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ors­qu’on tra­vaille en stu­dio d’en­re­gis­tre­ment, ou en live sur des scènes, on s’ima­gine mal à quel point l’en­re­gis­tre­ment de ter­rain reste une dis­ci­pline à part. Bien en­ten­du, une bonne connais­sance du ma­té­riel comme les mi­cros, les pré­am­plis, les en­re­gis­treurs (fi­gures 1), les casques, les STAN reste in­dis­pen­sable, même si l’on n’a pas en­core conscience que des ou­tils qui pour­raient pas­ser pour des ac­ces­soires sont en réa­li­té es­sen­tiels. C’est le cas des perches et des pieds, des sacs et va­lises, des casques, des bon­nettes et Ry­cote, des bat­te­ries et char­geurs, des câbles, des adap­ta­teurs… Mais, plus im­por­tant en­core, il va fal­loir pen­ser dif­fé­rem­ment, s’adap­ter et édu­quer notre es­prit à por­ter sur le monde une oreille nou­velle.

Dé­fi­nir son pro­jet

La pre­mière chose à faire pour es­pé­rer réus­sir un bon en­re­gis­tre­ment de ter­rain est de dé­fi­nir clai­re­ment son pro­jet. Quelle est sa fi­na­li­té ? Une ins­tal­la­tion so­nore ? Si oui, sur com­bien de haut-par­leurs lors de la dif­fu­sion ? Dans quel en­vi­ron­ne­ment acous­tique l’oeuvre fi­nale se­ra-t-elle dif­fu­sée ? Peu­têtre une écoute au casque ? L’écoute se­ra-t-elle as­so­ciée à des vi­suels, ou l’au­di­teur écou­te­ra-t-il dans le noir ? As­sis ou de­bout ? En mou­ve­ment ou im­mo­bile ? Dans un en­vi­ron­ne­ment si­len­cieux ou dans une pol­lu­tion so­nore ? Com­bien de vi­si­teurs si­mul­ta­nés ? Tous ces pa­ra­mètres, on s’en aper­çoit ra­pi­de­ment si on y prête at­ten­tion, ont une in­ci­dence di­recte sur ce que l’on en­re­gis­tre­ra, sur la ma­nière dont on l’en­re­gis­tre­ra, ou sur le pour­quoi de l’en­re­gis­tre­ment. Ces mêmes ques­tions, comme d’autres plus ju­ri­diques

La prise de son

Tech­ni­que­ment, le choix du type de mi­cro est cru­cial. En ef­fet, il ne suf­fit pas de po­ser un mi­cro au mi­lieu d’une fo­rêt ou au bord de la mer pour ob­te­nir un en­re­gis­tre­ment in­té­res­sant, ni même un bon re­por­tage so­nore. En­core moins es­pé­rer que ce que nous en­ten­dons se­ra fi­dè­le­ment re­trans­crit dans l’en­re­gis­tre­ment. Notre per­cep­tion est une re­cons­truc­tion du monde so­nore am­biant par notre cer­veau, ce der­nier étant in­fluen­cé par notre cul­ture, nos ha­bi­tudes d’écoute, notre édu­ca­tion, etc. Un mi­cro n’est pas di­rec­te­ment apte à faire le point sur un dé­tail so­nore au mi­lieu d’un éco­sys­tème so­nore com­plet avec la même ex­tra­or­di­naire acui­té que notre oreille. Par exemple dans une rue em­bou­teillée, nous pou­vons dis­cri­mi­ner un son par­ti­cu­lier – un chien qui aboie

Com­bien de pistes ? Am­bi­so­nie.

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