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eyer­dy­na­mic (so­cié­té fon­dée par Eu­gen Beyer à Ber­lin en 1924 avec pour ob­jec­tif de conce­voir des en­ceintes acous­tiques pour ra­dio) pro­pose en 1937 le pre­mier casque dy­na­mique pro­duit en quan­ti­té : le lé­gen­daire DT 48. Elle ne ven­dra vrai­ment de ces dy­na­mic head­phones que vingt ans plus tard, le sombre pas­sage par la se­conde guerre mon­diale y ayant été sans doute pour quelque chose. C’est alors le pre­mier casque à bo­bine mo­bile pro­duit in­dus­triel­le­ment, qui va res­ter au ca­ta­logue Beyer jus­qu’en 2012 ! Au dé­but des an­nées 60, un jeune in­gé­nieur est en­ga­gé par Beyer dé­sor­mais ins­tal­lée à Heil­bronn, où il tra­vaille­ra pen­dant pra­ti­que­ment un de­mi-siècle. Son pre­mier pro­jet, après quelques an­nées d’ap­pren­tis­sage mai­son, est un casque de mo­ni­to­ring, abor­dable et uni­ver­sel, qui s’ap­pel­le­ra tout sim­ple­ment DT 100. Il réa­lise d’abord les pro­to­types de boî­tier en bois, chose ai­sée pour lui puis­qu’il est dé­jà af­fec­té à la me­nui­se­rie, et va contrô­ler la réa­li­sa­tion des échan­tillons en plas­tique du dé­but jus­qu’à la fin. Les pre­miers exem­plaires de sé­rie sont pré­sen­tés au sa­lon de Ha­novre à l’été 1968 et l’ac­cueil des pro­fes­sion­nels est en­thou­siaste, eux qui sont ame­nés à en faire un usage in­ten­sif. Le casque est pro­po­sé en gris ou en noir avec une va­rié­té de types d’oreillettes, du si­mi­li cuir à la toile de co­ton.

Stan­dard

Le DT 100 a sou­vent été pré­sen­té comme la NS-10 des casques et on a pu le voir en grandes quan­ti­tés dans les stu­dios du monde en­tier (en­core au­jourd’hui), af­fec­té au mo­ni­to­ring de l’in­gé­nieur du son mais aus­si dans le rôle de re­tour mu­si­cien. Sa bonne iso­la­tion (du monde so­nore ex­té­rieur), de l’ordre de 20 dB (A), sa trans­pa­rence (pas de co­lo­ra­tion) et son grand confort (300 g) en font un in­con­tour­nable dans cet en­vi­ron­ne­ment, alors que son cô­té peu flat­teur et réa­liste lui in­ter­di­ra le mar­ché grand pu­blic, qui sou­haite qu’un casque « ait du son » et soit agréable plu­tôt que sin­cère. Sa ti­mi­di­té dans les graves (in­ten­tion­nelle) est com­pen­sée par une grande clar­té dans le mé­dium et l’ai­gu (bande pas­sante 30 – 20 000 Hz), ce qui en fait un casque de mo­ni­to­ring idéal pour la voix, et pour le contrôle de mix. Il est éga­le­ment uti­li­sé lar­ge­ment en broad­cast et Beyer va même en pro­po­ser une ver­sion à une seule oreillette (DT 102) et avec mi­cro (DT 108/109). Le fait qu’il soit qua­si­ment in­des­truc­tible et que toutes ses pièces puissent être rem­pla­cées (construc­tion mo­du­laire) le rend tout à fait pra­tique dans une uti­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle. En ef­fet, non seule­ment les oreillettes (softs­kin, pe­luche ou tri­cot) et le câble (de toute fa­çon amo­vible) sont rem­pla­çables ai­sé­ment, mais c’est aus­si le cas pour le ban­deau serre-tête souple (at­tache par bou­ton­pres­sion). Les DT 100 et 102 sont dis­po­nibles en ver­sion 16 ou 400 et les DT 108 et 109 en ver­sion 200/50 ou 200/400 . Euh : c’est quoi cette his­toire d’im­pé­dance ? Eh bien c’est simple : l’im­pé­dance, qui s’ex­prime en ohms (uni­té de ré­sis­tance), tra­duit la ré­sis­tance élec­trique du trans­duc­teur. Les casques de sa­lon pré­sentent jus­qu’à des cen­taines d’ohms mais pour des pe­tites puis­sances ce n’est pas la peine de dé­pas­ser les 100 , voire 50 . Il faut que la source so­nore soit d’une grande puis­sance si l’on veut ob­te­nir une bonne qua­li­té d’écoute sur un casque avec une grande im­pé­dance (400 et plus). Donc, en fonc­tion de l’uti­li­sa­tion et de l’en­vi­ron­ne­ment, no­tam­ment la puis­sance de l’am­pli, on choi­si­ra le 16 ou le 400 . Ai-je bien ré­pon­du ? Et le DT 100, re­la­ti­ve­ment sen­sible (94 dB), peut ac­cep­ter des puis­sances élec­triques de l’ordre de 1 000 mW, c’est-à-dire 1 watt !

La mode éphé­mère de la qua­dra­pho­nie (qua­dri­pho­nie ou té­tra­pho­nie) à par­tir de 1970 au­ra in­ci­té Beyer à pré­sen­ter en 1973 un casque du même mé­tal, le DT 204, si rare au­jourd’hui que son prix peut at­teindre des som­mets. Un afi­cio­na­do ja­po­nais ayant en ef­fet ré­cem­ment dé­bour­sé l’équi­valent de 1 000 eu­ros pour s’en of­frir un exem­plaire en bon état. Klaus Blas­quiz

Un DT 100 vin­tage ré­cem­ment

res­tau­ré par nos soins.

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