Ins­tru­men­tistes et créa­teurs por­traits croi­sés

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Un por­trait croi­sé entre trois ar­tistes : Ma­thieu et Alex de l’en­semble mu­si­cal Lilla­box et Sébastien Ber­trand. Lilla­box et Sébastien Ber­trand sont deux en­ti­tés ar­tis­tiques dif­fé­rentes, mais dont les ap­proches et les do­maines d’ex­plo­ra­tion mu­si­cale ne sont pas si étran­gers les uns des autres… Nous nous sommes donc amu­sés à leur po­ser les mêmes ques­tions !

KR:Vos for­ma­tions mu­si­cales res­pec­tives et vos iti­né­raires ? Ma­thieu de Lilla­box : J’ai com­men­cé l’ap­pren­tis­sage du vio­lon­celle à l’âge de 5 ans au con­ser­va­toire, et me suis ra­pi­de­ment tour­né vers la mu­sique an­cienne (viole de gambe et vio­lon­celle ba­roque). J’ai en­suite in­té­gré le con­ser­va­toire du 17e avec Phi­lippe Fou­lon, avant d’ef­fec­tuer un an de per­fec­tion­ne­ment au con­ser­va­toire de Stras­bourg. Par la suite, j’ai joué dans plu­sieurs en­sembles de mu­sique an­cienne à la viole de gambe et, en 2010, j’ai re­joint le groupe Cir­rus, pro­jet au cours du­quel j’ai ren­con­tré Alex. On a pris l’ha­bi­tude d’im­pro­vi­ser tous les deux, après les ré­pé­ti­tions, par­fois toute la nuit. Cer­tains « riffs » sont de­ve­nus re­don­dants, une vé­ri­table com­pli­ci­té s’ins­tal­lait.

Alex de Lilla­box : Ça a été le dé­clic pour se dire qu’on pou­vait com­po­ser à deux. Nous avons dans un pre­mier temps ache­té des syn­thé­ti­seurs pour faire de la « prod » élec­tro en plus de nos ins­tru­ments, avant de re­ve­nir com­plè­te­ment à l’acous­tique. À l’ori­gine, je suis gui­ta­riste au­to­di­dacte, ayant com­men­cé la mu­sique à l’âge de 16 ans, avec la gui­tare d’un ami, chaque soir en sor­tant du ly­cée. Après des études d’in­gé­nieur du son, j’ai dé­ci­dé de me consa­crer en­tiè­re­ment à la pra­tique de mon ins­tru­ment, en tra­vaillant es­sen­tiel­le­ment les ac­cor­dages open au­tour du blues et de la mu­sique ara­bo-an­da­louse.

Ma­thieu de Lilla­box : Après avoir fait la ren­contre de la chan­teuse et com­po­si­trice du Cirque du So­leil Ta­ra Bas­wa­ni lors d’un show pour la COP21, nous lui avons pro­po­sé de faire une par­tie du voyage avec nous… Sa voix nous em­mène dans des contrées non ac­ces­sibles au vio­lon­celle. Puis, s’est ajou­té pour notre plus grand plai­sir Yous­sef Hbeisch, per­cus­sion­niste du Trio Jou­bran, qui a su in­suf­fler une éner­gie nou­velle à nos mor­ceaux.

Sébastien Ber­trand : J’ai com­men­cé l’ac­cor­déon dia­to­nique à l’âge de 7 ans. Un ap­pren­tis­sage na­tu­rel comme un pro­lon­ge­ment du tra­vail d’eth­no­logue de mon père et comme une évi­dence fa­mi­liale : groupe folk­lo­rique, ani­ma­tion, cos­tume tra­di­tion­nel… im­mer­sion toute en­tière dans une cul­ture lo­cale. À l’ado­les­cence, le choc du col­lège et du ly­cée, des ren­contres avec mon oncle mu­si­cien lui aus­si, fes­ti­val avec dé­cou­verte du re­nou­veau du folk, confron­ta­tion à la mu­sique mo­derne, en­vie de boîte de nuit mais aus­si de bal folk. Un doux mé­lange qui tra­ce­ra mes re­cherches mu­si­cales, mes ques­tion­ne­ments, mes ren­contres avec le jazz, le rock, le hip hop. L’éten­due mu­si­cale de l’ac­cor­déon dia­to­nique est ré­duite et il est bi­so­nore, une note ti­rant sur le souf­flet, une autre le pous­sant. Sou­vent lié à la danse tra­di­tion­nelle, cet ins­tru­ment chante, ré­sonne et peut être éga­le­ment as­so­cié à une mu­sique poé­tique, de l’ins­tant. Le trai­te­ment tim­bral spé­ci­fique de vos ins­tru­ments ?

Ma­thieu : Alex ayant un jeu très per­cus­sif et dy­na­mique, le vio­lon­celle de­vait as­su­rer l’ex­pres­sion mé­lo­dique. On a donc dé­ci­dé de l’uti­li­ser comme une voix dans la plu­part de nos com­po­si­tions. J’ai donc na­vi­gué plus par­ti­cu­liè­re­ment dans les mé­diums, à l’image d’une voix hu­maine, et

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