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llo Klaus, j’ai quelque chose pour toi : un très rare Re­vox quatre pistes. Ça t’in­té­resse ? » À l’ori­gine de cet ap­pel, une vieille connais­sance : un in­gé­nieur que l’on pour­rait af­fu­bler du vi­lain qua­li­fi­ca­tif de tech­ni­co-com­mer­cial, que j’ai connu à l’époque où il tra­vaillait chez Pia­no Cen­ter, un im­por­ta­teur et dis­tri­bu­teur de pointe au mi­lieu des an­nées 70. Le Jean-Claude Le­coq en ques­tion y était dé­jà spé­cia­liste des cla­viers élec­tro­niques, en par­ti­cu­lier des syn­thé­ti­seurs, un ta­lent qu’il a dé­ve­lop­pé par la suite en co-di­ri­geant la fa­meuse of­fi­cine Nu­me­ra, l’in­con­tour­nable du syn­thé­ti­seur et de l’au­dio pro d’alors, où il va « in­gé­nier » en re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment. Dans les an­nées 80 il se re­trouve aux cô­tés de son ami Tom Obe­rheim, en Ca­li­for­nie, à l'époque bé­nie des OB-8, Ma­trix-12 et autres Xpan­der. Il in­tègre les équipes d’Au­dient (comme in­gé­nieur R&D), et de SCV Lon­don (où il est Head of Di­gi­tal Re­search), en Grande-Bre­tagne, boîte dans la­quelle il monte une équipe de re­cherche en nu­mé­rique, la­quelle va réa­li­ser no­tam­ment le fa­meux pro­ces­seur DigEQ. Il va dans la fou­lée in­té­grer les équipes de LA Au­dio et y dé­ve­lop­per quan­ti­té de « cle­ver lit­tle boxes ».

Dé­clas­sé mais frin­gant

Un ser­vice cultu­rel dé­par­te­men­tal, comme il en existe des cen­taines dans notre beau pays de France. Il est de mise, dans toute ad­mi­nis­tra­tion, quand un ap­pa­reil fai­sant par­tie du parc ma­té­riel tech­nique est consi­dé­ré ob­so­lète, de l’en­voyer à la casse ou éven­tuel­le­ment, sous cer­taines condi­tions, de le don­ner, mais en au­cun cas de le vendre. Un ma­gné­to­phone quatre pistes de belle fac­ture, ac­quis dans les an­nées 80, va opé­rer dans le ser­vice jus­qu’en 1995 quand il se re­trouve dé­clas­sé et re­mi­sé au SAV. Un ami de notre do­na­teur, qui tra­vaille dans ce ser­vice, voyant alors le pauvre Re­vox C274, en­core frin­gant, sur le point de quit­ter ce monde, dé­barque un jour chez lui avec dans ses bras le lourd bi­be­lot.

Jean-Claude Le­coq : « N'en ayant pas vrai­ment l’uti­li­té, j'ai pen­sé à ton mu­sée et pré­vu de le dé­pan­ner avant de te le don­ner. Je ne l'ai donc ja­mais uti­li­sé sauf pour des tests. J'ai so­lu­tion­né le pro­blème d'une piste en lec­ture, mais la cel­lule de dé­tec­tion de bande d'ori­gine avait dis­pa­ru et avait été rem­pla­cée à la hus­sarde (per­ceuse ai­dant) par… je n'ose­rai dire quoi. Je me suis quand même dé­ci­dé à te l'ap­por­ter en es­pé­rant que tu en trouves un ayant la sec­tion trans­port fonc­tion­nant cor­rec­te­ment. » Un ap­pel est lan­cé…

Stu­der Re­vox

Le ma­gné­to­phone Re­vox C274 au­rait pu tout à fait por­ter le glo­rieux pa­tro­nyme de Stu­der tant la ma­chine est pro. Ce quatre-pistes sur bande quart de pouce, dé­cli­né du deux-pistes C270 (qui suc­cé­dait au fa­meux PR99), est do­té de trois têtes, de trois mo­teurs (di­rect drive) et d’un haut-par­leur de mo­ni­to­ring. Il pro­pose deux vi­tesses, 19 et 38 (cen­ti­mètres par se­conde), mais par­fois aus­si 9,5 dans la ver­sion LS (Low Speed) ou même moins dans la ver­sion SLS. Sa ré­ponse en fré­quences s’étend jus­qu’à 22 kHz et l’on peut ré­gler la dé­via­tion de la vi­tesse avec une grande pré­ci­sion (en fa­çade) : de - 33 % à + 50 % ! Comme sur un ma­gné­to pro, plu­sieurs fonc­tions de lo­ca­li­sa­tion (avec mé­moire de po­si­tion) sont dis­po­nibles, ain­si que la pos­si­bi­li­té de consti­tuer des boucles. Il n’est pas équi­pé de vu­mètres mais de bar­graphs à leds, d’une carte syn­chro et du Dol­by HX Pro. Re­vox a même été jus­qu’à dé­ve­lop­per un huit-pistes : le C278, en­core plus rare que le 274, qui se­ra ac­com­pa­gné d’un mé­lan­geur, le C279, pro­po­sant cu­rieu­se­ment six en­trées.

Mer­ci Mr Le­coq pour votre « don du son » ! Klaus Blas­quiz

Jean‐Claude Le­coq et le frin­gant Re­vox C274.

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