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a pro­fu­sion des genres et sous-ca­té­go­ries dans les mu­siques élec­tro­niques, ain­si que la po­pu­la­ri­té gran­dis­sante de ces am­biances so­nores im­posent, no­tam­ment aux mé­dias gé­né­ra­listes, de re­cou­rir à des éti­quettes en­glo­bant des styles par­fois très éloi­gnés les uns des autres. Cette culture à l’in­té­rieur de la­quelle se sont dé­ployées ces nou­velles pra­tiques mu­si­cales et ar­tis­tiques, cette scène qui a su si ra­pi­de­ment adop­ter les ou­tils de son époque, a été bap­ti­sée « tech­no » dans les an­nées 90, « mu­siques élec­tro­niques » au cours de la dé­cen­nie sui­vante et « élec­tro » au­jourd’hui.

Les par­rains

Le com­po­si­teur fran­çais de mu­sique élec­troa­cous­tique Pierre Hen­ry est consi­dé­ré comme l’un des pères de la mu­sique élec­tro­nique en France (voir en­ca­dré en page 13). Connu du grand pu­blic pour son mor­ceau « Psy­ché Rock » (1967) de la suite de danses Messe pour le temps pré­sent, il pour­rait être es­ti­mé comme l’in­ven­teur de la tech­no, l’an­cêtre des DJ ou le pré­cur­seur du re­mix, car il a su créer son propre lan­gage so­nore il y a près de soixante ans ! Dif­fi­cile à ca­té­go­ri­ser entre élec­tro­nique et élec­troa­cous­tique, l’ar­tiste lui-même a du mal à qua­li­fier son oeuvre que l’on pour­rait com­pa­rer à de la mu­sique ex­pé­ri­men­tale. Adepte du bi­douillage, les so­no­ri­tés qu’il uti­lise s’ins­pirent de la na­ture et des ani­maux. Les am­biances de « Psy­ché Rock » pour­raient d’ailleurs aus­si bien se re­trou­ver dans du Vi­ta­lic que dans le « Rol­lin’ And Scrat­chin’ » des Daft Punk (fi­gure 1). Au mi­lieu des an­nées 1970, le style élec­tro­nique est ré­vo­lu­tion­né par le groupe de Düs­sel­dorf, Kraft­werk (fi­gure 2), qui uti­lise la ro­bo­tique pour sym­bo­li­ser et cé­lé­brer l’alié­na­tion du monde mo­derne à la tech­no­lo­gie. Kraft­werk est l’une des pre­mières for­ma­tions pop à en­re­gis­trer les sons des ins­tru­ments élec­tro­niques. La plu­part des voix pré­sentes dans leurs al­bums sont re­trai­tées par des vo­co­deurs ou gé­né­rées à par­tir de lo­gi­ciels de syn­thèse vo­cale. Long­temps avant l’ap­pa­ri­tion des pre­miers té­lé­phones por­tables, le groupe pré­di­sait dé­jà l’avè­ne­ment d’une époque où les or­di­na­teurs nous re­lie­raient au monde, où notre per­cep­tion se­rait gui­dée par des pixels lu­mi­neux et notre en­vi­ron­ne­ment so­nore gé­né­ré par des ma­chines. Vi­sion­naires, ex­pé­ri­men­taux et ra­di­caux, mais sa­chant en même temps res­ter très com­mer­ciaux et par­fai­te­ment adap­tés à l’uni­vers des clubs, leur son élec­tro­nique a in­fluen­cé nombre d’ar­tistes ma­jeurs ac­tuels. En Al­le­magne à la même époque, des sons élec­tro­niques sont aus­si in­cor­po­rés à la mu­sique po­pu­laire par des groupes comme Clus­ter, Nue !, Tan­ge­rine Dream, Can, Po­pol Vuh, Deut­schA­me­ri­ka­nische Freund­schaft (D.A.F.) et d’autres. Le cou­rant dit de « mu­sique pla­nante », po­pu­la­ri­sé puis dé­lais­sé par Tan­ge­rine Dream, est re­pris par Klaus Schulze, Van­ge­lis et sur­tout Jean-Mi­chel Jarre (fi­gure 3), le fils du com­po­si­teur Mau­rice Jarre, qui pro­page la mu­sique élec­tro­nique en France avec ses al­bums Oxy­gène (1976) et Équi­noxe (1978) at­tei­gnant pour la pre­mière fois un suc­cès mon­dial. Plus tard, l’al­bum Kid A de Ra­dio­head, sor­ti en 2000, mar­que­ra aus­si les es­prits par sa na­ture très élec­tro­nique pour un groupe ayant jusque-là bâ­ti son suc­cès sur une mu­sique rock.

Une pro­fu­sion de styles

L’Al­le­magne (Mu­nich) voit ap­pa­raître en 1976 le dis­co, dont la pa­ter­ni­té est at­tri­buée à Gior­gio

Les Daft Punk, fers de lance de la French Touch. L’al­bum de Kraft­werk

en 1978.

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