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n ef­fet, c’est en 1897 qu’une ma­chine que l’on consi­dère comme l’an­cêtre de tout syn­thé, le Tel­har­mo­nium (fi­gure 1), fut bre­ve­tée par le scien­ti­fique ca­na­dien Thad­deus Ca­hill. Cet « ins­tru­ment » élec­trique qui est ré­vé­lé en 1906, lors d’une dé­mons­tra­tion à New York, me­su­rait près d’une ving­taine de mètres et pe­sait plus de 200 tonnes, l’ins­tru­ment était tel­le­ment gi­gan­tesque (18 mètres de large) que lors­qu’on le trans­por­tait de ville en ville pour des re­pré­sen­ta­tions, il fal­lait louer un train de six wa­gons. Le Tel­har­mo­nium, qui au­ra de­man­dé dix ans de mise au point, était po­ly­pho­nique, pos­sé­dait un cla­vier dy­na­mique et avait la ca­pa­ci­té de pro­duire des so­no­ri­tés de n’im­porte quelle fré­quence et n’im­porte quelle in­ten­si­té avec leurs har­mo­niques. Le son n’était pas pro­duit par un os­cil­la­teur élec­tro­nique, mais par la ro­ta­tion d’une roue pho­nique ou ré­othome, de­vant un mi­cro com­po­sé d’une bo­bine et d’un ai­mant, se­lon le même prin­cipe qu’un mi­cro de gui­tare élec­trique. On a éga­le­ment com­pa­ré ce prin­cipe à ce­lui d’une dy­na­mo qui pro­duit des im­pul­sions élec­triques brèves, d’où le nom Dy­na­mo­phone. Les « os­cil­la­teurs », terme em­ployé plus tard, étaient ici consti­tués par des al­ter­na­teurs contrô­lés par des mo­teurs élec­triques. Le bruit pro­duit par la mé­ca­nique de l’ins­tru­ment était tel qu’il fal­lait l’en­fer­mer dans une pièce sé­pa­rée de celle où se trou­vaient les haut-par­leurs et deux per­sonnes étaient né­ces­saires pour le faire fonc­tion­ner. Ce­la ne dé­cou­ra­ge­ra pas le com­po­si­teur Fer­ruc­cio Bu­so­ni, qui crée­ra en 1907 Sketch Of A New Es­the­tic Of Mu­sic. Ce fut a prio­ri le seul à avoir ten­té l’ex­pé­rience ! T. Ca­hill fon­de­ra une so­cié­té pour vendre sa ma­chine à de grandes villes, car il avait en pro­jet de faire dif­fu­ser dans des lieux pu­blics (res­tau­rants, jar­dins…) la mu­sique pro­duite par le Tel­har­mo­nium via le té­lé­phone ! Mais, han­di­ca­pé par ses ca­rac­té­ris­tiques de taille, poids, bruit et com­plexi­té, il se­ra fi­na­le­ment aban­don­né au cours de la pre­mière guerre mon­diale. En 1904, c’est l’in­ven­tion de la diode, puis plus tard celle de la triode et c’est en 1913 qu’une triode est uti­li­sée comme os­cil­la­teur, pou­vant donc pro­duire des sons. En 1920, le Russe Lev Ser­geye­vich Ter­men, plus connu en France sous le nom de Léon Thé­ré­mine, pré­sente à Pe­tro­grad l’Ethe­ro­phone, qui porte main­te­nant le nom de son in­ven­teur, le The­re­min (ou The­re­min­vox). Cette ma­chine mo­no­pho­nique est consti­tuée d’une boîte sur­plom­bée de deux an­tennes. Le mu­si­cien ne touche ja­mais l’ins­tru­ment, la hau­teur de la note est fonc­tion de l’éloi­gne­ment de sa main droite par rap­port à la pre­mière an­tenne et l’am­pli­tude est contrô­lée par la dis­tance sé­pa­rant sa main gauche de l’autre an­tenne. En 1928 sort un mo­dèle amé­lio­ré où la main gauche contrôle un mo­dule per­met­tant de sé­pa­rer des notes suc­ces­sives et où le vo­lume est com­man­dé par une pé­dale au pied. Le com­po­si­teur so­vié­tique An­drei Fi­lip­po­vich Pa­sh­chen­ko est tel­le­ment im­pres­sion­né qu’en 1924, il aban­donne tem­po­rai­re­ment la com­po­si­tion d’opé­ras pour de­ve­nir le pre­mier à écrire pour l’ins­tru­ment. Après Pa­sh­chen­ko, Jo­seph Schil­lin­ger in­clut un The­re­min dans sa pre­mière suite Air­pho­nic (1929). Une sé­rie de concerts est or­ga­ni­sée en Eu­rope de 1927 à 1931 et l’ap­pa­reil au­ra un suc­cès éphé­mère dans les an­nées 30 aux états-Unis, où il est com­mer­cia­li­sé par la firme RCA. Quelques an­nées plus tard, au dé­but des 60’s, il se­ra tran­sis­to­ri­sé et ven­du en kit par le jeune Ro­bert Moog. Ce der­nier a tou­jours été un fan de cette ma­chine et l’a com­mer­cia­li­sée en ver­sion MIDI­fiée jus­qu’à son décès (fi­gure 2). L’exemple le

Le Tel­har­mo­nium est an­té­rieur à l’avè­ne­ment de l’élec­tro­nique.

Cette in­ven­tion de 1928 est en­core com­mer­cia­li­sée de nos jours.

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