Vo­co­der 7702 Bode/Moog, même com­bat

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Vo­co­deur dé­ve­lop­pé par Bode en 1977, et re­pris par Moog sous son propre la­bel, qua­si­ment à l’iden­tique, ce qui n’a ja­mais été vrai­ment un se­cret, le 7702 était consi­dé­ré alors comme le nec plus ul­tra en ma­tière de co­dage vo­cal.

Tut­ti­vox, chez Jör­gen­sen Eleck­tro­nic. La même an­née, il tra­vaille avec Constant Mar­tin sur un mo­dèle de Cla­vio­line, le Concert Cla­vio­line, alors qu’il tra­vaille chez Wur­lit­zer. En 1960, il réa­lise le pre­mier pia­no élec­trique Wur­lit­zer en­tiè­re­ment tran­sis­to­ri­sé. Dès 1960 se suc­cèdent des réa­li­sa­tions tou­jours aus­si en avance sur son temps avec un Bode Ring Mo­du­la­tor, un Phase Shif­ter, un Bar­ber­pole Pha­ser, un Feed­back Sta­bi­li­zer, mais sur­tout, en 1977, un vo­co­deur : le mo­dèle 7702.

Co­deur de voix

Au top de tous les mo­dèles de vo­co­deur pro­duits à la fin des an­nées 70, ce Bode/Moog est un vo­co­deur ana­lo­gique seize bandes avec un son de syn­thé­ti­seur sé­pa­ré (si­gnal por­teur) dans des bandes de fré­quences dis­tinctes al­lant de 50 à 5 080 Hz. Il ne dis­pose pas d’os­cil­la­teur en in­terne, ce qui fait qu’il est uti­li­sé comme pro­ces­seur de si­gnal ex­terne et de sources de mo­du­la­tions ex­ternes. Le mo­du­la­teur est en fait em­ployé pour trai­ter un si­gnal vo­cal ou de bat­te­rie. Il est do­té d’en­trées mi­cro et ligne ain­si que de seize en­trées syn­thé (une pour chaque bande) et de seize sor­ties. Le sys­tème de patch de type ma­trice 16 x 16 est im­po­sant mais très utile à l’époque des syn­thés mo­du­laires. Il per­met de pat­cher le vo­co­deur avec des syn­thés ex­ternes. On trouve éga­le­ment un by­pass hautes fré­quences, un temps de ré­ponse ex­trê­me­ment ra­pide de 6 ms (idéal pour les sons per­cus­sifs), un sample and hold, ain­si qu’un by­pass gé­né­ral, qui coupe l’ef­fet vo­co­deur. Il n’y a pas de mé­lan­geur, ni de CV/Gate, ni bien sûr le MI­DI. Rap­pe­lons qu’un vo­co­deur fonc­tionne en di­vi­sant un si­gnal en­trant en bandes de fré­quences et en le mé­lan­geant à un si­gnal por­teur qui en contrôle la dy­na­mique, la hau­teur et le timbre. Il per­met de rendre un ef­fet de choeur, par exemple, à par­tir d’une seule voix en­trante, mais aus­si d’autres types de sons. Tout si­gnal acous­tique peut être uti­li­sé comme si­gnal en­trant ou comme si­gnal por­teur. En 1976 ap­pa­raissent des vo­co­deurs sur la scène mu­si­cale, alors qu’avant ils ne se consa­craient qu’au trai­te­ment de la voix dans le do­maine mi­li­taire ou dans les com­mu­ni­ca­tions. La tech­no­lo­gie de­ve­nant abor­dable, Bode dé­cide de construire le sien en 1977, qu’il consi­dère évi­dem­ment comme un ins­tru­ment de musique. À par­tir de 1978, le Bode est com­mer­cia­li­sé éga­le­ment en tant que Moog Vo­co­der. C’est cette der­nière ver­sion qui se­ra uti­li­sée par Lipps Inc., Mi­chael Bo­di­cker (avec Mi­chael Jack­son et Lio­nel Ri­chie), ain­si que par Sa­ga, Yel­low Ma­gic Or­ches­tra, Wen­dy Car­los, De­vo et le met­teur en scène de ci­né­ma John Car­pen­ter. Par contre, il est à no­ter que le mer­veilleux Her­bie Han­cock ne va pas em­ployer un Bode/Moog mais un Senn­hei­ser. Klaus Blas­quiz

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