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hoi­sis avec le plus grand soin, les pro­cess de prise sont peu nom­breux et obli­ga­toi­re­ment lé­gers, mais ils peuvent gran­de­ment amé­lio­rer la cap­ta­tion en em­bel­lis­sant et va­lo­ri­sant le timbre vo­cal tout en condi­tion­nant har­mo­nieu­se­ment la dy­na­mique de la voix afin de la rendre com­pa­tible avec un en­re­gis­tre­ment de proxi­mi­té. Pro­ve­nant né­ces­sai­re­ment d’élec­tro­niques de qua­li­té à forte va­leur ajou­tée, ces trans­for­ma­tions sont dé­fi­ni­tives : il n’est pas ques­tion de re­ve­nir sur des op­tions ap­pli­quées à la source ! Si vous n’avez pas… ne faites pas ! Pre­nez « tout droit » en n’agis­sant que sur la sec­tion mo­ni­to­ring de votre sys­tème ; c’est gran­de­ment pré­fé­rable ! Mes pre­miers pas sont en­core mar­qués des conseils de pur bon sens des in­gé­nieurs d’ex­pé­rience que j’as­sis­tais : ils cher­chaient à tout prix à m’in­cul­quer la par­ci­mo­nie. Pour eux, la mise en ser­vice d’une EQ était presque sy­no­nyme d’un mau­vais choix de mi­cro ou d’un pla­ce­ment ra­té ! École de ri­gueur, donc, mais… ras­su­rez-vous, j’ai très vite ren­con­tré mes men­tors de la gé­né­ra­tion sui­vante qui, eux, m’ex­pli­quaient à l’in­verse que si le gain des cor­rec­teurs d’une con­sole MCI JH500 était gra­dué jus­qu’à + ou - 14 dB, il y avait une bonne rai­son pour ça et qu’il ne fal­lait pas s’in­ter­dire de s’en ser­vir ! Bien sûr, il n’y a pas d’ab­so­lue vé­ri­té en la ma­tière et les mé­thodes dif­fèrent, mais il reste que la voix hu­maine construit son équi­libre tim­bral à par­tir du mé­dium. Cet équi­libre est fra­gile et sub­til et toute cor­rec­tion dras­tique et trop ponc­tuelle dans cette par­tie du spectre dé­truit cette ba­lance na­tu­relle et com­pro­met l’in­té­gri­té du si­gnal et sa fa­cul­té à se mé­lan­ger fa­ci­le­ment à d’autres élé­ments dans le fu­tur mixage. Eh oui, une voix très for­te­ment cor­ri­gée prend dé­fi­ni­ti­ve­ment une em­preinte ar­ti­fi­cielle qui la sui­vra dans tout son par­cours ! Si la cor­rec­tion est ju­di­cieuse mais trop mar­quée, c’est dé­jà gê­nant… Ima­gi­nez main­te­nant que les points de cor­rec­tion soient mal choi­sis : un vé­ri­table dé­sastre et, qui plus est, ir­ré­pa­rable ! Or… il est fa­cile de se trom­per !

Oui, mais alors ? Avec ces risques ma­jeurs et sa­chant qu’on peut ap­pli­quer tous types de trai­te­ments de ma­nière non des­truc­tive plus tard dans le work­flow, quelles sont donc les rai­sons qui peuvent nous ame­ner à choi­sir de pro­ces­ser tout de même une voix lors de son en­re­gis­tre­ment ? Soyons clairs, au­jourd’hui ces rai­sons se sont ra­ré­fiées et cette op­tion doit res­ter fa­cul­ta­tive. En­core une fois, elle est utile et ne se­ra re­te­nue que si votre chaîne vo­cale, vos mo­dules d’EQ et de com­pres­sion sont ir­ré­pro­chables ! C’est le cas ? Alors al­lons-y !

Pre­mier pas : les EQ

Voi­ci une pre­mière cor­rec­tion qui, elle, doit être sys­té­ma­tique : le passe-haut (ou coupe-bas, c’est la même chose !). Rap­pe­lons-le, cette cou­pure est es­sen­tielle pour se dé­bar­ras­ser de la par­tie in­utile du spectre qu’est l’in­fra-grave, très fa­ci­le­ment cap­tée en proxi­mi­té par les dia­phragmes larges qui consti­tuent l’es­sen­tiel de la flotte des mi­cros de voix. Les fon­da­men­tales les plus basses d’un chan­teur (bien vi­ril !) des­cendent ra­re­ment en des­sous de 100 Hz. Par pré­cau­tion, di­sons que nous pou­vons cou­per ce qui se si­tue en des­sous de 50 ou 75 Hz (à ajus­ter tout de même en fonc­tion de dif­fé­rents contextes !). J’ai la chance de pos­sé­der un Pul­tec HLF-3 qui a le mé­rite de re­po­si­tion­ner le rôle d’un filtre passe-haut, je ne conçois plus

une prise de voix sans lui ! (fi­gure 1). Cette por­tion de spectre est gê­nante car elle vient en­com­brer le si­gnal et elle ne contient que des « in­dé­si­rables » (plo­sives, rumbles de cli­ma­ti­sa­tion, bruits so­li­diens, etc.). De plus, sou­ve­nons-nous que ce grave risque d’être re­mon­té avec les couches de com­pres­sion suc­ces­sives jus­qu’au mas­te­ring. S’il n’est pas éli­mi­né au tout dé­but de la chaîne, il se­ra pro­ces­sé avec le reste du si­gnal vo­cal et ren­dra le ré­glage de vos seuils dy­na­miques in­uti­le­ment dé­li­cat. Ce HPF (High Pass Fil­ter) de pré­am­pli ou d’EQ doit donc com­plé­ter ce­lui qu’on au­ra pris soin d’en­clen­cher sur le mi­cro lui-même en ayant choi­si à la base une fré­quence et une pente adap­tées (fi­gure 2). Cer­tains cas de fi­gure peuvent vous ame­ner à bous­cu­ler ces re­pères : l’en­re­gis­tre­ment d’un live en plein air risque de vous obli­ger à cou­per beau­coup plus haut. Un peu de vent, des ma­ni­pu­la­tions bru­tales, et la zone des « moins de 150 Hz » de­vient tel­le­ment bruyante qu’elle

Lorsque cer­tains dé­fauts de­viennent des qua­li­tés

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