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our créer des mor­ceaux ori­gi­naux, le beat­ma­ker com­mence par cher­cher de la ma­tière à sam­pler. Dans la ma­jo­ri­té des cas, les samples sont ti­rés de vieux vi­nyles. La qua­li­té im­porte peu, le vi­nyle peut cra­quer, c’est d’ailleurs pour cer­tains la vo­lon­té d’avoir LE son. Nombre de beat­ma­kers dis­posent d’une col­lec­tion im­pres­sion­nante de disques, de tous styles et de toutes époques. Ça leur per­met de se consti­tuer une banque de sons la plus large et la plus com­plète pos­sible. Une grande par­tie du tra­vail re­pose donc sur l’écoute, le dé­cou­page et l’as­sem­blage des samples. Cer­tains beat­ma­kers as­semblent des bouts de vi­nyle qui n’ont rien à voir entre eux dans le but de créer une oeuvre ori­gi­nale. Le but est de trou­ver LA boucle, le pe­tit bout (très court par­fois). Avec le temps, le sam­pling s’est élar­gi à toutes les sources so­nores. Même si l’uti­li­sa­tion du vi­nyle reste om­ni­pré­sente, beau­coup de beat­ma­kers samplent par­tout et tout le temps.

Je beat­make, tu beat­makes, nous beat­ma­kons… La MPC

Il y a des di­zaines d’an­nées, sont ap­pa­rus les boîtes à rythmes, les ex­pan­deurs, les cla­viers maîtres, les pre­miers sé­quen­ceurs mu­si­caux sur Ata­ri et, bien sûr, les sam­pleurs. Nombre de mu­si­ciens y ont vu l’in­té­rêt de pou­voir mieux tra­vailler, de bé­né­fi­cier de pos­si­bi­li­tés et de tex­tures so­nores ex­po­nen­tielles.

Le beat­ma­king s’est dé­mo­cra­ti­sé avec la sor­tie de la pre­mière MPC d’Akai. La MPC (Mu­sic Production Cen­ter, au­pa­ra­vant MI­DI Production Cen­ter) est une ma­chine dé­diée à la com­po­si­tion de mu­sique. Pour la pre­mière fois, une sta­tion com­bine sé­quen­ceur mu­si­cal, échan­tillon­neur, en­trées au­dio pour pou­voir sam­pler via une pla­tine vi­nyles ou autre source so­nore. En­fin, elle in­tègre des pads (larges touches en gomme, dé­mo­cra­ti­sées sur un for­mat 4 x 4) en rem­pla­ce­ment d'un vrai cla­vier ex­terne, mais n’ex­cluant pas son uti­li­sa­tion, grâce au MI­DI em­bar­qué.

Akai a dé­cli­né plu­sieurs mo­dèles de MPC : la MPC60 par Ro­ger Linn (voir page 22), pre­mier mo­dèle en date, puis les MPC3000, 2000, 2000 XL, 4000, 1000, 500 (avec seule­ment douze pads, por­table et fonc­tion­nant à l’aide de piles : une pre­mière pour ce genre de ma­chines), la 2500 et, plus ré­cem­ment, les Re­nais­sance (fi­gure 1), Stu­dio (fi­gure 2) et Touch (fi­gure 3) (gamme de MPC qui fonc­tionnent avec un or­di­na­teur, nous y re­vien­drons plus loin).

Les di­vers mo­dèles de MPC sont ap­pré­ciés des com­po­si­teurs de mu­sique voués à l'échan­tillon­nage grâce à leur sim­pli­ci­té d'uti­li­sa­tion et à leur es­prit tout-en-un. Les an­ciennes MPC sont re­cher­chées pour leur grain, la qua­li­té de la ma­chine, des pads, le time strech et le pitch de la par­tie sam­pleur, ain­si que la ma­nière de pou­voir quan­ti­fier à l’en­re­gis­tre­ment.

En­fin, d’autres construc­teurs, comme E-MU, ont éga­le­ment créé des ma­chines équi­va­lentes comme la SP-12 ou la SP-1200.

Beat­ma­king et MAO : une union longue et par étape

Du­rant des di­zaines d’an­nées, nombre de disques (ma­jo­ri­tai­re­ment hip hop) sont sor­tis avec l’uti­li­sa­tion seule de la MPC, de vi­nyles et de tex­tures so­nores ad­di­tion­nelles. C’est en­core le cas au­jourd’hui. Pour­tant, la com­bi­nai­son de l’or­di­na­teur avec une ma­chine équi­va­lente à la MPC s’est im­po­sée comme l’ave­nir des ou­tils de beat­ma­king. En ef­fet, elle pro­cure la puis­sance de l’or­di­na­teur, per­met d’échap­per au pe­tit écran mo­no­chrome de la MPC, mais aus­si aux li­mites de sto­ckage (la MPC sto­ckait les échan­tillons en RAM et pas sur un disque dur), et de cou­pler le mode d’uti­li­sa­tion d’une MPC avec un lo­gi­ciel dé­dié. C’est un énorme plus en termes de pos­si­bi­li­tés et de créa­ti­vi­té.

Les pre­miers contrô­leurs MI­DI pro­po­sés sur le mar­ché étaient équi­pés de pads cal­qués sur le sys­tème 4 x 4 de la MPC. Ils per­met­taient de se pas­ser de la MPC et de la rem­pla­cer par des sam­pleurs vir­tuels mon­tés dans sa DAW, à l’ins­tar de Kon­takt (fi­gures 4a & b) et de Ma­chFive (fi­gures 5a & b).

On se sou­vient des sé­ries M-Au­dio, MPD d’Akai (en­core pré­sente au­jourd’hui), Na­no­kon­trol par Korg, Beats­tep d’Ar­tu­ria, Launch­pad de No­va­tion. Ces ou­tils, plus fré­quem­ment uti­li­sés en stu­dio, sont de­ve­nus in­dis­pen­sables chez la ma­jo­ri­té des beat­ma­kers.

Mais c’est bien Ma­schine de Na­tive Ins­tru­ments qui a ré­pon­du aux be­soins réels du beat­ma­king. Gamme dé­cli­née au­jourd’hui en trois mo­dèles : Ma­schine Mi­kro MK2, Ma­schine MK2 et Ma­schine Stu­dio (fi­gure 6).

Outre la qua­li­té de ma­nu­fac­ture, la force de Ma­schine est de pro­po­ser un lo­gi­ciel dé­dié (au­jourd’hui dans sa ver­sion 2.4), com­mun avec toute sa gamme et grâce au­quel il est do­ré­na­vant per­mis de créer de la même ma­nière qu’avec la MPC. Ce nou­vel en­vi­ron­ne­ment s’est donc im­po­sé lo­gi­que­ment chez les beat­ma­kers. À no­ter que le lo­gi­ciel s’ins­talle en in­té­gra­tion sous forme de plug-in dans sa DAW. Il est donc en­core plus simple

Akai MPC Re­nais­sance.

Akai MPC Touch.

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