraftwerk. Deux mor­ceaux, cha­cun en trois prises, sont en­re­gis­trés, le Duke et sa troupe re­partent, Con­ny Plank garde pré­cieu­se­ment les bandes… et passe à autre chose. 45 ans plus tard, l’in­croyable ses­sion est dé­ter­rée. Ce qui sur le pa­pier te­nait de l’im­pro­bable col­li­sion de­vient réa­li­té. At­ten­tion, ici pas d’El­ling­ton re­mixé kraut rock, c’est bien le Duke qui com­mande – les deux mor­ceaux (« Ale­ra­do » et « Afrique ») ap­par­tiennent à son ré­per­toire de l’époque. Mais la science de Con­ny Plank est bien pré­sente : chaque ins­tru­men­tiste (pia­no, cuivres, flûte, orgue, sax) se fait en­tendre avec éclat et force. L’éner­gie, la co­hé­sion et l’in­ven­ti­vi­té de l’or­chestre d’El­ling­ton ont ra­re­ment été aus­si bien cap­tu­rées. De plus, chaque prise consti­tue pour ces vir­tuoses l’oc­ca­sion d’ex­pé­ri­men­ter au gré de lé­gères va­ria­tions. La plus fla­grante : l’ir­rup­tion d’une chan­teuse so­pra­no sur la troi­sième prise du très per­cus­sif « Afrique ». Du grand art et une mu­sique qui est à sa place en 2015.

V.B.

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