Cu­benx

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Ele­giac [InFi­né]

Le Mexi­cain exi­lé Ce­sar Ur­bi­na a choi­si de dé­voi­ler Ele­giac le 2 no­vembre, soit le jour de la Fête des Morts. C’est cer­tai­ne­ment la seule con­ces­sion aux traditions qu’il fasse sur un deuxième al­bum qui ne res­pecte pas les for­mats et en­core moins les conven­tions. Que les fans de la pre­mière heure ne soient pas in­quiets, il em­brasse tou­jours l’élec­tro au sens large. Mais, à l’image de son re­fus de se po­ser – il vit entre Mexi­co, Bruxelles, Pa­ris ou Ber­lin –, il fait ici la dé­mons­tra­tion d’im­pres­sion­nants grands écarts sty­lis­tiques. D’une piste à l’autre et par­fois à l’in­té­rieur d’un même mor­ceau, Cu­benx s’ap­puie sur d’in­ces­sants chan­ge­ments ryth­miques et des construc­tions qui, au­tour d’un noyau de nappes mé­lo­diques, créent la sur­prise. Au-de­là de l’in­dé­niable di­men­sion pop de l’en­semble – « Blind­fold », avec Yas­mine Hamdan, ou « Our Fire » que M83 ne re­nie­rait pas –, Ele­giac fas­cine par sa fa­ci­li­té à s’ap­pro­prier les beats du dubs­tep ou la dé­li­ca­tesse de l’elec­tro­ni­ca sans se perdre en route. Si tout l’al­bum sé­duit par sa so­phis­ti­ca­tion et sa fi­nesse, le pro­duc­teur mexi­cain a gar­dé le meilleur pour la fin. « Ross­bach », pas­sant de la bour­rasque à l’ac­cal­mie, et « A Shel­te­ring Sky », hé­si­tant avec grâce entre tech­no et jungle, frappent fort.

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