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ans le nu­mé­ro de l’été 2011 de votre ma­ga­zine pré­fé­ré (n°264), nous avions évo­qué un pos­sible di­lemme dans le choix d’un équi­pe­ment ana­lo­gique ou nu­mé­rique. Cinq ans plus tard, le nu­mé­rique a pris une place dé­fi­ni­ti­ve­ment pré­pon­dé­rante, même s’il reste tout de même quelques confi­gu­ra­tions ou si­tua­tions où l’ana­lo­gique conti­nue à faire un peu de ré­sis­tance… État des lieux d’une offre com­mer­ciale par­ti­cu­liè­re­ment gé­né­reuse…

Une phi­lo­so­phie du mixage ?

Le mixage est une opé­ra­tion com­pli­quée. Que ce soit sur scène, en stu­dio ou home-stu­dio, il a pour ob­jec­tif de res­ti­tuer, ou même de « re­fa­bri­quer », une co­hé­rence mu­si­cale es­thé­ti­que­ment sa­tis­fai­sante pour une oeuvre ins­tru­men­tale et/ou vo­cale par­fois as­sem­blée comme un Le­go ou mé­lan­geant des sources aux rap­ports de puis­sance ra­di­ca­le­ment dif­fé­rents. Les com­po­si­teurs « clas­siques » avaient en ef­fet à coeur de mettre en oeuvre – ce­la reste une par­tie si­gni­fi­ca­tive des études d’écri­ture or­ches­trale – des as­sem­blages ins­tru­men­taux com­pa­tibles les uns avec les autres, ne se mas­quant pas, et pour les­quels les in­ter­ven­tions, sa­vam­ment or­ga­ni­sées, jouaient ef­fi­ca­ce­ment avec les dif­fé­rences de pres­sion acous­tique. Lors­qu’on a sou­hai­té soit ajou­ter aux ins­tru­ments acous­tiques des ins­tru­ments élec­triques, soit en­vi­sa­ger des condi­tions de pres­ta­tion in­com­pa­tibles avec les puis­sances acous­tiques na­tu­relles des ins­tru­ments, il a donc fal­lu pou­voir « re­tou­cher » ar­ti­fi­ciel­le­ment les do­sages du son des ins­tru­ments, que ce soit dans l’op­tique de la réa­li­sa­tion des en­re­gis­tre­ments et, donc, du disque, mais aus­si de la per­cep­tion « live » de l’en­semble ins­tru­men­tal…

Le chal­lenge du mixage…

On peut consi­dé­rer dans l’écri­ture mu­si­cale clas­sique que le mixage est fait par… le com­po­si­teur et le chef d’or­chestre ! Les pre­miers en­re­gis­tre­ments de mu­sique po­pu­laire sont réa­li­sés dans des condi­tions as­sez voi­sines de celles de la mu­sique clas­sique : on place un mi­cro de­vant le chan­teur, lui-même po­si­tion­né de­vant l’or­chestre (fi­gure 1) et… on se dé­brouille ! Avec l’ap­pa­ri­tion des tech­niques de sté­réo­pho­nie, au dé­but des an­nées 60, mixer de­vient le « pri­vi­lège » des in­gé­nieurs du son de stu­dio et de ceux de Ra­dio France, ces der­niers al­lant même jus­qu’à ima­gi­ner des ty­po­lo­gies de cap­ta­tion par­ti­cu­lières, comme le « fa­meux » couple ORTF (voir en­ca­dré), pour le­quel d’ailleurs… il n’y avait pas grand-chose à mixer, puisque deux mi­cros font la cap­ta­tion de tout un en­semble ! La sté­réo­pho­nie, qui s’im­po­se­ra pro­gres­si­ve­ment à par­tir du dé­but des an­nées 60, en­cou­ra­ge­ra les pro­duc­tions de va­rié­tés et de mu­siques ac­tuelles à adop­ter ce stan­dard, les tech­no­lo­gies d’en­re­gis­tre­ment mul­ti­piste im­po­sant un mixage des sources « a pos­te­rio­ri » ; le mixage de­vien­dra alors un « art » à part en­tière, l’in­gé­nieur du son de­vant res­ti­tuer ar­ti­fi­ciel­le­ment l’es­pace – y com­pris au ni­veau de la ré­ver­bé­ra­tion – d’un lieu d’en­re­gis­tre­ment vir­tuel… C’est donc à ce chal­lenge qu’est de nos jours confron­té le home-stu­diste, c’est lui et pas la con­sole quelle qu’elle soit qui fait le tra­vail et qui doit sou­vent af­fron­ter bien des dif­fi­cul­tés pour at­teindre son

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