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Le cof­fret contient votre pre­mier al­bum en de­hors de Can, le très élec­tro­nique Toy Pla­net. Quel en a été le point de dé­part ?

Ir­min Sch­midt : Je l’ai com­po­sé avec le jazz­man Bru­no Spoer­ri que j’ai ren­con­tré alors qu’il don­nait une confé­rence. On était en 1978 et lui dé­cla­rait : « Le syn­thé n’est pas en­core vrai­ment un ins­tru­ment ». J’étais ra­vi, c’était aus­si mon opi­nion ! Je lui ai pro­po­sé de conce­voir un disque en­semble. On a seule­ment uti­li­sé des ins­tru­ments élec­tro­niques, un Pro­phet-V et un autre syn­thé – ce­lui qui res­semble à la cap­sule du pro­fes­seur Ne­mo –, on a bri­co­lé des bandes. Je vou­lais prou­ver que c’était pos­sible d’en­re­gis­trer un al­bum sans ins­tru­ments tra­di­tion­nels. Même si des jeunes trouvent tou­jours cet al­bum mo­derne, ce mode de fonc­tion­ne­ment ne m’a pas pa­ru, à l’époque, sa­tis­fai­sant. Quelle est votre concep­tion de l’élec­tro­nique ?

Je ne crois pas que son but soit de rem­pla­cer les autres ins­tru­ments. Quand le saxo­phone a été in­ven­té au XIXe siècle, per­sonne ne pen­sait qu’il était là pour prendre la place du bas­son ou de la cla­ri­nette ! En re­vanche, ce qui est fas­ci­nant, c’est quand un ins­tru­ment connaît une re­nais­sance. C’est ar­ri­vé pour le vio­lon quand Bee­tho­ven a com­po­sé son con­cer­to, la même chose avec le saxo­phone et Char­lie Par­ker, la gui­tare élec­trique et Ji­mi Hen­drix… Vous n’étiez pas content des pre­miers syn­thé­ti­seurs ?

Non, par exemple, uti­li­ser un Moog en concert, c’était im­pos­sible. Je me suis tou­jours amu­sé à re­gar­der jouer live les groupes pos­sé­dant un Moog. On voit le cla­vier, le casque sur les oreilles, cher­cher, cher­cher et puis, sou­dain, il a un grand sou­rire, il a trou­vé… sauf que le groupe est dé­jà par­ti ailleurs. Moi, je vou­lais un ins­tru­ment qui aille dans le sens de Can, avec le­quel je pou­vais jouer spon­ta­né­ment. J’ai des­si­né un pro­ces­seur d’ef­fets que j’ai ap­pe­lé Alpha 77. Un in­gé­nieur me l’a construit. Avec, je pou­vais fil­trer, uti­li­ser le ring mo­du­la­tor, la ré­verb, les os­cil­la­teurs au­dio. Il y avait aus­si une tape loop et des têtes de lec­ture pour l’écho. Je n’avais qu’à ap­puyer sur un in­ter­rup­teur pour en­clen­cher ou non ces ef­fets tout en jouant du pia­no élec­trique ou de l’orgue – tous les deux des Far­fi­sa. À l’époque, j’avais éga­le­ment un pré­amp re­lié à l’orgue. Si je le sa­tu­rais, ça pro­dui­sait un son in­fer­nal qu’on en­tend sur cer­tains mor­ceaux de Can. Quels sont les syn­thé­ti­seurs qui vous ont plu ?

Mais au­cun ! Par exemple, sur l’al­bum Toy Pla­net, il y a ce mor­ceau ra­pide

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