Ci­ne­mor­phX

Plus que la somme de ses com­po­sants

KR Home-Studio - - BONS PLANS - Fi­gure 2

Pro­duit par les Amé­ri­cains de Sample Lo­gic, Ci­ne­mor­phX est pré­sen­té par leurs au­teurs comme « la boîte à ou­tils com­plète du com­po­si­teur ». La ligne édi­to­riale reste celle po­sée dès le dé­part par cette équipe de com­po­si­teurs, à sa­voir « blur­ring the line bet­ween mu­sic and sound de­si­gn ». Et ils y ar­rivent par­fai­te­ment, comme nous al­lons le consta­ter.

Il y a main­te­nant presque dix ans, Sample Lo­gic sor­tait AIR, l’acro­nyme de « Am­bience, Im­pacts, Rhythms ». Il s’agis­sait d’un en­semble d’ou­tils de com­po­si­tion à des­ti­na­tion des com­po­si­teurs et sound de­si­gners de mu­sique à l’image (TV, films, jeux vi­déo). On y pen­sait la créa­tion de ma­nière glo­bale, par strates fonc­tion­nelles, en te­nant compte des contraintes de temps, tou­jours très ser­rées dans ces mé­tiers. Plu­sieurs autres opus sui­virent, comme The Ele­ments ou Sy­ner­gy, avec cette idée de mor­pher élec­tro­nique et sons acous­tiques d’ins­tru­ments world. Au­jourd’hui avec Ci­ne­mor­phX, c’est une syn­thèse de ce par­cours qui nous est pro­po­sée.

Ins­tru­ment unique

Comme plu­sieurs des ins­tru­ments ré­cents de la marque (voir KR n° 312, 307, 303), Ci­ne­mor­phX ne pro­pose à l’ou­ver­ture qu’un seul ins­tru­ment qui ras­semble tous les pre­sets. En chiffres, ce­la donne 30,49 Go de samples com­pres­sés en 44,1 kHz / 24 bits, ain­si que plus de 3 200 sound­sources, 900 sound­cores et 4 000 ins­tru­ments. L’ar­chi­tec­ture de Ci­ne­mor­phX part des sound­sources. En com­bi­nant deux sound­sources avec di­vers pa­ra­mètres, on ob­tient un sound­core. Jus­qu’à quatre sound­cores plus leurs ef­fets et pa­ra­mètres peuvent être com­bi­nés en un pre­set (fi­gure 1). Il existe deux types de pre­sets : les pre­sets single core qui uti­lisent un seul sound­core et font ap­pel à deux sound­sources, et les pre­sets mul­ti core pour les­quels on dis­pose de quatre sound­cores et huit sound­sources. Dans les deux cas, les mêmes ef­fets et le step ani­ma­tor sont dis­po­nibles. Oui, il fau­dra un temps cer­tain pour faire le tour du pro­prié­taire. Aus­si une des ap­proches les plus agréables pour dé­cou­vrir Ci­ne­mor­phX est de na­vi­guer dans ses pre­sets, soit au ha­sard, soit en com­men­çant au dé­but, ou en­core en par­tant des ca­té­go­ries pro­po­sées par les quatre brow­sers (fi­gure 2). Chaque brow­ser est en ef­fet di­vi­sé en quatre ca­té­go­ries de dé­part, en­suite el­les­mêmes sub­di­vi­sées en « am­biances » : At­mos­pheres, Ins­tru­men­tals, Loops et Per­cus­sive. Soit 1 060, 385, 1 035, 730 pour les sound­sources, 260, 185, 225, 165 pour les sound­cores, 1 060, 570, 1 260, 840 pour les single cores et 72, 91, 68, 78 pour les mul­ti cores, pour les­quels on trouve une ca­té­go­rie, les one note com­bi­na­tions (54), qui per­mettent sur une seule note de jouer un mor­ceau com­plet !

In­ter­face

L’in­ter­face de Ci­ne­mor­phX, comme celle des pro­duits tes­tés dans les pré­cé­dents nu­mé­ros de KR, est com­po­sée de deux fe­nêtres prin­ci­pales ac­ces­sibles par des on­glets en bas à gauche : « Main » (fi­gure 3) et « Step Ani­ma­tor ». La pre­mière per­met de fa­bri­quer les sons à par­tir des sound­sources, puis des sound­cores, ré­par­tis en quatre zones au­tour d’une zone cen­trale ovoïde, le « 3D Mixer ». Par ce der­nier, l’uti­li­sa­teur morphe en live les quatre sound­cores, et peut s’il le sou­haite en­re­gis­trer cette ma­ni­pu­la­tion pour la re­jouer ul­té­rieu­re­ment. Et ce, au tem­po no­mi­nal, à la moi­tié ou au double de la vi­tesse ori­gi­nale. La sec­tion mas­ter, au mi­lieu en bas de l’in­ter­face, per­met de pas­ser le ré­sul­tat ain­si ob­te­nu par sept ef­fets gé­né­raux. Le ban­deau du bas cor­res­pond à cette sec­tion mas­ter qui pro­pose six ef­fets si­mul­ta­nés que l’on peut choi­sir par­mi vingt ef­fets de stu­dio : quatre filtres (Daft LP, Daft HP, For­mant et Vo­wel), EQ (pa­ra­mé­trique trois bandes), Com­pres­sor, Sa­tu­ra­tor, Tape Sat, Skrea­mer, Lo-FI, Ca­bi­net, Twang, Ro­ta­tor, Ste.Mod (élar­gis­seur de sté­réo), De­lay, Cho­rus, Flan­ger, Pha­ser, Re­verb, Simp. L/H. En plus de ces six ef­fets que l’on peut choi­sir, un sep­tième ef­fet, lui, est fixe : XY. Le Step Ani­ma­tor prend en charge les rythmes et ar­pèges. Sur un maxi­mum de 128 pas, il per­met de créer des sé­quences que l’on peut jouer au tem­po de l’hôte ou à la moi­tié ou au double du tem­po. Chaque ré­glage, comme pra­ti­que­ment toutes les étapes de pro­gram­ma­tion, peut être mé­mo­ri­sé sous forme de pre­set. Une fonc­tion Ran­dom peut être ac­ti­vée pour plu­sieurs pa­ra­mètres dans cha­cune des deux fe­nêtres prin­ci­pales : par­tout où s’af­fiche un R cer­clé ac­ti­vé (fond noir), on pour­ra ti­rer aléa­toi­re­ment une va­leur en cli­quant sur le bou­ton Ran­dom prin­ci­pal de forme rec­tan­gu­laire, si­tué en haut à droite de l’in­ter­face.

Ci­ne­mor­phX re­pré­sente bien plus que la somme des pro­duits dont il est is­su. Si l’on peut ai­sé­ment trou­ver son bon­heur par­mi les mil­liers d’ins­tru­ments pro­po­sés, ne pas hé­si­ter à jouer du Ran­dom, de l’au­to­ma­tion et du Step Ani­ma­tor pour créer un son unique. Brillant. Pierre Es­tève

Brow­ser. Main.

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