Ré­gis­seur son et lu­mière pé­da­go­gie lu­dique

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Pierre Groepche est ré­gis­seur son et lu­mière de salle de spec­tacle et… du spec­tacle à la pé­da­go­gie, il n’y a eu qu’un pas à fran­chir pour que ce pas­sion­né de jazz fasse par­ta­ger son en­thou­siasme aux jeunes gé­né­ra­tions !

KR:Quel a été votre par­cours d’études ? Pierre Groepche : J'ai com­men­cé la gui­tare au conser­va­toire à l'âge de 10 ans, mal­gré de très bons ré­sul­tats, j'avoue que l'en­sei­gne­ment tra­di­tion­nel me re­bu­tait. J'ai conti­nué en au­to­di­dacte, me pas­sion­nant pour le jazz et la mu­sique la­tine. J'ap­pre­nais avec dif­fé­rentes mé­thodes, j’ai pris quelques cours. Je pas­sais des heures à écou­ter Ba­den Po­well et à dé­chif­frer d'oreille ce qu'il jouait. Le plus im­por­tant pour moi a été aus­si de mul­ti­plier les ren­contres mu­si­cales et de jouer avec d'autres mu­si­ciens : c'est dans l'échange que l'on ap­prend à jouer en for­ma­tion et à être à l'écoute. J'ai en­suite re­pris des études mu­si­cales au CIM à Pa­ris, et des cours avec Laurent Rou­bach. Je dis­pose éga­le­ment d’une for­ma­tion de tech­ni­cien du son. Comment en êtes-vous ra­pi­de­ment ve­nu à en­vi­sa­ger une dé­marche pé­da­go­gique ?

De­puis long­temps, j'avais en­vie de créer un spec­tacle mu­si­cal jeune pu­blic, sans trop sa­voir comment faire, ni avoir vrai­ment d'idées in­té­res­santes. En tant que mu­si­cien de jazz, je joue dans di­verses for­ma­tions swing et la­tines, j'ai re­mar­qué que les en­fants étaient sen­sibles à ce rythme qui donne en­vie de ta­per du pied et, là, l'idée m'est ve­nue de mon­ter un spec­tacle jeunes et tout pu­blic sur l'his­toire du swing. J'ai com­men­cé par créer mon as­so­cia­tion, j'ai en­suite mon­té une vi­déo édu­ca­tive en in­tro­duc­tion au spec­tacle, afin de re­tra­cer les ori­gines de ce mou­ve­ment mu­si­cal. Je vou­lais que ce spec­tacle soit édu­ca­tif mais bien sûr aus­si lu­dique. De plus, je vou­lais rendre hom­mage au peuple noir et ou­vrir les en­fants aux va­leurs hu­maines qui nous font tel­le­ment dé­faut dans ce XXIe siècle. Le but était éga­le­ment de sen­si­bi­li­ser les en­fants à l'ap­pren­tis­sage mu­si­cal. Le pas­sage à la réa­li­sa­tion…

Tout en écri­vant le conte mu­si­cal, j'ai ré­flé­chi au ré­per­toire, afin qu'il soit co­hé­rent dans les époques et dans l'his­toire, il a bien sûr fal­lu tra­vailler sur les to­na­li­tés des mor­ceaux choi­sis pour qu'ils cor­res­pondent à la tes­si­ture de la chan­teuse. Le tra­vail de ré­pé­ti­tion a été as­sez court, cinq ses­sions ont suf­fi pour mon­ter le ré­per­toire et les ar­ran­ge­ments, à rai­son d'une ré­pé­ti­tion toutes les deux se­maines ; bien sûr cha­cun a fait un tra­vail per­son­nel de son cô­té. Mais le plus in­té­res­sant a été de faire les ar­ran­ge­ments où cha­cun a ap­por­té son uni­vers. L’as­pect plus ad­mi­nis­tra­tif et lo­gis­tique ?

En pa­ral­lèle, j'ai com­men­cé à ré­flé­chir à un en­droit de ré­si­dence pour fi­na­li­ser le spec­tacle. Jean-Bap­tiste Jo­bard, di­rec­teur du Pince Oreilles – ré­seau de mu­siques ac­tuelles de Seine-et-Marne –, m'a conseillé de me di­ri­ger vers San­drine Cour­tial qui est coor­di­na­trice à la MJC Bo­ris Vian de Pon­tault-Com­bault. On s'est ren­con­trés et nous avons dé­ci­dé d'al­ler voir l'élue à la culture de Pon­tault-Com­bault afin de lui pré­sen­ter le pro­jet et elle y a été sen­sible. Elle m'a per­mis de bé­né­fi­cier gra­cieu­se­ment des stu­dios de ré­pé­ti­tion des Pas­se­relles et nous a di­ri­gés vers le Pub ADK de Rois­sy-en-Brie – scène de mu­siques ac­tuelles. J'ai donc ren­con­tré son di­rec­teur, Gaël Cha­vance, qui a sou­te­nu le pro­jet. On a mis en place des dates de ré­si­dence, en ayant pour fi­na­li­té une re­pré­sen­ta­tion gé­né­rale avec deux classes de CM1/CM2 de la com­mune de Rois­sy-en-Brie et une pre­mière re­pré­sen­ta­tion jeunes et tout pu­blic. Nous sommes res­tés trois jours dans ce lieu, pour faire des fi­lages tech­niques et ar­tis­tiques. Et le ré­sul­tat ?

La re­pré­sen­ta­tion gé­né­rale avec les écoles nous a per­mis de voir à quelle tranche d'âge le spec­tacle cor­res­pon­dait et sur­tout comment il était per­çu. Les en­fants ont très bien par­ti­ci­pé et nous ont po­sé de nom­breuses ques­tions in­té­res­santes sur le jazz. Nous avons été éton­nés de leur in­té­rêt. À ce stade, on s'est aper­çu que le spec­tacle était bien mon­té, et que le tra­vail avait por­té ses fruits. La pre­mière re­pré­sen­ta­tion a été ac­cueillie avec un franc suc­cès et une salle comble. Comment en­suite pour­suivre l’aven­ture ?

La dif­fi­cul­té main­te­nant consiste à conti­nuer de faire vivre le spec­tacle. Un se­cond tra­vail est en train de se mettre en route. Créer un ré­seau de con­tacts, dif­fu­ser le spec­tacle, le pro­mou­voir, re­voir quelques dé­tails tech­niques et ar­tis­tiques, pour le rendre en­core plus at­trac­tif. De nou­veaux pro­jets en pers­pec­tive ?

Tout en mon­tant ce spec­tacle je pen­sais dé­jà au pro­chain : l'his­toire d'une gui­tare bré­si­lienne jouant de la sam­ba et ren­con­trant un saxo­phone jouant ter­naire… le dé­but de la bos­sa no­va, et son swing ve­lou­té. Quelques mots sur le conte­nu de ce spec­tacle…

« Voyage au­tour du swing : de Ba­sin Street à la Chope des Puces » est un par­cours ini­tia­tique sur l’his­toire du jazz des­ti­né aux en­fants. Re­la­tant les pé­riples mu­si­caux des champs de co­ton du Mis­sis­sip­pi au swing pa­ri­sien en pas­sant par la Nou­velle-Or­léans, ce ren­dez-vous consa­cré au jeune pu­blic est

« Voyage au­tour du swing : de Ba­sin Street à la Chope des Puces », où l’on re­trouve Pierre Groepche à la gui­tare.

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