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« les mé­ta­don­nées, c’est la carte d’iden­ti­té d’une oeuvre, ce qui per­met de l’iden­ti­fier et de flé­cher les mon­tants liés à son ex­ploi­ta­tion vers ses pro­prié­taires. » Ch­ris­tophe Wai­gnier (Di­rec­teur Res­sources et Stra­té­gie) (fi­gure 1) nous ex­plique l’en­jeu des mé­ta­don­nées en 2015 : « De­puis plus de quinze ans, la culture et les in­dus­tries créa­tives sont au coeur de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique des usages de consom­ma­tion. Vé­ri­table pion­nier, le sec­teur de la mu­sique a lar­ge­ment contri­bué à cette trans­for­ma­tion. Le nu­mé­rique a in­tro­duit une dis­sé­mi­na­tion des conte­nus cultu­rels et l’explosion de leur ac­ces­si­bi­li­té. Plus de 80 mil­lions de pro­duits mu­si­caux nu­mé­riques sont ain­si au­jourd’hui ex­ploi­tés sur la toile. Ces conte­nus sont sou­vent échan­gés et par­fois re­com­po­sés sur les plates‐formes so­ciales par­tout dans le monde sans qu’il soit tou­jours pos­sible de conser­ver la trace de leur iden­ti­fi­ca­tion, ni d’at­tri­buer aux ayants droit la ré­mu­né­ra­tion qui leur est due. La tech­no­lo­gie per­met aus­si aux opé­ra­teurs de l’in­ter­net de tra­cer l’écoute d’une oeuvre de n’im­porte quel consom­ma­teur dans le monde, sur toutes les in­ter­faces et quel que soit l’usage. Ces don­nées sont trans­mises chaque mois par les opé­ra­teurs de ser­vices tels que YouTube, Spo­ti­fy ou Dee­zer aux so­cié­tés d’au­teurs et re­pré­sentent un vo­lume crois­sant d’in­for­ma­tions à trai­ter. À titre d’exemple, la Sacem a trai­té 3 mil­liards de don­nées d’usage en 2014, vo­lume qui se­ra mul­ti­plié au mi­ni­mum par dix d’ici cinq ans et qui fait d’elle une so­cié­té de la “Big Da­ta”. L’abon­dance de conte­nus dis­po­nibles sur in­ter­net et leur dis­tri­bu­tion vi­rale, cou­plée à l’exi­gence de per­son­na­li­sa­tion des consom­ma­teurs, né­ces­sitent l’uti­li­sa­tion crois­sante d’in­for­ma­tions qua­li­ta­tives as­so­ciées aux conte­nus mu­si­caux, “les mé­ta­don­nées”. Ces mé­ta­don­nées sont donc une clé pour pou­voir me­su­rer les usages, iden­ti­fier les oeuvres et éga­le­ment re­ven­di­quer les droits de nos membres à l’ère du “Big Da­ta”. »

Les nou­veaux ac­teurs au pro­fit de mé­ta­don­nées de qua­li­té

La Sacem n’oeuvre pas seule dans ce do­maine, elle a be­soin de nou­veaux ac­teurs qui sont pour elle une vé­ri­table op­por­tu­ni­té pour amé­lio­rer ses pro­ces­sus no­tam­ment d’iden­ti­fi­ca­tion et pro­po­ser de nou­veaux ser­vices à ses membres et ses clients. Ch­ris­tophe Wai­gnier ajoute : « Si le par­te­na­riat avec Bmat est le plus abou­ti à ce jour, nous ren­con­trons ré­gu­liè­re­ment de nou­veaux ac­teurs avec qui nous me­nons des ré­flexions pous­sées, des “Proof Of Concept” et dif­fé­rents types de par­te­na­riat (Ever­gig, Sim­bals, Te­le­com Pa­ris, ZFER, BLITZR, TEEZIR et bien sûr Trans­pa­ren­cy – Rights Ma­na­ge­ment…). »

Nous avons ren­con­tré Jean-Fran­çois Bert, CEO et fon­da­teur de Trans­pa­ren­cy – Rights Ma­na­ge­ment (fi­gure 2), d’après lui, « les mé­ta­don­nées servent à qua­li­fier le conte­nu, ce qui per­met de le re­com­man­der et de le trou­ver ai­sé­ment, mais aus­si à qua­li­fier les ayants droit, ce qui leur per­met d'être ré­mu­né­rés. Des mé­ta­don­nées par­cel­laires en­traînent une ex­ploi­ta­tion et une ré­mu­né­ra­tion par­cel­laires. Dit de fa­çon plus ima­gée, mettre du conte­nu sur in­ter­net sans mé­ta­don­nées cor­rectes est aus­si ma­lin que de dis­tri­buer des flyers pour un concert sans mettre le nom de la salle. Au­jourd'hui sur les plates‐formes, à cause des mé­ta­don­nées dé­fec­tueuses, une par­tie im­por­tante des re­ve­nus des créa­teurs n'est pas dis­tri­buée aux bonnes per­sonnes ou pas dis­tri­buée du tout. C'est un pro­blème qui va s'ac­cen­tuer avec la mul­ti­pli­ca­tion des usages à la de­mande et l’au­to­pro­duc­tion des conte­nus. Quand on constate qu'une bonne par­tie des conte­nus au­to­pro­duits sur YouTube uti­lise ou dé­tourne des créa­tions mu­si­cales ou ci­né­ma­to­gra­phiques, et qu'on ra­joute à ce­la ce qui se passe sur Sound­Cloud ou Fa­ce­book, nous sommes clai­re­ment face à un en­jeu de tra­ça­bi­li­té qui va for­cer la fi­lière à ré­agir. »

Un autre nou­vel ac­teur, Jean-Ro­bert Bi­saillon (Pré­sident et Di­rec­teur Gé­né­ral de TGiT), pré­co­nise de s’as­su­rer que l'en­semble des contri­bu­teurs

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