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KR Home-Studio - - LE SENS DU SON -

la source de la plu­part des sys­tèmes au­dio se trouve le mi­cro­phone, ce trans­duc­teur char­gé de cap­ter des mes­sages so­nores et de les trans­for­mer en mes­sages élec­triques. La pre­mière in­ter­face entre les deux mondes : l’acous­tique et l’élec­tro­nique.

In­ven­teurs et ex­plo­ra­teurs

Le pre­mier bre­vet ayant trait au prin­cipe du mi­cro­phone n’a été dé­po­sé qu’en 1877 par l’Al­le­mand Emile Ber­li­ner (qui dé­pose dix ans plus tard un bre­vet concer­nant le disque et le gra­mo­phone, qui per­met de le lire). Il s’agis­sait en fait d’un « trans­met­teur » des­ti­né à la com­mu­ni­ca­tion té­lé­pho­nique. On ne pen­sait pas vrai­ment à la cap­ta­tion de la voix chan­tée ni de la mu­sique, l’ins­tru­ment étant consi­dé­ré comme un simple ro­bi­net, un fil­tre­trans­for­ma­teur. Le mi­cro de Ber­li­ner était une amé­lio­ra­tion du sys­tème dé­ve­lop­pé par le fa­meux Gra­ham Bell qui, en in­ven­tant le té­lé­phone en 1875 (bre­vet dé­po­sé l’an­née sui­vante), s’était vu contraint de conce­voir d’abord le mi­cro­phone élec­trique, et son pen­dant pla­cé à l’autre bout de la « ligne » : le haut­par­leur (écou­teurs). Le­quel est un ap­pa­reillage iden­tique, mais fonc­tion­nant en sens in­verse.

Dé­jà, dès 1857, le Fran­çais Édouard Scott de Mar­tin­ville avait pen­sé à un dis­po­si­tif ca­pable de prendre une em­preinte de la voix hu­maine. Son Pho­nau­to­graphe était com­po­sé d’un cor­net acous­tique au fond du­quel se trou­vait une mem­brane so­li­daire d’un sty­let, le­quel ve­nait gra­ver ses fines os­cil­la­tions sur du noir de fu­mée. Il n’avait pas pen­sé en 1860 à un moyen de lire la chose, un frag­ment de « Au Clair de la Lune », chan­son chan­tée par Scott de Mar­tin­ville lui-même pour ce pre­mier « en­re­gis­tre­ment » ! Ce do­cu­ment gra­phique a été dé­cryp­té ré­cem­ment et l’on peut en­fin en­tendre cette voix trem­blo­tante émise il y a 155 ans ! Mais cette tech­nique était pu­re­ment mé­ca­nique et ne pou­vait en au­cun cas per­mettre la trans­mis­sion du « son » vers un autre mi­lieu ou sur un autre sup­port. Le phy­si­cien an­gloa­mé­ri­cain Da­vid Ed­ward Hu­ghes va ex­pé­ri­men­ter en 1877 un crayon de gra­phite taillé en pointe aux deux ex­tré­mi­tés et mis en vi­bra­tion avec un cou­rant élec­trique entre deux plaques de char­bon. Hugues contri­bue ain­si à amé­lio­rer le trans­met­teur té­lé­pho­nique du­dit Gra­ham Bell, mais cer­tains le consi­dèrent au­jourd’hui comme l’in­ven­teur du mi­cro­phone.

Té­lé­phone

Le mi­cro­phone a donc été in­ven­té non pas pour cap­ter la voix cé­leste de Ca­ru­so ou le pia­no de Brahms, mais uni­que­ment pour consti­tuer le pre­mier (et le der­nier) maillon d’une chaîne té­lé­pho­nique. En 1898, le Da­nois Wal­de­mar Poul­sen ima­gine un cer­tain Te­le­gra­phone, un en­re­gis­treur ma­gné­tique (ma­gne­tic wire re­cor­der) sur fil mé­tal­lique, l’an­cêtre du ma­gné­to­phone. Un fil est bo­bi­né sur un cy­lindre tour­nant, la tête ma­gné­tique (en­re­gis­tre­ment et lec­ture) étant mon­tée sur une vis sans fin et sui­vant les spires de fil du dé­but à la fin du cy­lindre. Poul­sen en avait fait une sorte de ré­pon­deur té­lé­pho­nique, là aus­si, avec pour mis­sion d’en­re­gis­trer de courts mes­sages, que l’on pou­vait re­lire ul­té­rieu­re­ment afin d’éven­tuel­le­ment les trans­crire. Les en­re­gis­treurs à fil qui sui­vront se­ront quant à eux des « dic­ta­phones » (Dic­ta­phone est en fait la marque d’un fa­bri­cant d’en­re­gis­treurs) des­ti­nés au se­cré­ta­riat. Le pa­tron dicte son cour­rier à la ma­chine, que sa se­cré­taire lit plus tard, avant de le ta­per à la ma­chine. Et le mi­cro uti­li­sé par Poul­sen n’était en fait rien d’autre qu’un té­lé­phone, qui ser­vait là aus­si de haut-par­leur/écou­teur en re­tour. En 1900, à l’oc­ca­sion de l’Ex­po­si­tion Uni­ver­selle de Pa­ris, Poul­sen en­re­gistre la voix de l’Em­pe­reur d’Au­triche Franz Jo­sef (Fran­çois-Jo­seph 1er) : le plus vieil en­re­gis­tre­ment ma­gné­tique connu.

En 1886, l’in­ven­teur du gra­mo­phone, le fa­meux Tho­mas Edi­son, va raf­fi­ner le concept de mi­cro à char­bon en pro­po­sant un « trans­met­teur » à bou­tons de char­bon, qui se­ra uti­li­sé lors de la pre­mière re­trans­mis­sion ra­dio­dif­fu­sée en 1910 : un concert au Me­tro­po­li­tan Ope­ra de New York. Cette fois c’était bien de la mu­sique qui était cap­tée et trans­mise, for­mule per­pé­tuée par la ra­dio de­puis. Klaus Blas­quiz

Mi­cro­phone de Da­vid Ed­ward Hu­ghes – 1922.

Mi­cro Hu­ghes.

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