le don du son

l'art de pré­ser­ver (suite…)

KR Home-Studio - - SOMMAIRE - 96

Ve­nus de par­tout, mu­si­ciens stars ou ano­nymes, lec­teurs de KR ou col­lec­tion­neurs, ama­teurs ou pro­fes­sion­nels : tous ap­portent leur pierre à l’édi­fice de Mu­sé­lec en lui confiant ins­tru­ments de mu­sique, ap­pa­reils au­dio, ac­ces­soires ou do­cu­men­ta­tion. Vé­ri­table pièce de mu­sée ou pe­tit ob­jet in­si­gni­fiant : ils ont tous leur place dans les col­lec­tions du mu­sée.

Au dé­part, Pascal Stol­ler est en­sei­gnant en his­toire-géo et en lit­té­ra­ture. Il l’est tou­jours au­jourd’hui, mais a créé entre-temps un BTS au­dio­vi­suel au sein du Ly­cée Su­ger à Saint-De­nis, de­ve­nu de­puis le ly­cée du son et de l’image. Lors de ses études uni­ver­si­taires en sciences éco­no­miques, l’une de ses en­sei­gnantes, Ni­cole Azou­lay, le charge d’une étude sur le ter­ri­toire de La Plaine St-De­nis. Une des conclu­sions de cette étude se­ra qu’il est fort pro­bable qu’un pôle au­dio­vi­suel naisse au sein des énormes friches in­dus­trielles de ce ter­ri­toire en pleine mu­ta­tion. Il com­mence à en­sei­gner, à Pan­tin et à Bo­bi­gny, puis ap­prend qu’un ly­cée va se mon­ter à La Plaine St-De­nis. On le sol­li­cite et il fi­nit par ac­cep­ter (avec plai­sir) l’in­vi­ta­tion à par­ti­ci­per à l’aven­ture de l’im­plan­ta­tion d’un ly­cée dans une zone pour le moins « dif­fi­cile ». Il pro­pose en­suite d’y mon­ter un BTS image et son, ce qui se fait en 96, le­quel offre au­jourd’hui plu­sieurs op­tions. D’abord les sec­tions ci­né­ma-au­dio­vi­suel, ain­si qu’un bac pho­to­gra­phie, un bac pro­fes­sion­nel se­cré­ta­riat au­dio­vi­suel et évé­ne­men­tiel, et enfin un BTS au­dio­vi­suel, avec cinq op­tions : ges­tion de pro­duc­tion, image, mon­tage, son et ex­ploi­ta­tion des équi­pe­ments. On y trouve éga­le­ment une li­cence pro­fes­sion­nelle « jour­na­liste nou­veaux mé­dias ». De­puis l’ins­tal­la­tion du mu­sée Mu­sé­lec dans les murs du ly­cée, il n’a de cesse de confier des équi­pe­ments ob­so­lètes à votre ser­vi­teur. Hor­mis les in­nom­brables lec­teurs vi­déo, VHS, Be­ta et U-ma­tic (fi­gures 1 & 2), qui n’avaient plus d’uti­li­té, on trouve dans la masse des dons des di­zaines de ca­mé­ras-ca­mes­copes (ci­né­ma, vi­déo), pro­jec­teurs, bancs de mon­tage, en­ceintes, en­re­gis­treurs et lec­teurs au­dio di­vers et va­riés (ana­lo­giques ou nu­mé­riques), dont un splen­dide Fos­tex 8-Track Di­gi­tal Re­cor­der D824 MKII, ain­si que deux pièces… re­mar­quables.

Fair­light et Mit­su­bi­shi

Pre­mière sur­prise, et non des moindres : un Fair­light Dream Sa­tel­lite Con­tro­ler, ac­com­pa­gné de son rack QDC (fi­gure 3). Belle prise ! Le se­cond tré­sor n’est autre qu’un ma­gné­to­phone mul­ti­piste nu­mé­rique Mit­su­bi­shi X-850 32 pistes (fi­gure 4). Une lé­gende ! La ma­chine, au for­mat ProDi­gi (1985), est née de la col­la­bo­ra­tion de Mit­su­bi­shi et d’Ota­ri. La par­tie trans­port est ain­si dé­ri­vée de celle du fa­meux Ota­ri MTR90 MkII, mo­di­fiée pour ac­cep­ter des bandes 1 pouce. Ce for­mat rem­por­ta un cer­tain suc­cès, no­tam­ment dans la coun­try, nombre de stu­dios de Nashville (Ten­nes­see) ayant cra­qué pour ces ap­pa­reils, jus­qu’à ce que tout le monde se tourne vers le di­rect-to-disc, aban­don­nant les ma­chines tour­nantes. La bête son­nait très bien, mais elle avait deux dé­fauts : d’abord elle ma­ni­fes­tait un cer­tain mé­con­ten­te­ment lors­qu’on la syn­chro­ni­sait avec un time code, chose fort gê­nante, et sur­tout elle pou­vait s’em­bal­ler en rem­bo­bi­nage ra­pide, avec pour ef­fet dé­sas­treux de faire par­tir la bande dans la nature, quand elle n’était pas épar­pillée en mille mor­ceaux. Chose qui est ad­ve­nue dans les lé­gen­daires stu­dios Plus XXX de Claude Sa­ha­kian, il y a quelques an­nées. Sa­ha­kian se sou­vient avoir re­mi­sé la ma­chine dans les ca­ta­combes après qu’elle a pro­vo­qué le nau­frage d’une séance d’im­por­tance pour un gros client d’Outre-Manche. L’un des avan­tages de ce 32-pistes nu­mé­rique est que l’on pou­vait « dub­ber » di­rec­te­ment, en nu­mé­rique, de­puis un ma­gné­to­phone Mit­su­bi­shi X-86 (2 pistes sur bande 1/4 de pouce) vers ce X-850, et in­ver­se­ment. Pas de conver­sion de for­mat ni de pas­sage en ana­lo­gique entre les deux. Bien pra­tique, mais fi­na­le­ment plu­tôt rare, tant les ma­chines l’étaient elles aus­si.

Mer­ci Mon­sieur Pascal Stol­ler pour ces ma­gni­fiques « dons du son » ! Klaus Blas­quiz

Quan­ti­té de lec­teurs vi­déo :

VHS, Be­ta, U‐ma­tic, Hi8,

DV…

fi­gures 1 & 2

fi­gure 4 Dé­jà lé­gen­daire : le ma­gné­to­phone nu­mé­rique Mit­su­bi­shi X‐850

32 pistes.

fi­gure 3

Pascal Stol­ler de­vant un re­gret : que ce Fair­light ne soit pas de­ve­nu un standard.

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