Le couple ORTF : une tech­nique de cap­ta­tion ori­gi­nale…

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Quand au dé­but des an­nées 60 on a ima­gi­né pou­voir, à la ra­dio, dif­fu­ser de la mu­sique « en sté­réo­pho­nie », l’idée était de per­mettre à l’au­di­teur équi­pé (au dé­but des an­nées 60, il n’y en avait pas tant que ça !) de per­ce­voir l’es­pace en trois di­men­sions du lieu de cap­ta­tion, au moins pour les grandes salles où se pro­dui­saient les or­chestres sym­pho­niques. Le pro­cé­dé, qua­li­fié de cap­ta­tion sté­réo­pho­nique de temps (phase) et in­ten­si­té, uti­lise deux mi­cro­phones fai­ble­ment écar­tés et for­mant un angle phy­sique par rap­port à la source so­nore (voir illus­tra­tion). Le po­si­tion­ne­ment des cap­teurs (on parle de couple AB) per­met de res­ti­tuer une « am­biance » dans la­quelle l’au­di­teur per­ce­vra le po­si­tion­ne­ment des ins­tru­ments, de la gauche, au centre et la droite, par rap­port à leur pla­ce­ment réel sur le pla­teau. On es­pace ain­si deux mi­cros car­dioïdes de 17 cm (dis­tance e) en fai­sant un angle de 110° par rap­port à leur di­rec­ti­vi­té prin­ci­pale. Ce­pen­dant, la « spa­tia­li­sa­tion » des sources ne peut réel­le­ment être ef­fi­cace que dans un lieu dont l’acous­tique se­ra à la fois neutre et ho­mo­gène et pour peu que les dis­po­si­tifs de res­ti­tu­tion de l’au­di­teur soient pla­cés de ma­nière ap­pro­priée… seule­ment 12 en­trées mi­cro en XLR ! Évi­dem­ment, les so­lu­tions existent, par l’in­ter­mé­diaire de cartes ad­di­tion­nelles per­met­tant da­van­tage de con­nexions, mais sup­po­sant un patch sup­plé­men­taire à réa­li­ser… sur­coût évident ! Ya­ma­ha avait sans doute « pro­gram­mé » la 01V pour une uti­li­sa­tion ma­jo­ri­tai­re­ment dans le do­maine des home-stu­dios ; pour­tant, force est de consta­ter que les pro­fes­sion­nels en ont fait et en font en­core co­pieu­se­ment usage ! Les fa­bri­cants ont donc à la fois écou­té les uti­li­sa­teurs so­no­ri­sa­teurs d’une part, en aug­men­tant le nombre d’en­trées phy­siques sur la con­sole – c’est le cas des nou­velles TF de Ya­ma­ha (fi­gure 4) pour les­quelles l’in­té­gra­tion avec l’in­for­ma­tique et Cu­base est par ailleurs par­faite – ou en pro­po­sant des patchs nu­mé­riques dé­por­tés, et les home-stu­distes d’autre part, avec de nou­veaux pro­duits ori­gi­naux : les confi­gu­ra­tions fai­sant ap­pel à l’iPad, aux smart­phones Apple ou autres ou en­core à un contrôle ex­té­rieur par un or­di por­table se dé­ve­loppent de plus en plus. Une ma­nière somme toute élé­gante de « pi­quer » un peu de puis­sance sur un autre pro­ces­seur que ce­lui em­bar­qué dans le dis­po­si­tif so­nore et d’ex­ploi­ter ain­si au mieux les per­for­mances cu­mu­lées de chaque ou­til as­so­cié… L’ori­gi­nale Sound­craft Ui12 (fi­gure 5) et ses dé­cli­nai­sons offrent ain­si la tech­no­lo­gie nu­mé­rique à un ta­rif im­bat­table, tout comme les « sys­tèmes DL » de Ma­ckie qui ré­écrivent to­ta­le­ment le concept de con­sole de mixage !

Des concepts nou­veaux

Pour un « vieux » comme votre ser­vi­teur ha­bi­tué au con­tact phy­sique du fa­der, ces confi­gu­ra­tions sont de prime abord un peu dé­con­cer­tantes, mais force est de consta­ter que l’ef­fi­ca­ci­té et les per­for­mances sont au ren­dez-vous ! En re­vanche, on ne pour­ra pas em­pê­cher, même sur les très grosses confi­gu­ra­tions, une pe­tite ap­pré­hen­sion sur le fonc­tion­ne­ment « tout lo­gi­ciel » des consoles ré­centes et, donc, le « bug » po­ten­tiel, im­po­sant né­ces­sai­re­ment l’uti­li­sa­tion d’un on­du­leur sur scène et dans le stu­dio. Donc, peut-être tou­jours une pré­fé­rence pour une He­ri­tage 3000 plu­tôt que pour une Sound­craft Vi3000, une Ya­ma­ha PM1D ou une DiGiCo SD7… quoique ça ne soit plus cer­tain ! Et de toute ma­nière, nous ne « jouons plus » avec ces ré­fé­rences, dans le do­maine des consoles ac­ces­sibles à cha­cun ! Si les tech­no­lo­gies des consoles nu­mé­riques pou­vaient faire en­core dou­ter il y a quatre ou cinq ans, leurs per­for­mances sont main­te­nant ac­quises et leur uti­li­sa­tion va­li­dée. L’in­ven­ti­vi­té des construc­teurs, la fia­bi­li­té des lo­gi­ciels ont per­mis l’ap­pa­ri­tion de pro­duits nou­veaux et ori­gi­naux re­con­si­dé­rant to­ta­le­ment le concept « his­to­rique » de la con­sole de mixage.

Alors, au­jourd’hui, nu­mé­rique ou ana­lo­gique ? Eh bien pour l’en­trée de gamme, à quelques… di­zaines d’eu­ros (au­rait-on osé es­pé­rer ça il y a en­core une ving­taine d’an­nées ?), ça res­te­ra une his­toire de fi­nances ! En­suite, in­du­bi­ta­ble­ment, le choix se por­te­ra pro­ba­ble­ment vers le nu­mé­rique. Ne se­rait-ce que comme un maillon sup­plé­men­taire des équi­pe­ments connec­tés qui nous en­tourent de plus en plus !

Bonne mu­sique. Pa­trice Cre­veux

al­ler plus loin… • « Théo­rie et pra­tique de la prise de son sté­réo­pho­nique », Éd. Ey­rolles, par Ch­ris­tian Hu­gon­net et Pierre Wal­der. Un « must » in­dis­pen­sable pour abor­der l’en­re­gis­tre­ment ! • Les sites des dif­fé­rents fa­bri­cants ci­tés :

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