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Six ans se sont écou­lés entre Bar­king et votre nou­vel al­bum… six ans que Rick et vous avez pas­sés sou­vent loin d’Un­der­world.

Karl Hyde : Nous sommes en­semble de­puis 36 ans, main­te­nant, Rick et moi ! Au bout d’un mo­ment, tes frus­tra­tions, tout ce que tu ne peux pas faire, tu ac­cuses l’autre d’en être res­pon­sable. Tu com­mences à dire que l’autre te fait ré­gres­ser et, avant même que tu ne le saches, le groupe n’existe plus. Nous, nous avons dé­ci­dé que ja­mais nous ne nous sé­pa­re­rions. Dans ce cas, il faut par­tir ailleurs pour en­suite mieux re­ve­nir. Ça a été gé­nial, nous avons tra­vaillé en­semble sur la mu­sique de la pièce de théâtre Fran­ken­stein, Rick a consa­cré du temps à la cé­ré­mo­nie des JO de Londres con­çue par Dan­ny Boyle. Moi, j’ai en­re­gis­tré un al­bum so­lo, col­la­bo­ré avec Brian Eno… Tous ces pro­jets te per­mettent aus­si de com­prendre ce que ton par­te­naire réa­lise. Parce que, quand il n’est pas là, tu te rends compte que, ce qu’il fait ha­bi­tuel­le­ment, tu de­vras t’en char­ger toi-même ! Bien sûr, tu ap­prends de nou­velles mé­thodes en tra­vaillant avec d’autres… Mais, un jour, tu t’aper­çois qu’il te manque quelque chose : le même par­te­naire dont tu cher­chais à t’éloi­gner. En en­re­gis­trant avec Brian Eno, avez-vous uti­li­sé ces fa­meuses cartes de « stra­té­gie oblique » ?

Je dé­teste ces pu­tains de cartes ! Es­sen­tiel­le­ment parce que mon cer­veau fonc­tionne dé­jà comme ça, comme s’il y avait à l’in­té­rieur un tas de dés. Si je tire une de ces cartes, j’ai l’im­pres­sion de de­ve­nir dys­lexique. Un jour, il m’en a fait ti­rer une et ça m’a vrai­ment mis en co­lère. Tout le monde trou­vait ça fan­tas­tique et moi je ru­mi­nais : « Mais qu’est-ce que ça si­gni­fie ? » Après le dé­jeu­ner, je suis re­ve­nu en stu­dio avant les autres et j’ai échan­gé ma carte avec une autre dont je com­pre­nais le mes­sage. À part ça, tra­vailler avec Brian est la chose la plus fa­cile au monde tant, au dé­but des 80’s, Rick et moi nous nous sommes im­pré­gnés de sa phi­lo­so­phie. Pour re­ve­nir à Un­der­world, quand vous êtes-vous re­trou­vés Rick et vous ?

En 2014, quand nous avons ré­pé­té pour re­jouer Dub­no­bass­with­my­head­man sur scène. Rick m’avait brie­fé : « Tu dois exac­te­ment chan­ter comme il y a vingt ans. » J’ai vrai­ment dû me mettre dans l’état d’es­prit qui était le mien en 1993-1994. Les mor­ceaux de cet al­bum sont si spé­ciaux, avec des élé­ments dont, à l’époque, nous igno­rions la pré­sence : des fré­quences, des sons, une at­ti­tude… Quand nous sommes al­lés dans la salle de ré­pé­ti­tion, Rick et moi avons vé­cu un su­per mo­ment. Nous nous sommes par­lé de ma­nière très franche, sans mâ­cher nos mots, et ce­la a été vite clair que nous al­lions re­faire un al­bum en­semble. De quoi êtes-vous par­tis ?

D’un constat. Lui et moi en avions marre des plug-ins et des lo­gi­ciels de syn­thé. Le pro­blème de ces lo­gi­ciels, c’est que tout le monde peut se les

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