L’ex­cep­tion ? La prise de son « live » !

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Du fait des nom­breuses contraintes liées à la scène, la prise de son « live » échappe à toutes les règles que nous avons énu­mé­rées ! Pour­quoi croyez-vous que les pia­nos nu­mé­riques fleu­rissent sur les scènes du monde en­tier ? Sa­vez-vous que cer­tains « grand queues » soi­gneu­se­ment clos n’ont que l’ap­pa­rence de l’ins­tru­ment tra­di­tion­nel et cachent un lec­teur d’échan­tillons ? Cer­tains autres vrais pia­nos sont dou­blés d’un dis­po­si­tif MI­DI qui per­met le pi­lo­tage d’un nu­mé­rique ad­di­tion­nel. En ef­fet, la so­no­ri­sa­tion de l’ins­tru­ment est très tech­nique ! Sur scène, plus en­core qu’en stu­dio, nous de­vons im­pé­ra­ti­ve­ment l’iso­ler et… il ne se laisse pas faire ! Sa table d’harmonie et son mi­lieu ré­so­nant consti­tuent un for­mi­dable ré­cep­teur acous­tique en « ac­cueillant » et am­pli­fiant tous les autres ins­tru­ments de la for­ma­tion. Un pe­tit so­lo sur des mi­cros de pia­no peu iso­lés fait tout de suite ap­pa­raître un très gros ni­veau de basse… (nor­mal, les ré­so­nances graves sont va­lo­ri­sées par la table), mais aus­si les cym­bales ! Une toute pre­mière règle ? L’iso­la­tion so­li­dienne ! Pour évi­ter que le pia­no ne re­çoive trop de vi­bra­tions par les pieds, par exemple, je l’isole sou­vent d’un plan­cher vi­brant par des pe­tits car­rés de mo­quette en plu­sieurs épais­seurs. Il peut éga­le­ment être in­té­res­sant et ef­fi­cace de faire bar­rage aux des­sous de la table d’harmonie qui, bien sûr, reste sen­sible sur sa face in­fé­rieure ! Con­trai­re­ment aux idées re­çues, il ne suf­fit pas de fer­mer le cou­vercle pour l’iso­ler de son en­vi­ron­ne­ment !

Mal­gré ces pré­cau­tions « phy­siques », les im­pé­ra­tifs de ren­de­ment so­nore nous obligent à un pla­ce­ment rap­pro­ché des mi­cros En ex­trême proxi­mi­té, des ar­te­facts vont ap­pa­raître (pré­do­mi­nance ou dis­pa­ri­tion de cer­tains « spots » de re­gistre, cou­leurs ac­cen­tuées ou gom­mées) et il fau­dra donc les cor­ri­ger. Or l’ins­tru­ment ne fait pas de ca­deau ! Comme il est na­tu­rel­le­ment très équi­li­bré, les cor­rec­tions in­tru­sives se paient cash. Un bas-mé­dium de­ve­nu un peu lourd et donc cor­ri­gé sur deux ou trois points fi­ni­ra par rendre le pia­no ai­gre­let, à l’in­verse, un pia­no creu­sé, même lo­ca­le­ment, dans le re­gistre haut-mé­dium va vite man­quer de clar­té ! Vous l’avez com­pris, l’éga­li­sa­tion de so­no­ri­sa­tion du pia­no est as­sez acro­ba­tique et de­mande de l’ex­pé­rience ! Je ne connais pas deux so­no­ri­sa­teurs pre­nant le pia­no de la même ma­nière ! Il nous ar­rive même de re­cou­rir à des mi­cros de contact comme les Schert­ler Col­lés sur la table d’harmonie, ces cap­teurs per­mettent de ga­gner en ni­veau même s’il faut les trai­ter vi­gou­reu­se­ment pour ré­équi­li­brer le spectre !

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