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e do­cu­men­taire, tout sim­ple­ment in­ti­tu­lé Muscle Shoals, du nom du bled pau­mé de l’Ala­ba­ma où se trouvent les fa­meux stu­dios, pro­duit et réa­li­sé par Greg Ca­ma­lier, a per­mis aux ama­teurs d’en sa­voir plus sur Rick Hall, le fon­da­teur du stu­dio Fame (Flo­rence Ala­ba­ma Mu­sic En­ter­prises), sur le Muscle Shoals Sound, sur les mu­si­ciens mai­son, sur les ar­tistes et les pro­duc­teurs ve­nus de par­tout y en­re­gis­trer les plus grands hits de l’époque. « I'll Take You There », « Brown Su­gar » ou « When A Man Loves A Wo­man » : des titres fa­meux, et lar­ge­ment pri­més, qui donnent un aper­çu de la qua­li­té du tra­vail ef­fec­tué (mu­sique et son) au sein de ce qui était de­ve­nu une ins­ti­tu­tion au dé­but des an­nées 70. Des pro­duc­teurs tels que Jer­ry Wex­ler se dé­pla­çaient de New York, avec des ar­tistes comme Are­tha Frank­lin ou Wil­son Pi­ckett, pour y trou­ver le lé­gen­daire Muscle Shoals Sound. Cu­rieux tout de même que tous ces ar­tistes noirs, de soul et de rhythm’n’blues, viennent se faire « ba­cker » par des mu­si­ciens blancs, dans une par­tie du pays, le Sud pro­fond, où la sé­gré­ga­tion est en­core lar­ge­ment de mise. Une his­toire ra­con­tée par de nom­breux té­moi­gnages et do­cu­ments rares qui ré­sonne en­core de nos jours, où les stu­dios et les équipes de mu­si­ciens de cette sorte ont pra­ti­que­ment dis­pa­ru. Le docu, pro­duit en 2013, et qui avait fait sa pre­mière au Sundance Film Fes­ti­val, est dis­po­nible au­jourd’hui en DVD et en Blu-ray : « Muscle Shoals, the in­cre­dible true sto­ry of a small town with a big sound » (Ma­gno­lia Pic­tures).

Série TV

La chose ne s’ar­rête pas là puisque John­ny Depp, en col­la­bo­ra­tion avec Ch­ris­ti Dem­brows­ki de In­fi­ni­tum Ni­hil, s’est dé­ci­dé à pro­duire une série té­lé (un TV dra­ma) tirée du docu d’ori­gine. Par­mi les par­te­naires du projet, on no­te­ra d’abord la pré­sence du réa­li­sa­teur Greg Ca­ma­lier, qui réa­li­sa le pre­mier docu, mais aus­si de Richard Bran­son, Jason Felkts et Jus­tin Ber­field de Vir­gin ou Jo­shua D. Mau­rer et Alixandre Wit­lin, de Ci­ty En­ter­tain­ment.

Pen­dant des an­nées, des mu­si­ciens (The Rol­ling Stones ou The All­man Bro­thers) et des ar­tistes par di­zaines sont ve­nus de par­tout dans le monde dans cet Ala­ba­ma pois­seux pour pro­fi­ter de ce « sound ». Ce der­nier, outre qu’il soit le ré­sul­tat de l’ex­cellent tra­vail des « équipes tech­niques », in­gé­nieurs du son, ar­ran­geurs et pro­duc­teurs, était en grande par­tie dû à l’équipe de mu­si­ciens consti­tuée au­tour de la Muscle Shoals Rhythm Sec­tion, qui s’était don­né le nom pour le moins peu poétique de The Swam­pers (ceux des ma­ré­cages !). En 1969, les mu­si­ciens de Fame, Bar­ry Be­ckett (cla­viers), Ro­ger Haw­kins (bat­te­rie), Jim­my John­son (gui­tare) et Da­vid Hood (basse), montent un stu­dio concur­rent ap­pe­lé Muscle Shoals Sound Stu­dio (M.S.S.S.) et vont tra­vailler éga­le­ment avec At­lan­tic. Outre Wil­son Pi­ckett, ils en­re­gistrent aus­si les al­bums de Cher, Ron­nie Haw­kins et des Rol­ling Stones. Ils ac­com­pagnent éga­le­ment Are­tha Frank­lin à Mia­mi. Stax Re­cords leur en­voie Ed­die Floyd et The Staple Sin­gers. En quelques an­nées, ces mu­si­ciens blancs de l'Ala­ba­ma de­viennent une ré­fé­rence in­con­tour­nable dans le monde de la mu­sique noire. Vont en­re­gis­trer aus­si à M.S.S.S. Joe Co­cker, J.J. Cale, Bob­by Wo­mack, Lin­da Rons­tadt, Ed­dy Mit­chell (alors sur la route de Mem­phis, un peu plus au nord !), Ry Coo­der, Jim­my Cliff, Traf­fic, Rod Ste­wart, Simon & Gar­fun­kel, James Brown, Dire Straits, Bob Dy­lan ou Carlos San­ta­na…

Le la­bel et le stu­dio Fame (ins­tal­lés dans une an­cienne usine de ta­bac), créés par Rick Hall au dé­but des an­nées 60, vont dé­cro­cher la tim­bale en 66 avec le mé­ga hit de Per­cy Sledge « When A Man Loves A Wo­man ». Comme le disque est dis­tri­bué par At­lan­tic Re­cords, le vice-pré­sident de cette dé­jà ma­jeure mai­son de disques, Jer­ry Wex­ler, va pro­gres­si­ve­ment y faire ve­nir en­re­gis­trer ses ar­tistes. Après Wil­son Pi­ckett, c’est au tour d’Ar­thur Con­ley, puis de Cla­rence Car­ter et d’Are­tha Frank­lin de pas­ser à la mou­li­nette Muscle Shoals. Le la­bel Chess Re­cords, de Chi­ca­go, qui a pour­tant son propre stu­dio, va pra­ti­quer la même opé­ra­tion avec Et­ta James, tout comme Ca­pi­tol Re­cords… Klaus Blas­quiz

Un groupe de mu­si­ciens de stu­dio, The Swam­pers, de­vant le Muscle Shoals Sound Stu­dio à Muscle Shoals, en Ala­ba­ma.

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