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Si on met de cô­té la BO du Voyage dans la lune de Mé­liès, le der­nier al­bum d’Air date de six ans. Vous man­quiez d’ap­pé­tit pour la mu­sique ?

Ni­co­las Godin : Je n’avais rien à dire concrè­te­ment. C’est en re­fai­sant de la mu­sique dans mon coin, pour moi et non pas pour les autres, que le goût est re­ve­nu et que j’ai eu en­vie d’en­re­gis­trer. J’en­ten­dais des choses dans ma tête… ça fai­sait long­temps que ça ne m’était pas ar­ri­vé. Je suis re­tour­né en stu­dio et j’ai uti­li­sé tout le ma­tos pour cher­cher des timbres qui m’in­té­res­saient, pour en­tendre dans les en­ceintes ce que j’avais dans la tête et me li­bé­rer de ce que j’en­ten­dais. Je fonc­tionne beau­coup en ima­gi­nant des en­droits ima­gi­naires que j’ai en­vie de faire dé­cou­vrir aux gens. Tout à coup, j’ai dé­cou­vert de nou­veaux méandres, de nou­velles géo­gra­phies. Et c’est Bach qui a été votre guide ? Com­ment le dé­clic a-t-il eu lieu ?

Il est ve­nu en 2007 de la vi­sion des films de Bru­no Mon­sain­geon sur Glenn Gould. Nous étions en tour­née avec Air et un des mu­si­ciens, Vincent Tau­relle, avait ame­né plein de DVD mu­si­caux pour les longs tra­jets en bus. En voyant Gould jouer Bach, j’ai été scot­ché de­vant la té­lé. J’ai dé­ci­dé que, en ren­trant de tour­née, j’ap­pren­drais le Cla­vier bien tem­pé­ré, une grosse oeuvre de Bach as­sez com­pli­quée et très chro­no­phage. J’ai pris un pro­fes­seur et j’ai joué du pia­no de 9 h à 12 h tous les jours jus­qu’à cette an­née. Ça a été beau­coup de tra­vail mais aus­si du plai­sir. J’ai des amis qui se pré­parent pen­dant deux ans pour faire le ma­ra­thon de New York, mon dé­fi per­son­nel a été de jouer le Cla­vier bien tem­pé­ré. Ce qui est bien avec Bach c’est que tu peux y al­ler très pro­gres­si­ve­ment. C’est d’ailleurs le prin­cipe d’une fugue : au dé­part c’est simple et ça s’étoffe au fur et à me­sure.

Quelle était votre connais­sance de la mu­sique clas­sique ?

Ce que j’en sa­vais, je le te­nais de Jean-Be­noît (l’autre moi­tié de Air – NdlR) et de tous les com­po­si­teurs de films qui m’ont ins­pi­ré. John Bar­ry, En­nio Mor­ri­cone, Mi­chel Le­grand connais­saient Bach sur le bout des doigts.

Et le sol­fège ?

Je suis au­to­di­dacte et gui­ta­riste de for­ma­tion. La mu­sique, je l’ai ap­prise avec des ins­tru­ments pas for­cé­ment bien ac­cor­dés, en ayant une oreille re­la­tive. Ap­prendre le Cla­vier bien tem­pé­ré, ça consti­tue une sorte de gram­maire mu­si­cale tant Bach uti­lise toutes les com­bi­nai­sons pos­sibles du sol­fège. Je me

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