DAT Politics

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No Void [Shit­ka­ta­pult / La Ba­leine]

Après des réa­li­sa­tions pour les Ja­po­nais de Di­gi­tal Nar­cis, les Belges de Sub Ro­sa, les Amé­ri­cains de Ti­ger­beat6, les Al­le­mands de A-Mu­sik ou les An­glais de Fat­Cat, c’est sur le la­bel de Mar­co Haas, Shit­ka­ta­pult, que le col­lec­tif fran­çais DAT Politics re­vient aux af­faires. Mu­si­ca­le­ment par­lant, les Lil­lois, en ac­ti­vi­té de­puis la fin des an­nées 90, com­pilent plu­sieurs gé­né­ra­tions d'élec­tro­ni­ciens, de Ca­ba­ret Vol­taire à la tech­no hyp­no­tique des an­nées 90 et la scène elec­tro­clash du dé­but des an­nées 2000, dont il reste en­core quelques re­pré­sen­tants na­tio­naux comme The Ha­cker ou Ar­naud Re­bo­ti­ni. Au sein de ce panorama plu­tôt large, la for­ma­tion à tout loi­sir d'éla­bo­rer des ryth­miques tech­no mé­tro­no­miques (« Vi­bra­tor », « Py­ro­ma­niac ») ou de pe­tites ri­tour­nelles pop aux re­frains cold wave (« Black Hole », « Echo Ra­dio »). Les DAT semblent être at­ten­tifs au fait que leur mu­sique doive tou­jours gar­der un cô­té lu­dique, cou­vrir dif­fé­rentes am­biances, ten­ter de re­trou­ver la naï­ve­té du jour où ils ont dé­cou­vert pour la pre­mière fois les syn­thé­ti­seurs (« Small Call », « Krys­tal Krank »). En ce­la, DAT Politics fait du bien à nos oreilles sa­tu­rées de sons par­fois trop com­pres­sés et ou­trés. a ic n o r ct e l t- Le point de dé­part de cette aven­ture so­nore re­monte n

à 2010 lorsque Lio­nel La­quer­rière (Nes­to­ris­bian­ca, Geye i sir) re­joint la for­ma­tion live de Yann Tier­sen. Entre les b

sound­checks, le duo im­pro­vise sur des syn­thés ana­lo­giques et com­mence à m

don­ner corps à un fu­tur pro­jet. Puis, le pro­duc­teur Tho­mas Poli (Do­mi­nique A, a

Mios­sec) s’y ral­lie et ESB (Elek­tro­nische Staub­band) naît. Conçue en dix jours sur des Korg, Moog et autres ARP, cette mu­sique sque­let­tique est en clair-obs­cur, en mode un peu mys­tique, voire li­tur­gique, avec cette vo­lon­té de dé­ployer des mo­tifs ré­pé­ti­tifs, des mé­lo­dies étranges, de trou­ver des so­no­ri­tés spa­tiales. Comme un sa­tel­lite per­du dans les tré­fonds de la ga­laxie (« X2 »), le trio cherche une place dans l'Uni­vers. Il le sonde, l'aus­culte pour dé­cou­vrir le mys­tère de sa créa­tion, l'ori­gine de son explosion. Comme quelques grands pro­phètes de l'ambient avant lui (Klaus Schultz, Brian Eno…), ESB part à la dé­rive et se laisse gui­der par ses boucles hyp­no­tiques et ses mo­tifs ly­ser­giques. Par­fois Kraft­werk passe une tête pour s'as­su­rer que son hé­ri­tage est en de bonnes mains (« Jel­ly­fish »). En­fin, cette mu­sique contient sa part d'ombre (« Late ») où les am­biances de­viennent plus in­quié­tantes. Dans l'es­pace per­sonne ne peut vous en­tendre crier.

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