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Nous sommes de Bor­deaux. À 14 ans, en cin­quième, je ren­contre Alix lors de cours de gui­tare. Du coup on fait un pre­mier groupe de re­prises de groupes grunge : Nir­va­na, Rage Against The Ma­chine, Pearl Jam… On se perd en­suite de vue au ly­cée. Je conti­nue dans la pop, le me­tal, tout en re­dé­cou­vrant des groupes qui sont de­ve­nus pour moi des clas­siques, comme Ra­dio­head. Puis la tech­no dans les an­nées 2000 avec les ma­chines et les boîtes à rythmes. Au même mo­ment Alix re­vient d’Angleterre où il est res­té pas mal de temps. Il a com­men­cé à écrire et veut que l’on re­monte quelque chose mais dans une veine plu­tôt am­biance rap. Jacques ar­rive très vite après. Ode­zenne est donc né avec deux au­teurs et moi à la com­po. Com­ment s’est dé­rou­lée la réa­li­sa­tion de l’al­bum ?

Ce­la a été un ac­com­plis­se­ment pour nous, car de­puis huit ans on cu­mu­lait deux jobs. Tout l’ar­gent que l’on a pu ga­gner avec la vente des disques on l’a gar­dé pour pou­voir ré­in­ves­tir en fai­sant des clips et en s’ache­tant du ma­tos. On est donc par­tis à Ber­lin avec notre ma­tos et on a loué une pe­tite pièce dans un grand lo­cal de ré­pé­ti­tion. Cette pre­mière phase de com­po­si­tion a du­ré cinq mois. Puis on est ren­trés, on a sor­ti un EP et on est par­tis en tour­née dont l’Olym­pia à Pa­ris. On est en­suite re­tour­nés en stu­dio. Tout d’abord chez nous à Bor­deaux pour se re­mettre un peu dans les com­pos, puis dans un stu­dio à Bègles pour faire la plus grande par­tie des prises. C’est l’ex-stu­dio La Grosse Rose du la­bel de Noir Dé­sir et qui s’ap­pelle au­jourd’hui Cryo­gène Production, un stu­dio que l’on connaît bien. En­fin, au stu­dio Ju­no de Ber­trand Fre­sel à Yerres dans la ré­gion pa­ri­sienne pour y faire quelques prises ad­di­tion­nelles de bat­te­rie et le mixage. Il a pro­duit et mixé le der­nier Ka­te­rine qu’on aime beau­coup. Pour l’anec­dote, j’avais vu sur son site ( http://ber­trand­fre­sel.com) qu’en ba­ck­line il pro­po­sait un Mel­lo­tron Chamberlain M1. C’était bien le der­nier syn­thé de la config que je vou­lais avoir afin de ra­me­ner un peu d’or­ga­nique… Le mas­te­ring s’est dé­rou­lé pen­dant trois jours à Bor­deaux chez Globe Au­dio avec Alexis Bar­di­net. De quelle ma­nière tra­vaillez-vous en­semble ?

Sur cet al­bum, la com­po­si­tion s’est faite avec mes cla­viers, tan­dis que pour les pré­cé­dents, Alix et Jacques me pro­po­saient des idées de samples qu’ils avaient foui­nés. À Ber­lin, j’ai dû sor­tir 70 pro­jets, et tous les jours je leur pro­po­sais des rushs. Et quand il y avait un truc qui les ins­pi­rait, cha­cun dans son coin, ils écri­vaient. Et pe­tit à pe­tit ce­la s’est mon­té. J’ai donc pu vrai­ment prendre le temps de connaître mes ma­chines et mes cla­viers en me lais­sant gui­der par le son. On com­pose gé­né­ra­le­ment les mor­ceaux en les en­re­gis­trant et fi­na­le­ment on ré­pète après avoir fait l’al­bum. Cette fa­çon de tra­vailler nous per­met de les adap­ter, de se les ré­ap­pro­prier… Comme ce­la, les gens voient un truc vi­vant sur scène et pas juste la bande son. De quoi se consti­tue ton stu­dio et quels sont tes syn­thés pré­fé­rés ?

Je me suis mis à Pro Tools car j’étais avant sur Lo­gic. Je n’ouvre plus vrai­ment un plug-in main­te­nant car je pré­fère uti­li­ser mes ma­chines ori­gi­nales. J’ai une gui­tare avec un bar­da de pé­dales que j’af­fec­tionne beau­coup. En boîtes à rythmes, j’ai re­dé­cou­vert la 808, la 909 et la 707 de chez Ro­land. J’ai aus­si tou­jours de­puis le dé­but mes deux Korg Elec­tribe, la rouge et la bleue, et une Tem­pest de Dave Smith. Cô­té syn­thés, un Korg MS-20, un Moog Lit­tle Phat­ty. Deux beaux syn­thés pour les cordes avec un Lo­gan String Me­lo­dy 2 et un Korg PE-1000. Un Pro­phet-5 Rev 2 de Se­quen­tial Cir­cuits qui ap­par­te­nait à l’an­cien cla­vier de Da­niel Ba­la­voine. J’ai éga­le­ment ré­cu­pé­ré un Vox Conti­nen­tal. À Ber­lin j’ai ache­té un Chaos En­gine à base de cinq os­cil­la­teurs et, de re­tour en France, j’ai réus­si à mettre la main sur un EMS Syn­thi A de 1975 en très bon état. En 2014 on vous avait dé­cou­verts à So­li­days, avec un tas de cla­viers sur scène. Em­mènes-tu tou­jours tous tes ins­tru­ments ?

Oui tout à fait. Et je di­rais qu’il y en a même un peu plus au­jourd’hui. Je me sers de tout même s’il y en a cer­tains qui ne sont uti­li­sés que pour un ou deux sons. L’idée aus­si est de se dire que, voi­là, on a des ma­chines, elles sont belles, donc on les prend. Même si pas mal de gens me dé­con­seillent de les em­me­ner sur scène vu la fra­gi­li­té de cer­tains vieux cla­viers. Tous les syn­thés au­tant que pos­sible sont contrô­lés en MI­DI, je ne joue donc pas des­sus, car j’ai sou­vent une gui­tare dans les mains. Il y a éga­le­ment un deuxième com­par­ti­ment cla­viers, où Alix et Jacques viennent jouer de temps en temps. Il y a mon frère en plus avec une pseu­do-bat­te­rie com­pre­nant des toms, des pads Simmons qui entrent aus­si dans mon or­di. J’ai quatre pé­dales Moo­ger­foo­ger, c’est vrai qu’il y en a une que j’uti­lise beau­coup, c’est le de­lay, mais les autres, elles, vont ser­vir ponc­tuel­le­ment pour une in­tro. Thier­ry De­mou­gin Dol­zi­ger Str. 2 [Tôt ou Tard]

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