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és au dé­but des an­nées 70 aux ÉtatsU­nis, les di­vers modes d’ex­pres­sion du hip hop res­te­ront une di­zaine d’an­nées dans la culture un­der­ground avant que le sys­tème éco­no­mique de production et de consom­ma­tion de masse ne s’y in­té­resse. Le pre­mier disque de rap sor­ti­ra en 1979, il s’agit du Rap­per’s De­light du Su­ga­rhill Gang. Au cours de la dé­cen­nie, les DJ vont ou­vrir la voie à la tech­nique du sam­pling qui va être le socle de la créa­tion mu­si­cale des « beat­ma­kers ». Ces der­niers com­posent des mor­ceaux ins­tru­men­taux où les rap­peurs vont prendre l’ha­bi­tude de po­ser leurs textes. Si le tra­vail des beat­ma­kers est lié de ma­nière créative à ce­lui du DJ, il reste dis­tinct. Leurs créa­tions so­nores se basent beau­coup sur l’uti­li­sa­tion de sam­pleurs/sé­quen­ceurs (qui bouclent des ex­traits de mor­ceaux dé­jà exis­tants), ac­com­pa­gnés de boîtes à rythmes et d’ar­ran­ge­ments. Le tra­vail des beat­ma­kers est in­trin­sè­que­ment lié au ma­té­riel et à son évo­lu­tion, les MPC (Akai), SP-1200 (E-MU) et ASR10 (En­so­niq) sont ren­trés dans l’his­toire du beat­ma­king en ap­por­tant une réelle iden­ti­té ou cou­leur à la mu­sique pro­duite à tra­vers des samples pio­chés dans des ré­per­toires très va­riés. Le beat­ma­ker n’est pas ce­lui qu’on re­marque en concert pour la maî­trise de son ins­tru­ment ou sa tech­nique, mais avant tout pour la re­cherche de ses sons, comme on ad­mire le mo­tif d’un peintre dont on ap­pré­cie le mé­lange de cou­leurs, à l’image de la « track » de My Beau­ti­ful Dark Twis­ted Fan­ta­sy de Ka­nye West.

Une ren­contre dé­ter­mi­nante

En 1979, l’Amé­ri­cain Ro­ger Linn crée la pre­mière boîte à rythmes à base d'échan­tillons, la Linn LM-1, qui se­ra sui­vie de la LinnD­rum et de la Linn 9000 sor­tie en 1984 (fi­gure 1). Les trois mo­dèles connaissent un très grand suc­cès au dé­but des an­nées 1980. Quand sa so­cié­té Linn Elec­tro­nics dis­pa­raît en 1986, Akai fait ap­pel à Ro­ger Linn pour son pro­jet d’échan­tillon­neur dé­dié à la ryth­mique qui per­met à la marque de com­plé­ter sa gamme nais­sante d’échan­tillon­neurs en rack (S612, S700, S900, S950…). Ce­lui-ci tra­vaille donc à la concep­tion des pre­mières MI­DI Production Cen­ter (MPC60 et MPC3000), des sé­quen­ceurs/échan­tillon­neurs à l'er­go­no­mie par­ti­cu­liè­re­ment réus­sie, avec l’aide de Da­vid Co­cke­rell (co-fon­da­teur d’EMS) qui col­la­bore aus­si étroi­te­ment à ce pro­jet pour la par­tie hard­ware. On re­trouve sur ces pre­mières MPC le cur­seur li­néaire qui per­met­tait de pas­ser d’une char­les­ton fer­mée à ou­verte de fa­çon pro­gres­sive, ain­si que l’échan­tillon­nage en 12 bits. Les seize pads sen­si­tifs (une pre­mière !) as­so­ciés à un sé­quen­ceur puis­sant ser­vi par un écran LCD et une in­ter­face de connexions bien four­nie em­portent l’adhé­sion des pro­fes­sion­nels et des ama­teurs aver­tis.

L’épo­pée des MPC

Dès 1988, EPMD s’em­pare de la MPC60 (fi­gure 2) comme de la SP-1200 et sort son tube fon­da­teur « Strict­ly Bu­si­ness », qui met­tra en avant le prin­cipe de l’échan­tillon­nage et des boucles avec l’ex­trait de « I Shot The She­riff » pi­qué sur le titre de Bob Mar­ley. Dr. Dre va aus­si mar­quer l’his­toire des MPC en sui­vant pra­ti­que­ment toute cette gamme de­puis l’ori­gine. La mu­sique élec­tro­nique plus clas­sique (école de Ber­lin, JMJ, etc.) va pas­ser à cô­té de ce prin­cipe d’échan­tillon­nage ryth­mique, car dans sa phi­lo­so­phie les rythmes res­tent es­sen­tiel­le­ment ana­lo­giques. Seules les bat­te­ries élec­tro­niques Simmons fe­ront quelques in­cur­sions en live, ce qui ex­plique en par­tie la fo­ca­li­sa­tion des MPC au­tour des styles émer­gents de la fin des an­nées 80 comme le hip hop. La fin des an­nées 90 va voir dé­bar­quer les MPC2000 (1997) et MPC2000 XL qui sym­bo­li­se­ront la dé­cli­nai­son du concept. Il fau­dra at­tendre 1994 pour voir sur­gir la MPC3000 (fi­gure 3) do­tée d’un échan­tillon­nage en 16 bits / 44,1 kHz et de 32 voix de po­ly­pho­nie. En 2003, la MPC1000, qui signe la fin de la sa­ga des MPC2000, ajoute six sor­ties sé­pa­rées à son sam­pleur, ain­si qu’une ex­ten­sion de mé­moire vive jus­qu’à 128 Mo et, en 2006, la MPC500 (fi­gure 4) re­prend l’er­go­no­mie des MPC dans une ma­chine no­made pou­vant être ali­men­tée par piles. Pa­ral­lè­le­ment, la MPC4000 re­noue­ra en 2002 avec le haut de gamme avant d’être rem­pla­cée en 2008 par la MPC5000, qui re­pré­sente à ce jour le mo­dèle le plus abou­ti, in­té­grant un syn­thé­ti­seur, un ar­pé­gia­teur et un en­re­gis­treur huit pistes DtD (Di­rect to Disk).

Un ins­tru­ment no­made,

la MPC500. La MPC3000 à 32 voix de po­ly­pho­nie.

La Linn 9000 en 1984.

La pre­mière MPC60 dé­ve­lop­pée par Ro­ger Linn.

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