Mmoths

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Lu­ne­works [Be­cause Mu­sic / War­ner]

L’Ir­lan­dais Jack Col­le­ran n’a pas en­core 23 ans mais ses an­nées re­belles sont dé­jà der­rière lui. En tout cas, la mu­sique qu’il crée sur son lap­top sonne plus ma­ture et mé­lan­co­lique que son âge ne pour­rait le sug­gé­rer. C’est en 2010, une se­maine après s’être es­sayé à Able­ton Live, qu’il a in­ven­té son al­ter ego, Mmoths. De­puis, il a sor­ti plu­sieurs maxis et tour­né avec Aphex Twin. Pre­mier abou­tis­se­ment, cet al­bum le voit faire la dé­mons­tra­tion de son sa­voir-faire. S’il a été com­po­sé sur un or­di­na­teur por­table, Lu­ne­works n’em­prunte pas les au­to­routes de l’élec­tro­nique et té­moigne au contraire d’une grande fi­nesse. Nappes syn­thé­tiques, fri­se­lis de pia­no, rythmes sub­tils et sound de­si­gn d’or­fèvre s’unissent pour com­po­ser des plages at­mo­sphé­riques à peine se­couées par l’ir­rup­tion par­ci­mo­nieuse d’une voix – celle de Col­le­ran. Em­preinte d’am­biances noc­turnes – l’ins­pi­ra­tion se­rait ve­nue d’un sé­jour plein d’in­som­nies à L.A. –, cette di­zaine de mor­ceaux lou­voie entre am­bient et elec­tro­ni­ca in­car­née avec des soup­çons de shoe­ga­zing (My Bloo­dy Va­len­tine, in­fluence as­su­mée). Si Mmoths sort par­fois de sa tor­peur (« 1709 »), il pré­fère néan­moins les com­po­si­tions en ape­san­teur qui se suc­cèdent par vagues dans une grande ho­mo­gé­néi­té. Beau et rê­veur pre­mier al­bum.

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