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n pé­ri­phé­rie de Tou­louse par une jour­née plu­tôt bru­meuse, nous par­ve­nons à un bâ­ti­ment as­sez standard comme il en existe dans chaque zone in­dus­trielle, mais à peine fran­chie la porte d’en­trée, nous sommes frap­pés par le cô­té convi­vial et co­sy du lieu. La par­tie dé­tente/kit­che­nette à l’étage est meu­blée clas­si­que­ment dans un dé­cor plu­tôt ur­bain, contemporain dans des tons gris, et ouvre, d’une part, sur une ter­rasse qui donne sur les contre­forts de la ville (fi­gure 1) et, de l’autre, sur le Stu­dio B com­po­sé d’une ré­gie de 20 m² et de deux ca­bines res­pec­ti­ve­ment de 20 et 15 m², tan­dis que la par­tie RDC abrite le Stu­dio A prin­ci­pal avec une ré­gie de 55 m², une grande ca­bine de 110 m², une de 25 m² et une plus pe­tite de 10 m² en­tiè­re­ment en bois. Nous dé­cou­vrons le maître des lieux au cours d’un pre­mier en­tre­tien : Phi­lippe est un vrai au­to­di­dacte qui n’au­rait ja­mais ima­gi­né en ar­ri­ver là (fi­gure 2). Au dé­part gui­ta­riste à ses loi­sirs, on lui pro­pose d’abord de com­po­ser pour des films in­dus­triels et c’est à cette oc­ca­sion qu’il se rend compte que l’on peut ga­gner de l’ar­gent avec la mu­sique. Il en­chaî­ne­ra en­suite avec quelques spots ra­dio avant de se lan­cer dans l’en­re­gis­tre­ment de groupes. Sans connais­sances par­ti­cu­lières du marché ni des tech­niques de stu­dio, il teste d’abord la for­mule avec

un par­te­naire is­su de la ra­dio et en­re­gistre alors des mu­si­ciens lo­caux dans une grange qui leur sert de pre­mier lo­cal. Comme c’était com­pli­qué, les groupes ont droit à un ta­rif qua­si gra­tuit pour se faire la main. Phi­lippe en­re­gistre les ses­sions avec un Tas­cam DA-88 (avec le­quel il a vé­cu de vrais cau­che­mars tech­niques), avant d’ana­ly­ser en­suite le soir et par­fois une par­tie de la nuit ce qui s’est pas­sé dans la jour­née. Au bout d’un mo­ment, les routes se sé­parent et Phi­lippe se re­trouve seul pour avan­cer. Ce­la de­vient alors un in­ves­tis­se­ment 24/24, avec une ges­tion de tous les as­pects de cette ac­ti­vi­té, dont l’ad­mi­nis­tra­tif, ce qui ne laisse à Phi­lippe que trop peu de temps pour se per­fec­tion­ner dans les as­pects tech­niques. Mais l’homme est un pas­sion­né, il s’ac­croche et ne se voit dé­jà plus faire autre chose. Son obs­ti­na­tion fi­nit par payer car les mu­si­ciens sentent bien que le rap­port qu’il en­tre­tient avec son mé­tier va bien au-de­là d’une simple his­toire d’ar­gent et le bouche à oreille fonc­tionne jus­qu’à ce que Phi­lippe ar­rive à un mo­ment char­nière. C’est l’époque, vers les an­nées 90, où le home-stu­dio a pris suf­fi­sam­ment de poids pour com­men­cer à ri­va­li­ser avec les pe­tites struc­tures. Le choix se pose donc d’ar­rê­ter son ac­ti­vi­té ou de fran­chir un pa­lier en in­ves­tis­sant suf­fi­sam­ment pour ob­te­nir un dé­ca­lage si­gni­fi­ca­tif avec les pro­ject-stu­dios. C’est en pas­sant

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