ten­dance : Rasp­ber­ry Pi 2

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Vous avez cer­tai­ne­ment en­ten­du par­ler du Rasp­ber­ry Pi, cet or­di­na­teur mi­nia­ture et éco­no­mique qui tourne sur Li­nux, et de­puis peu sous Win­dows 10. Sa nou­velle ver­sion 2, plus per­for­mante, fait de lui une so­lu­tion très in­té­res­sante pour di­verses ap­pli­ca­tions, y com­pris pour l’au­dio. Dé­cou­vrons ce­la en­semble…

Avec son pro­ces­seur ARMv7 Quad Core Broad­com 2836 ca­den­cé à 900 MHz, six fois plus puis­sant que ce­lui de son pré­dé­ces­seur, 1 Go de RAM, quatre ports USB 2.0, une sor­tie Ether­net, une sor­tie HDMI, une sor­tie au­dio sté­réo, un lec­teur de carte SD, un port ca­mé­ra CSI, un port d’af­fi­chage DSI pour y connec­ter l’écran tac­tile Rasp­ber­ry pour 40 à 50 € sui­vant les re­ven­deurs (oui, les prix ont fu­rieu­se­ment aug­men­té) et sa com­pa­ti­bi­li­té Ar­dui­no, le Rasp­ber­ry Pi 2 B mé­rite que l’on s’y in­té­resse (fi­gure 1). Tout pe­tit (85,6 x 53,9 x 17 mm), lé­ger (45 g), et peu gour­mand en éner­gie (max. 3 W pour 350 mA), il fonc­tionne sous plu­sieurs dis­tri­bu­tions Li­nux, et de­puis peu aus­si sous une ver­sion spé­ciale de Win­dows 10 (IoT), des­ti­née à l’in­ter­net des ob­jets, ou « In­ter­net of Things » en an­glais, d’où son nom IoT (fi­gure 2).

Pas si éco­no­mique que ça…

Les titres en­thou­siastes des ar­ticles sur le Rasp­ber­ry Pi qui font men­tion d’un « na­no-or­di­na­teur pour 35 € » sont à nuan­cer. En ef­fet, suite à son suc­cès, et pro­fi­tant d’un change moins fa­vo­rable entre le dol­lar et l’eu­ro, le prix de la carte nue (ori­gi­naire d’An­gle­terre) frôle sou­vent les 50 €, même si des sites spé­cia­li­sés comme Ku­bii la pro­posent à 39,99 € pour ne pas dé­pas­ser la barre sym­bo­lique des 40. Mais la carte nue ne sert à rien et il faut lui ad­joindre un mi­ni­mum de com­po­sants sup­plé­men­taires obli­ga­toires pour com­men­cer, plus d’autres fa­cul­ta­tifs pour réel­le­ment tra­vailler. En in­dis­pen­sable, on trouve une ali­men­ta­tion 5 V en mi­cro-USB de 2000 mA (entre 7 et 10 €), une carte Mi­croSD de 16 à 64 Go de bonne qua­li­té classe 10 UHS-I U3 al­lant jus­qu’à 80 Mo/s (de 30 à 75 €). Pour ces in­dis­pen­sables, il existe des « star­ter kits » aux alen­tours de 75 € (in­cluant par­fois un boî­tier) (fi­gure 3). Bien en­ten­du, pré­voir aus­si un cla­vier et une sou­ris en USB, ain­si qu’un écran et un câble HDMI. En op­tion, mais très ra­pi­de­ment utile, un boî­tier pour pro­té­ger la carte et la ma­ni­pu­ler fa­ci­le­ment (de 5 à plu­sieurs di­zaines d’eu­ros) et un dongle Wi-Fi. Pour la mu­sique, une carte au­dio com­pa­tible Li­nux, un câble GPIO pour com­men­cer à bran­cher de l’élec­tro­nique, une ca­mé­ra, des cartes d’ex­ten­sion, une bat­te­rie plus son char­geur… La liste s’allonge ra­pi­de­ment, en même temps que la fac­ture s’en­vole et notre na­no-or­di­na­teur prend vo­lume et poids. Mais, même au-de­là de 100 ou 150 €, le « Rasp » reste très in­té­res­sant.

Par où com­men­cer ?

Le ma­té­riel ache­té, il va fal­loir ins­tal­ler Li­nux. Pour les néo­phytes, deux so­lu­tions : ache­ter une carte Mi­croSD avec NOOBS (New Out Of Box Soft­ware), la dis­tri­bu­tion idéale pour dé­bu­ter, pré-ins­tal­lée (10 €) et suivre pas à pas les tu­to­riaux en ligne, très clairs, sur le site of­fi­ciel www.rasp­ber­ry­pi.org (fi­gure 4). Ou bien se faire ai­der par quel­qu’un qui connaît dé­jà Li­nux et qui

pour­ra ins­tal­ler des dis­tri­bu­tions plus spé­cia­li­sées, en l’oc­cur­rence orien­tée mu­sique et « in­ter­ac­ti­vi­té » dans notre cas, mais qui né­ces­site pas mal de bi­douille. C’est l’op­tion que nous avons choi­sie. En deux heures, pour une pre­mière ins­tal­la­tion sur un Rasp­ber­ry Pi, nous avons ain­si ins­tal­lé Rasp­bian (kernel 3.18), confi­gu­ré l’in­ter­face uti­li­sa­teur à nos be­soins, ajou­té di­vers lo­gi­ciels au­dio, plus la ver­sion Li­nux de Pure Da­ta, réa­li­sé des tests au­dio et vi­déo et créé un patch Pure Da­ta. Nous avons néan­moins dû nous y prendre à deux fois pour ins­tal­ler cor­rec­te­ment Rasp­bian, la pre­mière ins­tal­la­tion plan­tant pour d’obs­cures rai­sons. Comme on ma­ni­pule sou­vent la carte, un boî­tier s’avère ra­pi­de­ment in­dis­pen­sable (fi­gure 5). En ef­fet, le poids des câbles HDMI, ré­seau, etc. a ten­dance à en­traî­ner la carte ul­tra lé­gère qui peut vite être en­dom­ma­gée lors des chutes ré­pé­tées.

