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omme nous l’avons consta­té dans les nu­mé­ros pré­cé­dents, une ses­sion de field re­cor­ding s’ins­crit sou­vent dans un pro­jet dé­jà pen­sé, qui a une in­ci­dence di­recte sur la lo­gis­tique et les mé­thodes d’en­re­gis­tre­ment. Et même si le plai­sir de la sor­tie est en soi une ex­pé­rience sou­vent mé­mo­rable de notre pré­sence au monde, gui­dée par l’ouïe, notre oreille se­ra at­ten­tive à tel ou tel son en fonc­tion du but pour­sui­vi. Dans une fo­rêt, le col­lec­tion­neur de chants d’oi­seaux ou l’or­ni­tho­logue en­re­gis­tre­ront d’autres élé­ments que le sound de­si­gner ou le com­po­si­teur en quête de struc­tures mu­si­cales. In­té­grés dans une créa­tion ra­dio­pho­nique ou pho­no­gra­phique, une ins­tal­la­tion ar­tis­tique, ob­jets d’étude ou de re­cherche, pro­duits à vendre, ces ma­té­riaux so­nores bruts com­men­ce­ront pour cer­tains d’entre eux une nou­velle vie après avoir été cueillis ou cap­tu­rés. En voi­ci quelques exemples…

Par­ta­ger

Parce qu’ils sont des pas­sion­nés, les field re­cor­dists sont prompts à par­ta­ger leurs en­re­gis­tre­ments sur le net. Les as­so­cia­tions d’au­dio-na­tu­ra­listes sont nom­breuses et im­plan­tées dans plu­sieurs pays. On y échange des in­for­ma­tions, des tech­niques et des sons. On y pro­pose par­fois des sor­ties, pa­ra­boles à la main dans la na­ture ou dans les es­paces ur­bains. Les ligues de pro­tec­tion des oi­seaux (fi­gure 1), des cé­ta­cés (fi­gure 2), les as­so­cia­tions de ri­ve­rains ou de lan­ceurs d’alerte sur la pol­lu­tion so­nore ont par­mi leurs membres des field re­cor­dists qui trouvent à leur pas­sion un dé­bou­ché utile, pé­da­go­gique, ci­toyen ou scien­ti­fique. On trouve par exemple des sites sur les­quels les usa­gers ren­seignent en mode par­ti­ci­pa­tif des « au­dio maps » ou cartes so­nores sur les­quelles ils vont uploa­der leurs en­re­gis­tre­ments géo­lo­ca­li­sés et ho­ro­da­tés. À cha­cun en­suite de s’ap­pro­prier ces cartes so­nores avec une ap­proche ar­tis­tique, po­li­tique, his­to­rique, cultu­relle, mi­li­tante, tech­no­lo­gique… Des di­zaines de villes sont ain­si « au­dio­car­to­gra­phiées », comme la ville de Mon­tréal qui pro­pose sur le site mon­treal­sound­map.com (fi­gure 3) d’écou­ter des cen­taines de sons en­re­gis­trés par les uti­li­sa­teurs. Cha­cun est ma­té­ria­li­sé par une icône sur Google et dis­pose d’une fiche in­di­vi­duelle dé­taillée. Il est en outre pos­sible de li­bre­ment té­lé­char­ger ces sons. Dans un but to­ta­le­ment dif­fé­rent, l’ob­ser­va­toire du bruit en Île-de-France, qui pro­pose un site avec des cartes per­met­tant d’iden­ti­fier fi­ne­ment la pol­lu­tion so­nore, est orien­té san­té, nui­sances, ac­tions contre le bruit (fi­gure 4).

So­no­thèques

Un dé­bou­ché fré­quent des en­re­gis­tre­ments de ter­rain, ce sont les so­no­thèques ou banques so­nores. À des­ti­na­tion des mon­teurs son, des réa­li­sa­teurs ou des so­cié­tés de pro­duc­tion (film, ra­dio, jeu vidéo…), elles pro­posent des sons ras­sem­blés par thé­ma­tiques, par­fois très poin­tues. Cer­taines sont gra­tuites, comme Xe­no-Can­to (fi­gure 5) pour les oi­seaux, mais la plu­part sont payantes. Des portes aux mo­teurs, en pas­sant par les fo­rêts, les villes, les ani­maux, les sons hu­mains, l’eau, l’élec­tri­ci­té, les sons du MoyenÂge, de Chine ou d’hé­li­co­ptères, tout se vend (fi­gure 6)… Les meilleures de ces so­no­thèques pro­posent des mo­teurs de re­cherche par mots clés, car la pre­mière dif­fi­cul­té dans la re­cherche d’un son, c’est le gi­gan­tisme : trou­ver le son qui va illus­trer une image de­vient aus­si dif­fi­cile que de trou­ver une ai­guille dans une botte de foin. Dans le son aus­si, le da­ta mi­ning (fouille ou fo­rage de don­nées en fran­çais) a de l’ave­nir (fi­gure 7). Par­mi les plus connues, ci­tons

Écou­tez les oi­seaux… …et les ba­leines, tant qu’il en reste. Chasse au bruit.

Car­to­gra­phie so­nore.

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