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Mu­ta­tion des cinq Tou­lou­sains

qui, deux ans après Noise In Se­pher, re­viennent avec un nouvel al­bum, Spo­ken

Ma­chine, sor­ti en mars. Quand le klez­mer élec­tro bas­cule vers un hip hop

ur­bain in­suf­flé par la rap­peuse Ta­ron Ben­son, le par­rain Da­vid Kra­kauer n’est ja­mais très loin.

KR:Com­ment avez-vous dé­cou­vert Ta­ron Ben­son ? Mi­kaël Char­ry & Lu­do­vic Kie­ra­sins­ki : En tra­vaillant avec le cla­ri­net­tiste Da­vid Kra­kauer. Ta­ron était mon­tée sur scène avec le groupe Abra­ham Inc. dans le­quel jouent Da­vid ain­si que So­cal­led et Fred Wes­ley. Quand on lui a de­man­dé s’il connais­sait un rap­peur new-yor­kais, il nous a tout de suite orien­tés vers Ta­ron et on a fait une pre­mière ten­ta­tive sur le der­nier al­bum. Pour Spo­ken Ma­chine, on a vou­lu y al­ler à fond et tout faire avec elle, dans une lec­ture per­son­nelle du hip hop. C’est un peu plus com­pli­qué pour les tour­nées comme Ta­ron vit à Brook­lyn, on est for­cé­ment obli­gés de ca­ler les dates sur des pé­riodes bien dé­ter­mi­nées. Vous avez eu des dif­fi­cul­tés pour pas­ser d’un style à l’autre ?

Mi­kaël Char­ry : Non, parce qu’on est fans de hip hop de­puis très long­temps, on a un pa­nel mu­si­cal suf­fi­sam­ment large qui peut al­ler du me­tal à l’élec­tro pure, voire au sound free par­ty. Ce qui nous in­té­resse, c’est de prendre notre uni­vers mu­si­cal et de nous at­te­ler à un genre. On l’a fait pour la mu­sique klez­mer et on va conti­nuer à le faire puis­qu’on sort un al­bum avec Kra­kauer l’an­née pro­chaine, mais là, on a fait une pa­ren­thèse hip hop et pour­quoi pas dans deux ans en faire une autre avec le tan­go ou la mu­sique in­dienne ? Qu’uti­li­sez-vous comme ma­té­riel ?

Mi­kaël Char­ry : En com­po, en stu­dio ou sur scène ? (Rires)… Je suis com­po­si­teur dans le groupe et je bosse avec Cu­base de­puis plus de quinze ans. Je suis pas­sé à la ver­sion 8 mais l’al­bum a été fait avec la 7.5 et pas mal de hard­ware au­tour, des Moog, un Korg Del­ta, etc. Lu­do, qui est bas­siste et réa­li­sa­teur, prend en­suite mes pro­jets et les passe dans Lo­gic.

Lu­do­vic Kie­ra­sins­ki : J’ai fait tous les edi­tings de l’al­bum sur Lo­gic 9 et je me suis mis à Pro Tools pour les pas­ser à notre in­gé-son Ma­nu Ca­brol qui a son propre stu­dio très lo­gi­que­ment équi­pé… en Pro Tools ! Vous faites l’ex­port en OMF ?

Mi­kaël Char­ry : On a es­sayé mais ça ne nous a pas convain­cus. On part sur du conso­li­date ( fi­chier conti­nu entre les ré­gions) ou sur du bounce quand il y a du trai­te­ment ar­tis­tique, j’en­lève tout ce qu’il y a en amont au ma­quet­tage comme les ré­verbs et com­pa­gnie pour les lais­ser à notre in­gé-son, sauf lors­qu’il y a du com­pres­seur ar­tis­tique comme une pompe que je vais gar­der. Je ne pour­rais ac­tuel­le­ment pas me pas­ser de Cu­base que je trouve beau­coup plus flexible au ni­veau du MI­DI que Pro Tools. Et sur scène ?

Mi­kaël Char­ry : Je suis un gros uti­li­sa­teur des MPC, j’ai eu la 1000, la 4000 et ça a été la pièce cen­trale de ce projet pen­dant dix ans. Elle était maître de tous les syn­thés et des trai­te­ments comme le Korg Kaoss Pad 3 car je traite aus­si les ins­tru­ments en temps réel sur scène. Je suis pas­sé ré­cem­ment sur Able­ton Live à la fois pour des rai­sons de taille de fi­chiers et puis j’en ai eu un peu marre, parce que, la MPC ne se ven­dant plus, on a eu des ga­lères de pads qu’on ne peut pas rem­pla­cer. Live m’ap­pa­raît donc comme la ré­ponse ac­tuelle car c’est le soft le plus mo­du­laire. Je l’uti­lise avec un contrô­leur Akai APC 40 mkII.

Lu­do­vic Kie­ra­sins­ki : En fait on a trois Able­ton Live, le cla­ri­net­tiste a le sien, j'ai le mien que je pi­lote avec Push comme si c’était un cla­vier, les ins­trus et le reste des ar­ran­ge­ments étant sur ce­lui de Mi­ka. Com­ment uti­li­sez-vous le lo­gi­ciel ?

Mi­kaël Char­ry : Quand il y a des mor­ceaux où je sors des ma­chines et je vais de­vant prendre la gui­tare, je me pré­pare des Fol­low Ac­tions pour les en­chaî­ne­ments, mais si­non je l’uti­lise le plus pos­sible en temps réel à base de signes. Où avez-vous réa­li­sé l’al­bum ?

Lu­do­vic Kie­ra­sins­ki : La ma­jo­ri­té s’est faite à Tou­louse au sein de notre trio com­po­si­teur/réa­li­sa­teur/in­gé-son qui fonc­tionne de­puis sept ans. Le mor­ceau « All Out » a été mixé « West Coast » par Richard « Se­gal » Hu­re­dia, qui est une poin­ture du hip hop. Il nous a été pré­sen­té par Brian « Big Bass » Gard­ner qui a mas­te­ri­sé le titre. Le reste du mas­te­ring a été fait par Ch­ris Geh­rin­ger à Ster­ling Sound. C’est in­croyable de voir qu’une fois que tu as pas­sé six mois à bos­ser sur l’al­bum plus un mois de mix, tu gagnes en­core une sa­tu­ra­tion et une brillance qu’on n’a pas réus­si à trou­ver quand on a fait mas­te­ri­ser nos titres en France. Fran­çois Bou­che­ry Spo­ken Ma­chine

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