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Quel est le point de dé­part de cet al­bum, quand vous êtes‐vous ren­con­trés Lu­ca et vous ?

Mar­tha High : Notre ren­contre date d’un de mes pas­sages par Rome. Je don­nais un concert avec un groupe ita­lien et Lu­ca est ve­nu me voir. Il m’a dit : « J’adore ta voix mais tu peux faire mieux, il y a plus en toi. Je veux te pro­duire. » J’ai vu qu’il était sé­rieux, qu’il vou­lait vrai­ment tra­vailler avec moi. Je suis ren­trée aux États-Unis et nous avons com­mu­ni­qué pen­dant trois ou quatre mois. Il a com­men­cé à m’en­voyer des chan­sons mais aus­si des pa­roles. Je me suis fait la ré­flexion : « On di­rait qu’il me connaît de­puis long­temps. Comment peut‐il écrire ces mots alors qu’il ne me connaît pas ? » J’ai écou­té les mu­siques, je me suis mise à fre­don­ner les mé­lo­dies, à ap­prendre les pa­roles. J’étais alors en tour­née avec Ma­ceo Par­ker, j’avais tout le temps les chan­sons avec moi, je les ai étu­diées sur la route ou dans l’avion. J’ai pu ré­flé­chir à la meilleure ma­nière de les pré­sen­ter, de les in­ter­pré­ter. Je lui ai dit quelles chan­sons j’ai­mais et les­quelles je vou­lais vrai­ment chan­ter.

Lu­ca Sa­pio : Je lui ai en­voyé les dé­mos en MP3, sur­tout pour voir dans quelle to­na­li­té Mar­tha al­lait les chan­ter. « Mar­tha, penses‐tu que tu es ca­pable de chan­ter celle‐ci en Fa dièse ou plu­tôt en Si ? » Elle me di­sait : « J’aime cette chan­son, celle‐là un peu moins. » Le pro­ces­sus a été amu­sant. Au fi­nal, on s’est mis d’ac­cord sur onze chan­sons ori­gi­nales. Mar­tha, pour vos pré­cé­dents al­bums, vous n’aviez pas eu le choix des chan­sons ?

Mar­tha High : Quand j’ai en­re­gis­tré en 1979 l’al­bum pro­duit par Mr Brown,

ça a été un mo­ment très décevant. Mr Brown m’a ap­pe­lée et m’a dit : « Miss High, je vou­drais que vous al­liez à At­lan­ta pour un en­re­gis­tre­ment. » Mais il ne m’a pas pré­ve­nue que les ses­sions aux­quelles j’al­lais par­ti­ci­per c’était pour mon al­bum ! J’ai pris l’avion pour At­lan­ta, je me suis ren­due au stu­dio et on m’a mon­tré les chan­sons que je de­vais chan­ter. J’ai de­man­dé quelles par­ties vo­cales étaient les miennes… on m’a ré­pon­du que c’étaient mes chan­sons ! « Mais je suis là pour faire les choeurs. » Quelle ex­pé­rience ef­frayante ! Je n’avais pas le temps d’ap­prendre les chan­sons, je ne connais­sais même pas les titres. Je n’ai pas trou­vé ça très juste. Je sais que cer­tains chan­teurs peuvent al­ler en stu­dio et in­ter­pré­ter di­rec­te­ment ce qu’on leur donne à chan­ter. Mais je ne suis pas ce genre de chan­teuse, j’ai été cho­riste pen­dant des dé­cen­nies. À cette pé­riode, même si Mr Brown m’avait mise sous les feux des pro­jec­teurs plein de fois en concert, je n’en­vi­sa­geais même pas de faire une car­rière so­lo. Si j’avais pu avoir trois se­maines ou un mois pour ré­pé­ter, me pré­pa­rer, j’au­rais pu m’ap­pro­prier les chan­sons, j’au­rais li­vré de meilleures per­for­mances. Pour­tant, beau­coup de gens sont ve­nus me voir en­suite pour me dire com­bien ils ai­maient cet al­bum. Mais, in­té­rieu­re­ment, je me di­sais que j’au­rais pu faire tel­le­ment mieux. C’est pour ça que je suis si fière de ce nou­vel al­bum. Lu­ca s’y connaît en ma­tière de soul mu­sic et a su ti­rer le meilleur de moi. Je suis très heu­reuse parce que j’ai l’im­pres­sion de m’être en­fin trou­vée. C’est mon al­bum et pas ce­lui de la cho­riste de James Brown. Après 35 ans pas­sés avec le God­fa­ther Of Soul, ça a été un long pro­ces­sus. Où s’est dé­rou­lé l’en­re­gis­tre­ment ?

Lu­ca Sa­pio : Dans mon propre stu­dio à Rome. J’ai pas mal d’élé­ments vin­tage. Mais ce qui fonc­tionne vrai­ment c’est le groupe mai­son dont je dis­pose. Nous tra­vaillons en­semble de­puis long­temps. Nous sommes des amis, nous for­mons une fa­mille et res­pi­rons la même mu­sique. C’est la chose

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