Qu’est‐ce qu’un opé­ra ?

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Théâtre chan­té ? Place du dia­logue par­lé ? Dans quelles pro­por­tions le rap­port mu­sique ins­tru­men­tale / air / dia­logue est‐il « do­sé » pour va­loir ou non la qua­li­fi­ca­tion d’opé­ra, d’opé­rette, de sing­spiel ou de co­mé­die mu­si­cale ?

Ou­ver­ture : C’est une in­tro­duc­tion ins­tru­men­tale, qui se joue la plu­part du temps avant le le­ver de ri­deau. Elle an­nonce le cli­mat psy­cho­lo­gique de l’oeuvre et pré­pare ain­si le spec­ta­teur à l’évé­ne­ment théâ­tral qui va suivre. Si l’on pense que le pre­mier opé­ra est dû à G. Cac­ci­ni à l’aube du XVIIe siècle, l’ou­ver­ture ap­pa­raît ce­pen­dant, tou­jours au XVIIe siècle, mais un peu plus tar­di­ve­ment.

Can­tate : C’est une pièce chan­tée par des so­listes et des choeurs, ac­com­pa­gnés d’ins­tru­ments. Elle ra­conte une his­toire mais ne la joue pas : pas de cos­tumes ni de mise en scène mais une « lec­ture » chan­tée d’un texte re­li­gieux ou non.

Opé­ra : Il n’a ces­sé d’évo­luer au cours des âges, de se struc­tu­rer et d’être au coeur de po­lé­miques concep­tuelles. Là, comme au théâtre, on y joue la co­mé­die… ou le drame ! Doit-on y in­clure ou non du texte par­lé, des dia­logues chan­tés (le ré­ci­ta­tif), des thèmes lit­té­raires nou­veaux ? Les char­mants dia­logues de La Flûte En­chan­tée de Mo­zart et la poé­sie du su­jet lui valent le terme de « sing­spiel ». Doit-on y in­clure la danse comme il était d’usage en France au XVIIe siècle où « Tout n’était que danse à la cour » ! On danse et l’on chante au théâtre, on parle et l’on danse à l’opé­ra, les fron­tières des genres ne sont pas étanches. L’Au­triche au XVIIIe siècle ré­fute la danse à l’opé­ra comme le montre le film Ama­deus de Mi­los For­man où Mo­zart doit prou­ver le bien-fon­dé de la place de celle-ci dans la lo­gique de l’his­toire (le li­vret). Le « la­bel » Opé­ra doit-il être jus­ti­fié par le sé­rieux du su­jet, le ci­blage in­tel­lec­tuel et sa­vant de l’oeuvre ?

Opé­rette, co­mé­die mu­si­cale, opé­ra rock ? La pre­mière dé­fi­ni­tion vé­hi­cule les no­tions d’amu­se­ment, de lé­gè­re­té… de dia­logues par­lés. Les voix de Gé­né­raux d’ar­mées ima­gi­naires, épin­glés de mé­dailles fac­tices, y croisent celles de jeunes amou­reux naïfs : le Pa­ris du XIXe siècle et de ses splen­deurs ! La co­mé­die mu­si­cale a un par­fum d’après-guerre, de mises en scène luxu­riantes à la Broad­way, d’em­prunts au jazz et aux or­ches­tra­tions sym­pho­niques à l’amé­ri­caine. L’opé­ra rock ? Le dé­fi de la pé­ren­ni­té du style, adap­té aux mu­siques ac­tuelles ! Il fal­lait oser le terme et l’im­po­ser avec suc­cès comme ce­la fut le cas ! Telle la phrase de Fré­dé­ric Cho­pin « Res­pec­tez l’an­cien, mais in­té­res­sez-vous aus­si au nou­veau » . Mi­chelle Da­vène

Elle n’est pas une salle d’opé­ra mais mé­rite cet hom­mage à titre de pa­rente éprou­vée de la grande

fa­mille du spec­tacle : « La fa­çade du ca­fé‐concert

du Ba­ta­clan » et son toit en forme de pa­gode, dans sa concep­tion de 1864 par l’ar­chi­tecte Charles Du­val.

La salle du Théâtre Mu­si­cal

du Châ­te­let.

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