La jungle du rock

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Pour sa 13e édi­tion, le pre­mier fes­ti­val rock d’Île-de-France a fait ru­gir de ses am­plis un son es­sen­tiel­le­ment an­glo-saxon qui a sé­duit 120 000 fes­ti­va­liers. Retour sur trois jours de rock'n'roll qui ont af­fi­ché com­plet.

Du 28 au 30 août der­nier, le fes­ti­val Rock en Seine a été sou­te­nu par la clé­mence de la météo. Après une mise en place sous une pluie tor­ren­tielle, où l'on a pu sa­luer la per­for­mance de l'équipe tech­nique, les fes­ti­va­liers n'ont vu le ven­dre­di soir que quelques ré­si­dus de boue sui­vis de deux jours de soleil tout à fait es­ti­val. Ils ont ain­si pu pro­fi­ter du Do­maine na­tio­nal de Saint-Cloud et de la vue sur sa grande cas­cade du XVIIe siècle dans le bas­sin de la­quelle les or­ga­ni­sa­teurs avaient pla­cé le nom du fes­ti­val en néon jaune. Une ins­tal­la­tion du plus beau contraste qui a été le dé­cor pour de nom­breux sel­fies sou­ve­nirs. Des sou­ve­nirs il y en a sur­tout eu sur les quatre scènes du fes­ti­val qui ont lais­sé en­vo­ler leurs rythmes rock avec une pro­gram­ma­tion poin­tue.

Le pre­mier jour a ac­cueilli, après les ré­vé­la­tions fé­mi­nines confir­mées par Kate Tem­pest et Jeanne Ad­ded, la for­ma­tion FFS, com­pre­nez Franz Fer­di­nand et les Sparks qui ont trou­vé une vé­ri­table sym­biose mu­si­cale. Les frin­gants sexa­gé­naires frères Mael tou­jours pince-sans-rire et les FF avec son chan­teur vi­re­vol­tant Alex Ka­pra­nos nous ont li­vré un concert mé­lo­dique et équi­li­bré entre re­prises de cha­cun et nouvel al­bum com­mun. Cette ren­contre trans­gé­né­ra­tion­nelle a abou­ti à un projet créa­tif pop-rock pour le plus grand plai­sir du pu­blic. À leur suite sur la même scène de la Cas­cade, Fauve don­nait le der­nier concert de leur tour­née et an­non­çait de­vant un pu­blic conster­né qu’ils al­laient faire une pause qui pour­rait être longue… Sur la grande scène, les quatre Ca­li­for­niens de Off­spring avec leur son punk-rock cou­vraient par leurs dé­ci­bels le Bres­tois Mios­sec qui se pro­dui­sait en même temps sur la scène de l'In­dus­trie et chan­tait son ré­per­toire mé­lan­co­lique et beau­coup plus in­ti­miste. La grande scène ac­cueillait en clô­ture de ce pre­mier soir les so­no­ri­tés vrom­bis­santes des in­clas­sables Ka­sa­bian. Le qua­tuor de Lei­ces­ter me­né par son chan­teur Tom Mei­ghan et son gui­ta­riste Sergio Piz­zor­no (ha­billé d'une te­nue noire à bandes blanches qui lui don­nait l'air d'un sque­lette) a dé­li­vré des titres de son der­nier al­bum 48:15.

Le len­de­main, sa­me­di, la pro­gram­ma­tion était moins en adé­qua­tion avec nos pen­chants mu­si­caux. En fin d’après-mi­di, la grande scène a vu dé­fi­ler quelques poin­tures du rock amé­ri­cain et an­glais dont Ste­reo­pho­nics et In­ter­pol. Entre les deux, nous avons pu dé­cou­vrir étienne Da­ho, un peu dé­con­cer­tant dans cette pro­gram­ma­tion. Après 30 minutes, le grand étienne s’est dé­ten­du et a en­chaî­né ses tubes re­pris par des au­di­teurs conquis dont cer­tains étaient en­core au bi­be­ron à l’époque de leur sor­tie. Le meilleur ou l’un des meilleurs mo­ments de ce jour a ré­son­né de so­no­ri­tés élec­tro avec le DJ amé­ri­cain d’ori­gine slo­vène Gra­ma­tik. Un sa­vant mé­lange pro­duit par De­nis Ja­sa­re­vic qui a os­cil­lé entre beats funk, mon­tées acid et grosses basses tech­no. Et pour fi­nir cette jour­née, les Li­ber­tines n'ont pas fait faux bond. Connu pour ses frasques et ses an­nu­la­tions de concert, Pete Do­her­ty a même été ponc­tuel en ce sa­me­di soir bien que sa triste pres­ta­tion ait dé­tour­né les pro­jec­teurs vers son com­parse Carl Ba­rât bien plus à l’aise.

Pour le der­nier jour, di­manche, le rock s’est lais­sé ber­cer de tem­pi élec­tro. Tout a com­men­cé par les An­glais de Hot Chip dès le mi­lieu d’après-mi­di avec leur élec­tro pop sym­pho­nique en­tê­tante, sui­vis par la soul funk des Lon­do­niens de Jungle, sa­vam­ment en­traî­nante mais qui se cherche en­core. Deux heures plus tard, tou­jours d’Outre-Manche a dé­bar­qué le trio Alt-J. Pour conti­nuer à sa­tis­faire les ama­teurs de sons élec­tro­niques, une fin en beau­té avec les Che­mi­cal Bro­thers, maîtres de l’élec­tro an­glaise « made in Man­ches­ter » de­puis 1992. Tom Row­lands et Ed Si­mons ont donc clô­tu­ré cette 13e édi­tion tout en puis­sance so­nore et vi­suelle, en­chaî­nant dans un gi­gan­tesque mix tous leurs sa­voir-faire afin de trans­for­mer le parc de St-Cloud en un dan­ce­floor géant… Fran­çois Mis­so­nier, le fon­da­teur et di­rec­teur de Rock en Seine, nous avait pro­mis une édi­tion pleine de sur­prises. Pas de doute, mis­sion ac­com­plie… Valérie Du­pretz

www.ro­cken­seine.com

Hot Chip.

The Li­ber­tines. Sergio Piz­zor­no de Ka­sa­bian.

The Che­mi­cal Bro­thers.

Alex Ka­pra­nos (Franz Fer­di­nand) pour le projet FFS.

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