Com­mu­nau­té et pro­jets

En ha­bi­tué de Mac et Win­dows, je pen­sais que Li­nux se­rait un casse-tête. Je me trom­pais. Même si tout n’est pas plug & play comme sur les OS com­mer­ciaux, et que tout doit être ins­tal­lé par l’uti­li­sa­teur, on se fait ra­pi­de­ment à cette lo­gique. Les di­verses com­mu­nau­tés de Li­nux, des dis­tri­bu­tions, du Rasp­ber­ry Pi, des Li­nuxiens au­dio­philes ou bran­chés MAO ou des di­vers lo­gi­ciels de mu­sique postent des pas à pas et des tu­to­riaux qui sim­pli­fient gran­de­ment la vie des new­bies, et même des pros. Il faut donc fu­re­ter et ne pas hé­si­ter à écu­mer le web à la re­cherche de ces com­mu­nau­tés. Des sites comme Li­nuxAu­dio.org qui or­ga­nisent chaque an­née leur confé­rence, la LAC, sont des mines de ren­sei­gne­ments. La der­nière s’est te­nue en avril à l’uni­ver­si­té Jo­hannes Gu­ten­berg de Mayence. Les membres de ce consor­tium sont des ins­ti­tu­tions, des so­cié­tés, des ven­deurs de hard­ware, des dé­ve­lop­peurs, des cher­cheurs, des ar­tistes qui oeuvrent à faire de GNU/Li­nux une plate-forme ou­verte, stable et pro­fes­sion­nelle pour l’au­dio et le mul­ti­mé­dia. Les liens vers les sites des membres per­mettent d’ap­pro­fon­dir les su­jets qui nous in­té­ressent. Ces com­mu­nau­tés bénévoles tiennent aus­si des listes, plus ou moins à jour, de hard­ware com­pa­tible (en par­ti­cu­lier les cartes au­dio) ou de lo­gi­ciels (fi­gure 6). Cer­tains comme Au­da­ci­ty ou Ar­dour peuvent être suf­fi­sam­ment complets pour la pro­duc­tion. La connexion entre les ap­pli­ca­tions se fait sou­vent par jack, un dea­mon à faible la­tence. Sur son site, la liste des ap­pli­ca­tions com­pa­tibles montre la créa­ti­vi­té de la com­mu­nau­té. Les ha­bi­tués des lo­gi­ciels pro, bien fi­nis, avec des UI lé­chées, de­vront s’ha­bi­tuer à un en­vi­ron­ne­ment par­fois plus spar­tiate, sou­vent bug­gé. Mais, en contre­par­tie, c’est gra­tuit et sur­tout ins­crit dans un cercle ver­tueux.

Ou­vert

La pré­sence des ports GPIO (pour General Pur­pose In­put/Out­put, lit­té­ra­le­ment En­trée/Sor­tie pour un Usage Gé­né­ral) (fi­gure 7), très uti­li­sés dans le monde des mi­cro­con­trô­leurs, et de l'élec­tro­nique em­bar­quée confère au Rasp­ber­ry une su­pré­ma­tie in­dé­niable sur les or­di­na­teurs du com­merce pour qui sou­haite tra­vailler sur les ob­jets com­mu­ni­cants, l’in­ter­net des ob­jets, une ins­tal­la­tion d’art nu­mé­rique… ou tout « sim­ple­ment » un ser­veur mul­ti­mé­dia haut de gamme chez soi, to­ta­le­ment per­son­na­li­sé, in­tel­li­gent, évo­lu­tif et qui se­ra aus­si ca­pable de sur­veiller la mai­son et d’ar­ro­ser les plantes. On peut bien en­ten­du tra­vailler di­rec­te­ment avec ces ports pour y bran­cher des cap­teurs et autres cartes « faites mai­son », mais pour­quoi ne pas pro­fi­ter des in­nom­brables shields dé­jà exis­tants de la com­mu­nau­té Ar­dui­no ? En ef­fet, il existe plu­sieurs mé­thodes pour connec­ter un Ar­dui­no et ses shields au Rasp­ber­ry, que ce soit en USB, I2C ou via des cartes d’in­ter­fa­çage comme l’Ar­du­ber­ry de Dex­ter In­dus­tries (fi­gure 8). Nous sommes à l’aube de chan­ge­ments tech­no­lo­giques ma­jeurs qui im­pactent nos so­cié­tés à des ni­veaux in­soup­çon­nés, et le pe­tit Rasp­ber­ry Pi fait cer­tai­ne­ment par­tie des ou­tils qui y contri­buent. Pierre Es­tève

fi­gure 3

Pour­quoi pas un kit ?

fi­gure 2

Win­dows aus­si…

fi­gure 1

Pe­tit mais puis­sant.

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À l’école du Rasp. GPIO, l’ou­ver­ture vers le monde.

Ar­dui­no + Rasp­ber­ry, le duo de choc. Des boî­tiers pour tous les goûts…

fi­gure 6

La quête de la carte com­pa­tible…

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