Ro­bert Schroe­der Dream Ac­cess

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Bel écho d’Al­le­magne, Ro­bert Schroe­der n'est pas né de la der­nière on­dée fré­quen­tielle. C'est une pluie d'ex­pé­riences so­nores et une ving­taine d'al­bums fon­dant musique et élec­tro­nique. On sent les sons se va­po­ri­ser en at­mo­sphères, s'in­car­ner en mains ten­dues pour un par­tage sen­so­riel, se so­li­di­fier en mé­lo­dies por­teuses gui­dant notre lé­vi­ta­tion… Bref, on est tel­le­ment au-de­là des sons qu'on les ou­blie­rait presque. Et pour­tant ils res­tent bien en mé­moire, outre celle des pistes que l'ar­tiste a gra­vées pour nous me­ner au rêve. Celles-ci ont pris vie grâce à l’usage in­ten­sif de Pro­pel­le­rhead Rea­son, Sam­pli­tude, entre autres softs, consoles Tas­cam M-3700 et Ma­ckie 16/4, Mi­ni­moog, PPG Wave 2, Ro­land XP-60, sam­pleur Ro­land S-550, deux sys­tèmes mo­du­laires faits mai­son, moult cla­viers MI­DI, syn­thés vir­tuels, ef­fets, en­re­gis­treurs, mi­cros… Une ca­verne d’Ali Ba­ba ! Et au­tant de sé­sames vers de vé­ri­tables en­ti­tés de plai­sir, celles-là, elles sont bien réelles, on ne les a pas rê­vées.

KR : Avec la longue ex­pé­rience que vous avez, que de­man­de­riez-vous aux cla­viers d'au­jourd'hui de pou­voir faire qu'ils ne vous au­to­risent pas en­core ?

Il y a une grande dif­fé­rence entre les ins­tru­ments de musique élec­tro­nique de la fin des 70’s / dé­but 80’s et d’au­jourd’hui. J’ai com­men­cé ma car­rière avec le dé­ve­lop­pe­ment des syn­thés et uni­tés d’ef­fets. À cette époque, fin 70’s, ce n’était pas un pro­blème d’avoir des idées de ce que nous, mu­si­ciens, ap­pré­cie­rions d’avoir. Il y avait des mil­liers d’idées de ce qui pour­rait être dé­ve­lop­pé et fa­bri­qué. Mais au­jourd’hui, il n’y a, se­lon moi, plus d’idées de ce que nous vou­drions avoir de plus. Les or­di­na­teurs et la masse de bons softs nous offrent plus de pos­si­bi­li­tés qu’on en n’a be­soin et qu’on ne peut en uti­li­ser. Donc, pour moi, il n’y a pas de rêve in­as­sou­vi. Il y a par ailleurs un autre point né­ga­tif dans les pos­si­bi­li­tés mo­dernes… vous per­dez votre propre créa­ti­vi­té et vous de­ve­nez da­van­tage un « ad­mi­nis­tra­teur de son » qu’un mu­si­cien. Les ma­chines ne de­vraient pas prendre le contrôle sur ce point. Se­lon vous, et vu d’Al­le­magne, per­ce­vez-vous la musique élec­tro­nique comme une fa­mille glo­bale sur toute la pla­nète, ou bien y a-t-il des spé­ci­fi­ci­tés en fonc­tion des pays ?

Le noyau dur des amou­reux de la musique élec­tro­nique est une grande fa­mille mon­diale. Nous sommes tous connec­tés et bien in­for­més. C’est es­sen­tiel pour la sur­vie de notre scène, car nous n’avons pas le sou­tien de la grosse in­dus­trie mu­si­cale. La « musique élec­tro­nique » est au­jourd’hui scin­dée en beau­coup de styles : am­bient, chill out, trance, goa… En par­lant de notre « fa­mille », je veux dé­si­gner toute la scène dé­ve­lop­pée au­tour du style ty­pique de la musique élec­tro­nique ayant ses ra­cines dans la fin des 70’s et le dé­but des 80’s. Et pour ré­pondre à votre ques­tion : la prin­ci­pale in­fluence et les ra­cines de la musique élec­tro­nique ori­gi­nelle sont ve­nues d’Al­le­magne, mais d’autres pays sont for­te­ment im­pli­qués, comme la France, le Ca­na­da et le Royau­meU­ni, dans le pas­sé et au­jourd’hui. Oli­via Clain

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