Gol­den Rules

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À l’ori­gine de Gol­den Rules, il y a un coup de coeur, ce­lui du pro­duc­teur an­glais Paul White pour le rap­peur de Flo­ride Eric Bid­dines, à la voix et au flow si par­ti­cu­liers. Spon­ta­né­ment, le Lon­do­nien lui a en­voyé par mail des ins­tru­men­taux, telles de mo­dernes bou­teilles à la mer. Mi­racle, l’Amé­ri­cain a, à son tour, cra­qué pour les es­quisses de White, si bien que Gol­den Rules a pu naître. Après cette ren­contre ar­tis­tique et à dis­tance, le duo a tra­vaillé dans le stu­dio de White afin d’ima­gi­ner ce pre­mier al­bum ra­fraî­chis­sant. À l’écoute de cette di­zaine de mor­ceaux sau­tillants, la com­pa­rai­son avec le pre­mier Gnarls Bark­ley s’im­pose d’elle-même. D’abord, parce que, comme Cee Lo Green, Bid­dines a dans la voix un grain hé­ri­té du sud des États-Unis et une fa­ci­li­té à pas­ser du chant soul à la scan­sion rap­pée. Paul White, lui, est aus­si éclec­tique que Danger Mouse. Ca­pable de conce­voir Paul White & The Purple Brain à par­tir d’en­re­gis­tre­ments de rock psy­ché, il peut éga­le­ment jouer de tout (comme sur son al­bum pour le la­bel élec­tro R&S). L’ins­tru­men­ta­tion de Gol­den Ticket, riche et hy­bride (avec cuivres, gui­tare, cla­viers, sam­plés ou non), per­met à Bid­dines d’ex­pri­mer tout son ta­lent. Une réus­site es­ti­vale qui ne craint pas la pé­remp­tion… é t u m zi a k c o r Gol­den Ticket [Lex Re­cords]

Sur le pa­pier, l’as­so­cia­tion est for­cé­ment sur­pre­nante. Fe­de­ri­co Pel­le­gri­ni, le French Cow­boy nan­tais (ex Lit­tle Rab­bits), et la mu­si­cienne co­réenne E’ Joung-Ju, spé­cia­liste du geo­mun­go (un ins­tru­ment tra­di­tion­nel), pou­vaient-ils s’en­tendre ? Dû à un pro­gram­ma­teur de salle au flair cer­tain – le duo donne en­semble des concerts de­puis fin 2013 –, le pa­ri se ré­vèle payant. Bien qu’ils viennent d’ho­ri­zons et de cultures dif­fé­rents, le dia­logue entre les deux ar­tistes existe bien. Il prend la forme de sept chan­sons mu­tantes. On pour­rait les éti­que­ter folk an­ti-conven­tion­nelle, rock bi­zarre, mais on se­rait en­core loin du compte tant l’ho­ri­zon de Moon Go­go est to­ta­le­ment écla­té. D’abord parce que le geo­mun­go, avec son 1,60 m de lon­gueur et ses six cordes, offre un large éven­tail de pos­si­bi­li­tés à la fois ryth­miques et mé­lo­diques. Sur­tout, la com­pli­ci­té de Pel­le­gri­ni et Joung-Ju les amène par­tout où ils veulent al­ler d’au­tant qu’ils re­çoivent le ren­fort d’un per­cus­sion­niste. Sur « She Says », por­té par un syn­thé hys­té­rique, ils partent même briè­ve­ment dans une transe élec­tro avant de re­tom­ber sur leurs pieds. Chan­té en an­glais, In­ter­na­tio­nal mé­rite bien son in­ti­tu­lé. Es­pé­rons d’ailleurs que l’aven­ture ait une suite…

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