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J’ai gran­di au mi­lieu des ra­dios et des postes de té­lé­vi­sion que mon père ré­pa­rait pour le quar­tier – en ama­teur. J’ai aus­si pas­sé beau­coup de temps de­vant un Re­Vox C36 à écou­ter Gé­rard Phi­lipe me ra­con­ter « Le Pe­tit Prince ». Lorsque mon père es­sayait de nous en­re­gis­trer sur son ma­gné­to, sur­gis­saient écho et lar­sen qui ont sans doute mar­qué ma mé­moire. Je reste au­jourd’hui un amou­reux du texte, de la voix, et de son ma­riage avec le monde des sons, de tous les sons. Je suis à la fois mu­si­cien au­to­di­dacte et adepte de l’im­pro­vi­sa­tion –per­cus­sion et syn­thé­ti­seur ana­lo­gique – et in­gé­nieur du son. J’ai de­puis mon plus jeune âge dé­ci­dé de ne ja­mais choi­sir entre la poé­sie et les sciences, ac­cep­tant de tan­tôt re­gar­der le ciel sim­ple­ment en m’émer­veillant de sa beau­té, tan­tôt en es­sayant de com­prendre ses lois phy­siques. Après avoir réa­li­sé des bandes so­nores et mu­si­cales pour le théâtre pen­dant quinze ans, je me suis lan­cé dans la créa­tion de spec­tacles mu­si­caux met­tant en scène le tra­vail du son, à tra­vers des créa­tions per­son­nelles ou l’exploration du ré­per­toire. En 2012, j’ai créé La face ca­chée de la lune – d’après The Dark Side Of The Moon des Pink Floyd – qui connaît de­puis trois ans un beau suc­cès sur les routes de France. L’his­toire de la com­pa­gnie In­ouïe...

Je di­rige la com­pa­gnie In­ouïe de­puis 1999. La com­pa­gnie était ini­tia­le­ment tour­née vers la pro­duc­tion de disques, puis s’est ré­orien­tée en 2002 vers le spec­tacle vi­vant. Sa par­ti­cu­la­ri­té est d’abor­der la mu­sique comme un art des sons, al­lant donc du cô­té des mu­siques élec­tro-acous­tiques mais pou­vant in­clure toutes les es­thé­tiques : ses spec­tacles se fondent sur une connais­sance ap­pro­fon­die de la fa­çon dont nous per­ce­vons les sons, la fa­çon dont nous écou­tons le monde. L’écoute est le maître mot de mes créa­tions. La pro­chaine créa­tion ?

La pro­chaine créa­tion s’in­ti­tu­le­ra Concert pour le temps pré­sent. Elle s’ar­ti­cule au­tour de la fi­gure de Pierre Hen­ry. On y en­ten­dra :

« Fan­fare et arc-en-ciel », créa­tion acous­ma­tique de Pierre Hen­ry spé­cia­le­ment com­po­sée pour ce spec­tacle, qui se­ra donc une pièce sur sup­port, jouée, spa­tia­li­sée sur un or­chestre de cin­quante haut-par­leurs – sur scène et dans la salle – par Étienne Bul­tin­gaire. La pièce est une com­po­si­tion d’au­jourd’hui s’ap­puyant sur des ex­pé­ri­men­ta­tions da­tant des an­nées 70 sur des lar­sens et du pia­no pré­pa­ré.

« Fu­sion A.A.N. », créa­tion de Thier­ry Ba­lasse s’ap­puyant sur di­verses tech­niques et ins­tru­ments ori­gi­naux : des lar­sens réa­li­sés en di­rect avec les « ba­glar­sen », ins­tru­ment que j’ai in­ven­té en 2002, un pia­no pré­pa­ré, la re­cons­ti­tu­tion du spa­tia­li­sa­teur du GRM des an­nées 50 – qui fut dé­truit –, un sys­tème de trai­te­ment nu­mé­rique à haute fré­quence Py­ra­mix trai­tant gui­tare, basse et syn­thé­ti­seur, et des per­cus­sions sur Hang et vasque d’eau. Le tout spa­tia­li­sé sur l’or­chestre de haut-par­leurs.

Enfin « Messe pour le temps pré­sent », la pièce « culte » de Pierre Hen­ry créée en 1967 pour un bal­let de Maurice Bé­jart, qui n’a ja­mais été jouée sur scène – elle n’existe que sur bande de­puis 1967. Nous re­trou­ve­rons pour ce­la les gestes du com­po­si­teur en stu­dio – no­tam­ment des lar­sens de console – com­bi­nés à l’uti­li­sa­tion de syn­thé­ti­seurs ana­lo­giques Mi­ni­moog, Syn­thi AKS et Do­mi­nion. Nous réa­li­se­rons sur scène, pour la pre­mière fois, cette fu­sion no­va­trice à cette époque de la mu­sique pop – bat­te­rie, basse, gui­tare, orgue Ham­mond – et des sons élec­tro­niques des an­nées 60. Un mot sur les ar­tistes sol­li­ci­tés…

On re­trou­ve­ra sur scène une par­tie de l’équipe de La face ca­chée de la lune – Éric Loh­rer à la gui­tare, Éric Gro­leau à la bat­te­rie, An­to­nin Rayon à l’orgue, Be­noît Meu­rant à l’élec­tro­nique – avec une nou­velle ve­nue dans la com­pa­gnie, Élise Blan­chard à la basse. Il y au­ra aus­si Cé­cile Mai­son­haute à l’élec­tro­nique et au pia­no pré­pa­ré. Je te­nais à ce qu’il y ait du pia­no pré­pa­ré dans ce projet, tou­jours en hom­mage à Pierre Hen­ry qui a beau­coup tra­vaillé la ques­tion. Les mu­si­ciens s’ac­cordent à pen­ser que c’est John Cage qui a in­ven­té ce prin­cipe qui consiste à ve­nir in­sé­rer des bou­lons, des vis, des ron­delles, des mor­ceaux de gomme entre les cordes du pia­no, le trans­for­mant ain­si en ins­tru­ment à per­cus­sion aux timbres va­riés et inouïs. Quelques dates…

Le spec­tacle se­ra créé à la Mai­son de la Mu­sique de Nan­terre les 3 et 4 oc­tobre 2015, puis se­ra joué à Paris, au Théâtre de la Ci­té In­ter­na­tio­nale les 8, 9 et 10 oc­tobre 2015. Il se­ra en­suite en tour­née en France à par­tir de jan­vier 2016. Les dates sont dis­po­nibles sur le site de la com­pa­gnie In­ouïe : http://in­ouie94.free.fr Mi­chelle Da­vène Concert pour le temps pré­sent

[Com­pa­gnie In­ouïe] http://in­ouie94.free.fr En concert les 3 et 4 oc­tobre à La Mai­son de la Mu­sique

de Nan­terre (92).

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