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Com­ment est né Do­ni Do­ni ?

érik Truf­faz : On est re­ve­nus à un pro­ces­sus d’en­re­gis­tre­ment an­cien qui consiste à ré­pé­ter avant d’en­re­gis­trer. C’est une ques­tion d’ar­gent, sur­tout, parce que les stu­dios coûtent cher, on ne peut pas pas­ser quinze jours à en­re­gis­trer. Et puis on est plus se­rein quand on ar­rive en stu­dio avec un ré­per­toire. Si­non, ça peut être l’hor­reur. Com­ment se dé­roule l’étape de com­po­si­tion ? Est-ce un pro­ces­sus col­lec­tif ?

é.T. : Cer­tains mor­ceaux sont is­sus de l’im­pro­vi­sa­tion. Par exemple, « Pa­che­co » : Mar­cel­lo Giu­lia­ni trouve une ligne de basse, Ar­thur Hna­tek suit à la bat­te­rie et je trouve une mélodie. On fait tour­ner le mor­ceau, je l’en­re­gistre avec mon Zoom. Le len­de­main, on le réécoute et on s’aper­çoit que la mélodie est chouette mais ne convient pas du tout. Be­noît Cor­boz, le cla­vier, re­part chez lui et trouve autre chose. Et la pre­mière mélodie de­vient celle d’un autre mor­ceau, « Sze­re­lem ». Autre exemple, ce­lui de « Fat Ci­ty ». La ryth­mique vient d’une pièce que j’ai écrite pour deux pia­nos clas­siques avec des ac­cords un peu tor­dus à la Bar­tok. Au bout d’une de­mi-heure qu’on la joue en groupe, on tourne en rond. Là, je dis au bat­teur, Ar­thur : « Cherche-nous quelque chose, on est coin­cés ». Et c’est lui qui a trou­vé le dé­ve­lop­pe­ment. Pour « Dji­ki’n » – sur le­quel chante Ro­kia Trao­ré –, j’étais au Bré­sil, j’écou­tais des chan­sons de Ro­kia sur YouTube pour m’im­pré­gner. En­suite, j’ai com­po­sé quelques ac­cords que j’ai ame­nés à la ré­pé­ti­tion d’après. Pour « Sey­dou », Giu­lia­ni avait une ligne de ban­jo. Il nous l’a jouée et on a construit le mor­ceau comme ça. Cha­cun amène des pe­tites choses et puis après c’est un peu un la­bo­ra­toire. Il y a des choses qui naissent en­tiè­re­ment du groupe et d’autres ap­por­tées par les gens du groupe. Sur l’édi­tion De­luxe et vi­nyle de Do­ni Do­ni, fi­gure une longue « Bruxelles Ses­sion », pou­vez-vous nous en par­ler ?

é.T. : On était au stu­dio ICP, l’al­bum était fi­ni, on avait tout en­re­gis­tré. On avait une soi­rée de libre et on s’est dit « on se lâche ! ». Ces vingt mi­nutes sont sor­ties comme ça, sans s’ar­rê­ter. Quand on ar­rive à conce­voir une suite im­pro­vi­sée comme celle-là, pour moi, c’est ce qui est le plus proche d’un acte poé­tique. La mu­sique spon­ta­née, c’est ce que je pré­fère écou­ter avec les chan­sons. Pou­voir com­po­ser de la mu­sique en im­pro­vi­sant est ex­tra­or­di­naire. Pour « Bruxelles Ses­sion », on n’a pas eu be­soin de faire de mon­tage,

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