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e tra­vail d’un at­ta­ché de presse, c’est quoi ?

La mis­sion d’un at­ta­ché de presse reste tou­jours un peu la même. Il vé­hi­cule l’in­for­ma­tion qu’il veut faire pas­ser aux mé­dias et au pu­blic. De l’avis de tous, un bon at­ta­ché de presse doit avoir un bon re­la­tion­nel. Il est pa­tient et dé­tient un car­net d’adresses bien rem­pli (en clair, avoir le nu­mé­ro de por­table de tout le monde). D’après Na­tha­lie Ri­dard (di­rec­trice de pro­mo­tion à l’agence Ephé­lide) (fi­gure 1), « la fa­çon de tra­vailler a chan­gé : au dé­but, on pas­sait des heures in­nom­brables à en­voyer des in­vi­ta­tions de concert par fax, au­jourd’hui, le mail per­met de tra­vailler ra­pi­de­ment. Néan­moins, il pré­sente le risque de sa­tu­rer très vite le jour­na­liste quand ils sont trop nom­breux. »

C’est le bon re­la­tion­nel avec le jour­na­liste qui fi­ni­ra par le convaincre de mettre en avant l’ar­tiste qu’on dé­fend. Ça veut dire le ren­con­trer et le contac­ter ré­gu­liè­re­ment au té­lé­phone. Le jour­na­liste est aus­si ga­gnant à ce jeu, car l’at­ta­ché de presse lui sert de mo­dé­ra­teur. En ef­fet, sou­vent noyé dans la masse des de­mandes qui lui par­viennent, le jour­na­liste a du mal à choi­sir entre tel ou tel ar­tiste. C'est ici une belle carte à jouer pour l’at­ta­ché de presse.

Alors, contact par mail ou contact phy­sique ? Ça dé­pend, car, tou­jours d’après Na­tha­lie Ri­dard, « en ra­dio, l’at­ta­ché de presse se dé­place et ne com­mu­nique pas par mail. Il s’agit là d’or­ga­ni­ser des ren­dez-vous ou dé­jeu­ners ra­dio, idem pour la té­lé­vi­sion. Il faut ga­gner la confiance des gens et faire le for­cing pour qu’ils fi­nissent par écou­ter les pro­jets qu’on leur en­voie. Dé­jà, au temps des fax, il y a vingt ans, il fal­lait re­lan­cer les gens après leur en­voi, au­jourd’hui, la re­lance se fait par té­lé­phone et tex­tos. »

My­riam As­truc (at­ta­chée de presse in­dé­pen­dante de­puis 1992) (fi­gure 2), de son cô­té, ap­puie sur l’as­pect ci­blage : être à l’écoute des jour­na­listes et les contac­ter ré­gu­liè­re­ment, oui mais pas n’im­porte comment, elle pré­fère ap­pe­ler cinq jour­na­listes dans une jour­née plu­tôt que trente à la va-vite. Elle dit : « Par­fois on ra­conte l’his­toire de l’al­bum mais aus­si l’his­toire per­son­nelle de l’ar­tiste. Si la presse mu­si­cale joue le jeu, c’est moins le cas avec les quo­ti­diens et heb­do­ma­daires, car ceux-là ont ré­duit leurs pages dé­diées à la culture. »

Ci­bler où et qui ? My­riam As­truc ajoute : « Je n’ar­rive plus à sa­voir quel est le mé­dia qui fait vendre… Sauf quand il s’agit de ra­dio na­tio­nale comme France In­ter ou Fip. Une chose est sûre, l’at­ta­ché de presse doit ap­pe­ler les mé­dias qu’il consomme ! »

La mi­ni-bio tou­chée par les bud­gets en baisse

La mi­ni-bio est l’élé­ment qui ac­com­pagne obli­ga­toi­re­ment le sup­port qu’on adresse aux jour­na­listes. Ici, sa ré­dac­tion ain­si que sa per­ti­nence doivent être soi­gnées. Sauf que, d’après My­riam As­truc, si au­pa­ra­vant l’en­ve­loppe bud­gé­taire al­louée à la bio était suf­fi­sante pour s’adres­ser à un pro (sou­vent un jour­na­liste qui sait ce que les autres jour­na­listes veulent en­tendre), au­jourd’hui ce n’est plus le cas, pire en­core, c’est l’ar­tiste qui s’en charge lui-même ou alors l’agence en ac­cord avec l’ar­tiste. Pour­tant, ce n’est pas la mer à boire, une bio s’étale sur une à deux feuilles et coûte entre 100 et 150 € l’uni­té.

Évi­ter l’em­ploi d’un ré­dac­teur ex­pé­ri­men­té n’est pas tou­jours pos­sible. My­riam As­truc cite l’exemple d’un ar­tiste rap­peur pour qui elle tra­vaille. Ici, la géo­po­li­tique vient se mê­ler à l’his­toire per­son­nelle de l’ar­tiste. Elle doit donc faire ap­pel à un jour­na­liste pro­fes­sion­nel qui, de sur­croît, doit connaître l’his­toire du Proche- Orient.

Glo­ba­le­ment, la crise du disque a tou­ché de plein fouet le bud­get al­loué à la pro­mo­tion. On peut es­ti­mer une baisse de 40 % du chiffre d’af­faires gé­né­ré par les agences spé­cia­li­sées. En ef­fet, il est dif­fi­cile de de­man­der à un ar­tiste in­dé­pen­dant une en­ve­loppe de 5 000 € quand il ne dé­passe pas les 1 000 exem­plaires à la vente. Du coup, le bud­get ne dé­passe pas 3 500 € pour une masse de tra­vail qui reste énorme, car, même à ce ta­rif, l’at­ta­ché de presse s’éver­tue à tra­vailler sur l’en­semble des mé­dias. Avant, il se concen­trait uni­que­ment sur la presse écrite et pour une en­ve­loppe double.

Sup­port phy­sique ou lien di­gi­tal, en 2016 ?

Pour Na­tha­lie Ri­dard, « à la presse gé­né­ra­liste, mieux vaut en­voyer un CD, à l’in­verse, les liens suf­fisent pour la presse spé­cia­li­sée et les mé­dias du web, sauf quand il s’agit d’un ar­tiste en dé­ve­lop­pe­ment, ici, c’est l’en­voi sys­té­ma­tique du sup­port phy­sique ac­com­pa­gné de la bio. »

Ma­rie Britsch – Ser­vice de Presse.

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