Stran­ded Horse

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Luxe [Ta­litres/Dif­fer-Ant/Be­lieve]

La mu­sique du Fran­çais Yann Tam­bour est aus­si voya­geuse que lui. Le troi­sième al­bum de Stran­ded Horse, pro­jet-groupe qui a suc­cé­dé à Encre, da­van­tage ba­sé sur l’uti­li­sa­tion de ma­chines, dé­bute sur « Monde », belle bal­lade folk mo­derne qu’il in­ter­prète en fran­çais avec Éloïse Des­cazes d’Arlt. Lui suc­cède « A Faint Light », chan­tée en an­glais, où la gui­tare est éclip­sée par la ko­ra du Sé­né­ga­lais Bou­ba­car Cis­so­ko. D’une plage à l’autre, Tam­bour et sa troupe hé­té­ro­clite for­mée au gré des tour­nées et des ren­contres nous trans­portent, nous em­portent. En­re­gis­tré entre Pa­ris, Nantes et Da­kar, Luxe s’est bâ­ti sur un bud­get qui n’a peut-être pas été fas­tueux (contrai­re­ment à son in­ti­tu­lé). Mais les chan­sons de Tam­bour – plus « My Name Is Car­ni­val », une re­prise du chan­teur folk amé­ri­cain culte Jack­son C. Frank – bé­né­fi­cient d’ar­ran­ge­ments so­phis­ti­qués et mé­tis­sés avec contre­basse (te­nue par Sa­rah Mur­cia), per­cus­sions, ba­la­fon et le trio de cordes Va­carme. Ain­si ac­com­pa­gné, Tam­bour mul­ti­plie les ap­proches, mais res­tent des fils di­rec­teurs : son song­wri­ting, aus­si dé­li­cat qu’exi­geant (pas de fa­ci­li­tés dans sa folk no­made), sa voix, aus­si à l’aise en an­glais qu’en fran­çais, et les émo­tions qui se dé­gagent de l’en­semble. Dif­fi­cile de res­ter de marbre face à Stran­ded Horse.

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