The Apart­ments

No Song, No Spell, No Ma­dri­gal

KR Home-Studio - - CHRONIQUES - Phi­lippe Ra­gue­neau

[Mi­cro­cul­tures]

C’est un vent du soir qui s’est in­vi­té chez nous il y a tout juste trente ans, et qui ne nous a plus quit­tés de­puis. 1985, The Eve­ning Vi­sits… And Stays Fo­re­ver. Pre­mier al­bum des Apart­ments, groupe aus­tra­lien dont les chan­sons, âpres et ca­res­santes, ne ces­se­ront en­suite de nous han­ter. Le goût aigre-doux de l’exis­tence. La mé­lan­co­lie te­nace. La beau­té mal­gré tout… Une poi­gnée d’autres disques sui­vront, à la beau­té sin­gu­lière, d’une sin­cé­ri­té tou­jours dé­chi­rante. Avant que le si­lence ne s’im­pose, en 1999. Plon­gé vers les abîmes par un drame per­son­nel, le lea­der des Apart­ments met­tra long­temps avant de re­ve­nir à la lu­mière, ai­dé en ce­la par quelques fans/amis fran­çais. Une quin­zaine d’an­nées, donc, avant d’ins­crire de nou­veau sa voix sur la cire d’un 33 tours, fi­nan­cé via le site par­ti­ci­pa­tif Mi­cro­cul­tures. Et le retour est aus­si ac­com­pli que poi­gnant. Huit chan­sons tra­ver­sées par le deuil et la perte (« Twen­ty One », « Swap Places »…), ca­pables pour­tant de tour­ner les yeux vers l’ho­ri­zon (« Sep­tem­ber Skies »). Sans com­plai­sance, Peter Mil­ton Walsh nous en­traîne jus­qu’aux sources de la tris­tesse – la dis­pa­ri­tion d’un en­fant – pour dire la vie al­lant son cours, en­suite, vaille que vaille. À la fois tendre et dou­lou­reux, un chant d’une rare hu­ma­ni­té. Bou­le­ver­sant.

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