Ba­li­nese Ga­me­lan II

L’art du gong

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James et Dan, les deux com­pères an­glais de So­nic­cou­ture, aiment les ins­tru­ments rares. Qua­si mu­si­co­lo­gique, leur ap­proche est tou­jours brillante, mu­si­cale, do­cu­men­tée et hors des sen­tiers bat­tus. Ba­li­nese Ga­me­lan II en est le par­fait exemple.

Ba­li­nese Ga­me­lan II (BGII) c’est en fait deux Ga­me­lan dis­tincts : le ga­me­lan Se­ma­ra­da­na (Londres) et le ga­me­lan Ba­tel Ra­maya­na (To­ron­to). Cha­cun, dis­po­nible sous forme d’un unique ins­tru­ment Kon­takt, a été sam­plé en sté­réo à 24 bits / 96 kHz et bé­né­fi­cie de trois à vingt layers de round-ro­bin et jus­qu’à quinze layers de vé­lo­ci­té. Ce n’est pas un luxe pour des ins­tru­ments très dy­na­miques et vé­loces qui jouent beau­coup sur les notes ré­pé­tées. Avec BGII, pas de risque d’ef­fet mi­traillette. La plu­part des ins­tru­ments d’un ga­me­lan sont des la­mel­lo­phones de bronze ou de mé­tal que l’on joue soit en lais­sant ré­son­ner la note, soit en étouf­fant la pré­cé­dente avec la main gauche alors qu’on joue la nou­velle avec un maillet en forme de pe­tit mar­teau à la main droite (pour un droi­tier). Ce­la per­met de jouer des lignes mé­lo­di­co­ryth­miques claires en évi­tant le ca­phar­naüm so­nore si tout ré­son­nait (ima­gi­nez des di­zaines de cloches son­nant toutes à la fois !). Pour re­pro­duire cette tech­nique, chaque ins­tru­ment est en­re­gis­tré en Mute et Ring et on passe de l’un à l’autre par keys­witch. L’en­semble re­pré­sente 14 Go en NCW pour en­vi­ron 8 000 samples. Des mul­tis sont aus­si dis­po­nibles, en pitch ori­gi­nal ou de concert.

Fi­dèle

Les mé­tal­lo­phones sont di­vi­sés en deux sec­tions, celle qui joue la mé­lo­die, gé­né­ra­le­ment lente, et celle qui traite les or­ne­men­ta­tions, sou­vent ra­pides (« gang­sa »). Chaque Ga­me­lan voit la to­ta­li­té de ses ins­tru­ments sam­plée, soit plus de trente au to­tal. Ain­si pour le ga­me­lan Se­ma­ra­da­na, le plus four­ni, on trouve dans les ins­tru­ments ac­cor­dés : Je­gog (x 2), Ca­lung (x 2), Ugal (un seul, comme dans la tra­di­tion), Kan­ti­lan (x 2), Pe­ma­dé (x 2) et Pa­nya­cah (x 2). Pour les per­cus­sions : Ka­jar et Ben­ben­dé (sons ou­verts et étouf­fés), Gen­to­rak, Kem­pli (x 3 joués avec di­vers maillets), Ceng Ceng (joué ser­ré, fer­mé, re­lâ­ché et ou­vert, ain­si que des rythmes) et Ken­dang (x 2). Et pour les gongs : Wa­don, Kem­pur, La­nang et Klen­tong. Le ga­me­lan Ba­tel Ra­maya­na pro­pose quant à lui Kan­ti­lan (x 2) et Pe­ma­dé (x 2) pour les ins­tru­ments ac­cor­dés. Ta­wa Ta­wa, Ka­jar et Ken­dang (x 2) pour les per­cus­sions. Kem­pur et Kle­nong pour les gongs. Le mode d’emploi de 43 pages, té­lé­char­geable, très ins­truc­tif, pro­pose en in­tro­duc­tion un bref his­to­rique du ga­me­lan et dé­taille les ins­tru­ments vus plus haut. L’in­ter­face uti­li­sa­teur, ré­par­tie en trois on­glets, per­met de ré­gler fi­ne­ment les ins­tru­ments. Ga­me­lan Se­tup (fi­gure 1) donne ac­cès aux ré­glages de chaque ins­tru­ment (vo­lume, pan, on/off) ain­si qu’à l’échelle mi­cro­to­nale uti­li­sée et à l’om­bak (nous ver­rons ce concept plus loin). Shape tra­vaille sur l’en­ve­loppe, le filtre et le LFO. La sec­tion Ef­fects di­vi­sée en deux par­ties, pro­pose à gauche six ef­fets si­mul­ta­nés en in­sert (à choi­sir par­mi les seize dis­po­nibles) et à droite une ré­verb à convo­lu­tion.

Om­bak, slen­dro et pe­log

Le ga­me­lan doit sa so­no­ri­té ca­rac­té­ris­tique non seule­ment à sa fac­ture, mais aus­si à son ac­cord. En ef­fet, la plu­part des ins­tru­ments jouent par paire. Une paire c’est un ins­tru­ment fe­melle et mâle, le pre­mier étant lé­gè­re­ment plus grand et bas que le se­cond. La dif­fé­rence de quelques hertz (5 à 8) entre les deux pro­duit un bat­te­ment ca­rac­té­ris­tique, plus ou moins ra­pide, qui fait flot­ter et briller le son : le « om­bak ». Si BG II est li­vré en tem­pé­ra­ment égal pour as­su­rer une com­pa­ti­bi­li­té maxi­male avec nos ins­tru­ments oc­ci­den­taux, So­nic­cou­ture a eu la bonne idée de pro­po­ser aus­si les échelles qui donnent leur sa­veur à la mu­sique ba­li­naise : le slen­dro (échelle à cinq notes plu­tôt équi­dis­tantes dans l’oc­tave) et le pe­log (échelle à sept notes). On peut chan­ger d’ac­cord, et même ac­cor­der les deux ga­me­lans en­semble, chose im­pen­sable à Ba­li, car chaque vil­lage ac­corde son ga­me­lan comme il le sou­haite. Pour ce­la, se rendre dans Se­tup ‐> Tu­ning ‐> Re­tune, et al­ler cher­cher les échelles, des .nka dans le dos­sier Da­ta.

So­nic­cou­ture a en­core frap­pé ! Ba­li­nese Ga­me­lan II est sans conteste le plus fi­dèle et dé­taillé des ga­me­lans vir­tuels dis­po­nibles à ce jour. Il per­met tous les styles, du tra­di­tion­nel à la fu­sion, et fe­ra mer­veille dans la mu­sique de film, les com­po­si­teurs de BO n’hé­si­tant pas à pro­fi­ter de l’ex­pres­si­vi­té de cet en­semble à nul autre pa­reil. Pierre Es­tève

al­ler plus loin… Om­bak •

Ga­me­lan : •

À Pa­ris : •

Shape.

Ef­fets.

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