L’art de la re­prise

LA CHRONIQUE D’HAR­RY CO­VER

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« Gharb­za­de­gi » : Robert Wyatt (chant, bat­te­rie) est à l’ini­tia­tive du Soft Ma­chine, pion­nier du rock psy­ché­dé­lique, for­ma­tion an­glaise de Can­ter­bu­ry. Au­tant dire qu’il in­no­va tant sur le plan mu­si­cal que sur l’in­ges­tion de sub­stances illi­cites. La lé­gende dit que c’est au cours d’une soi­rée où le LSD était la source prin­ci­pale d’inspiration qu’il se dé­fe­nes­tra (pour que sa femme ne le trouve pas en pré­sence de sa maî­tresse), ce qui le ren­dra han­di­ca­pé des deux membres in­fé­rieurs. Après cette ter­rible épreuve, il re­prend la com­po­si­tion et signe en son nom une di­zaine d’al­bums so­lo, le ton et sa voix y sont de­ve­nus plus mé­lan­co­liques et té­né­breux. « Gharb­za­de­gi » est is­su de son LP Old Rot­ten­hat sor­ti en 1985.

L’exer­cice pro­po­sé par Pascal Mau­peu, gui­ta­riste fon­da­teur de Mop Meu­chiine, ne s’avé­rait pas ai­sé tant l’oeuvre de Robert Wyatt est sin­gu­lière. Il sut s’en­tou­rer d’ex­cel­lents mu­si­ciens (JB Ré­hault au saxo­phone, Hugues Vincent au vio­lon­celle, Cé­dric Pi­ro­mal­li au pia­no) pour don­ner une in­ter­pré­ta­tion riche et ce­pen­dant fi­dèle à l’uni­vers de son com­po­si­teur. Un saxo lan­ci­nant et une gui­tare aé­rienne sont au ser­vice d’une mé­lo­die par­ti­cu­liè­re­ment soi­gnée. Sur cet opus, un autre titre (du même Robert Wyatt) mé­rite lui aus­si une écoute at­ten­tive, « Ins­tant Pus­sy ».

www.youtube.com/watch?v=jVyDd-jm­qHs http://so­ni­chits.com/video/Pas­cal_Mau­peu/Gharb­za­de­gi

« White Light / White Heat » : Le Vel­vet Un­der­ground est une fi­gure em­blé­ma­tique du rock amé­ri­cain. For­mé au­tour de son com­po­si­teur, chan­teur et gui­ta­riste Lou Reed, le VU doit sa re­con­nais­sance à son men­tor An­dy Wa­rhol et son fa­meux lieu de ren­contre, La Fac­to­ry. La mu­sique du Vel­vet est brute et spon­ta­née. Quelques har­mo­nieuses bal­lades (« Sun­day Mor­ning », « Femme Fa­tale », « Ste­pha­nie Says ») ou des hymnes rock (« Sweet Jane », « I’m Wai­ting For The Man ») mar­que­ront l’em­preinte Vel­vet. « White Light / White Heat » est de cette der­nière veine mu­si­cale, son plus grand adepte étant un cer­tain Da­vid Bo­wie. « White Light / White Heat » don­ne­ra son nom à la deuxième ga­lette du Vel­vet (1968).

Marquis de Sade est une for­ma­tion new wave fran­çaise. Ils sont is­sus de la scène ren­naise dont les plus connus res­sor­tis­sants sont Étienne Da­ho, Nia­ga­ra et Oc­tobre et qui connurent leurs pre­miers lives au sein des Trans’Mu­si­cales. La re­lec­ture de « White Light / White Heat » est ef­fec­tuée sur un tem­po plus lent où gui­tares et saxo­phones co­ha­bitent par­fai­te­ment. No­tons l’in­fluence des Tal­king Heads qui semble ici une évi­dence.

www.youtube.com/watch?v=62ckXALWn1M www.youtube.com/watch?v=NmxZ6KtnbKQ

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