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n trouve des im­pri­mantes 3D à tous les prix. De la qua­si gra­tuite comme la RepRap, cette pe­tite im­pri­mante open source au­to­ré­pli­cable, as­sor­tie d’un lo­gi­ciel libre, qui re­vient à quelques cen­taines d’eu­ros, grâce à des pièces im­pri­mées par un ami qui pos­sède dé­jà une RepRap, jus­qu’à des beau­coup plus chères is­sues du monde de l’in­dus­trie. Dans les mo­dèles plus pro, on com­mence au­tour des 6 000 $ avec Mo­jo (fi­gure 1) de Stra­ta­sys (ven­due entre autres sur Ama­zon). À par­tir de 20 000 $, on passe au mi­lieu de gamme et au-de­là de 200 000 $ au haut de gamme qui peut mon­ter jus­qu’à 700 000 $. Mais comme pour beau­coup de nou­velles tech­no­lo­gies, les prix baissent ra­pi­de­ment, alors que les per­for­mances grimpent de ma­nière ex­po­nen­tielle.

Additive

L’im­pres­sion 3D consiste à im­pri­mer de ma­nière additive des ob­jets préa­la­ble­ment mo­dé­li­sés dans un lo­gi­ciel 3D, comme 3ds Max, Maya, Google Sket­chup… Grâce à une buse qui dé­pose très pré­ci­sé­ment de fines couches de dif­fé­rentes ma­tières en fu­sion et qu’elle dé­place sur trois axes sui­vant le mo­dèle 3D, l’im­pri­mante va construire pro­gres­si­ve­ment l’ob­jet, en strates suc­ces­sives. Un peu comme les en­fants construisent un châ­teau en sable mouillé en dé­po­sant pa­tiem­ment le li­quide sa­blon­neux (fi­gure 2). Il existe plu­sieurs va­riantes pour im­pri­mer en 3D comme le FDM (Fuse De­po­si­tion Mo­de­ling : mo­de­lage par dé­pôt de ma­tière en fu­sion), la SLA (sté­réo li­tho­gra­phie : une lu­mière UV so­li­di­fie une couche de plas­tique li­quide) et le frit­tage sé­lec­tif par la­ser (un la­ser ag­glo­mère une couche de poudre). La plu­part du temps, on uti­lise des fils d’ABS (as­sez no­cif) ou de PLA (moins no­cif) de dia­mètre et cou­leur variables. Les par­ti­cules émises (na­no­par­ti­cules), en par­ti­cu­lier avec la fu­sion de poudre, né­ces­sitent cer­taines pré­cau­tions comme une as­pi­ra­tion cor­recte de la pièce fi­nie. La mo­dé­li­sa­tion d’un ob­jet, pour proche qu’elle soit de celle d’un vi­suel, im­pose des contraintes à prendre en compte, comme l’épais­seur des pa­rois, ou les forces ap­pli­quées sur l’ob­jet fi­nal, l’ajout de struc­tures de ren­for­ce­ment in­terne, les jeux pour l’em­boî­te­ment, etc. On classe les im­pres­sions 3D en trois ca­té­go­ries qui né­ces­sitent des ma­chines de plus en plus so­phis­ti­quées : pro­to­ty­page (pro­duc­tion d’une seule pièce ser­vant sou­vent de POC ou Proof Of Con­cept), pe­tite série et pro­duc­tion. Il existe au­jourd’hui plu­sieurs cen­taines de ma­tières im­pri­mables, avec des com­bi­nai­sons de cou­leurs et de den­si­tés de ma­tières qua­si in­fi­nies. Cer­taines im­pri­mantes mul­ti-buses per­mettent même de mé­lan­ger ces ma­tières !

Sculp­tures

Les ar­tistes et les de­si­gners ont été très ra­pides pour s’ap­pro­prier cette tech­no­lo­gie, le pro­to­ty­page étant proche de l’oeuvre unique. Ain­si Ne­ri Ox­man (fi­gure 3), de­si­gner qui en­seigne au MIT Me­dia Lab et tra­vaille sur l’ar­chi­tec­ture bio­cli­ma­tique et la mor­pho­gé­nèse nu­mé­rique, uti­lise des im­pri­mantes de der­nière gé­né­ra­tion à trois buses pour mé­lan­ger cou­leurs, ma­té­riaux et den­si­tés dans ses sculp­tures. Sur ce même prin­cipe, Gilles Azzaro (fi­gure 4), qui se pro­clame « sculp­teur de voix », a eu l’in­gé­nieuse idée d’im­pri­mer en 3D le spec­tro­gramme tri­di­men­tion­nel de la voix du pré­sident Oba­ma à par­tir de l’em­preinte vo­cale conte­nue dans un en­re­gis­tre­ment au­dio d’un ex­trait d’un

De 100 à 500 000 €. Im­pri­mantes pour toutes les bourses…

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